Sangatte

4 800 hab. (Sangattois) dont 100 à part, 1 428 ha, commune du Pas-de-Calais dans le canton de Calais-Nord-Ouest. Le nom équivaut à un passage dans le sable, comme l'anglaise Sandgate. La voie romaine dite Leulène, venant de Thérouanne, aboutissait à Sangatte. Le centre villageois est à 8 km à l'ouest de Calais, mais Sangatte occupe plus de 8 km de côte et son habitat comporte une agglomération secondaire proche de Calais, au nord-est, autour du fort Lapin (édifié en 1690 et ruiné) et de Blériot-Plage. Celle-ci succède au hameau des Baraques, d'où partit Blériot pour sa traversée victorieuse de la Manche le 25 juillet 1909; le nom des Baraques venait d'un centre d'accueil des pestiférés de Calais établi en 1624.

La moitié nord de la commune est en plaine, tandis que la partie sud-ouest monte sur les collines de l'Artois, atteignant 151 m au mont Hubert, qui domine Escalles et qui est prolongé sur la côte par le cap Blanc-Nez. La ville a un collège public et accueille des équipes des travaux publics Colas (40 sal.) et du transporteur de fonds Brinks (30 sal.). Sangatte a 300 résidences secondaires, 300 places de camping, mais n'est pas une véritable station balnéaire. La population de la commune a augmenté constamment depuis le début du 19e s. : 1 000 hab. en 1845, 2 000 en 1890, 3 000 en 1960. Elle s'est encore accrue de 650 hab. entre 1999 et 2010.

Sangatte s'est illustrée de 1999 à fin 2002 comme lieu d'hébergement provisoire des nombreux migrants sans papiers visant l'Angleterre; le baraquement d'accueil du «centre de rétention» a été rasé mais le problème demeure et les candidats à l'entrée en Angleterre sont nombreux autour de Calais. Le tunnel passe à peu près à la hauteur du centre-ville, mais sort sur le territoire de Peuplingues au sud-est. Il reste quelques traces de deux tentatives de percement du tunnel sous la Manche, qui eurent lieu en 1875 et en 1975. Le musée consacré à l'histoire du tunnel est dans la commune voisine d'Escalles.