Saône (département de la Haute-)

département septentrional de la région de Franche-Comté, étendu sur 5 360 km2. La préfecture et Vesoul, la sous-préfecture Lure. Il est divisé en 32 cantons et 545 communes, associées en 30 communautés de communes et en voie de former 4 pays: Vosges saônoises, Vesoul-Val de Saône, Graylois, Sept Rivières (au centre-sud autour de Rioz). Il est limitrophe des départements des Vosges, de la Haute-Marne, de la Côte-d'Or, du Jura, du Doubs et du Territoire de Belfort, mais ne va pas jusqu'à l'Alsace, dont il est séparé sur 2 km par la pointe septentrionale du Territoire. Son Conseil général a une majorité de gauche; il est présidé par Yves Krattinger, socialiste, élu de Rioz et sénateur, professeur de mécanique. Un autre sénateur est UMP; deux députés sont UMP, un socialiste.

Le département a connu un maximum de population en 1851 à 348 000 hab.; sa population a considérablement diminué ensuite, tombant à 210 000 entre 1936 et 1954; elle a connu une légère reprise jusqu'en 1982 (232 000 hab.) puis a diminué avant de se stabiliser (229 700 hab. en 1990 comme en 1999). Les estimations pour 2004 sont de 238 500 hab., ce qui impliquerait une assez nette reprise; la population totale monterait alors à 246 100 hab.

Le territoire départemental s'allonge du SO au NE; contrairement au département du Jura auquel il se compare à bien des égards, il est assez fortement centré autour de sa préfecture Vesoul, entourée d'une ellipse de petites villes. Toutefois Gray à l'ouest et surtout Lure à l'est sont relativement étoffées et autonomes. La première regarde vers Dijon et la plaine de la Saône, la seconde se rattache volontiers au bassin de Montbéliard-Belfort. Luxeuil-les-Bains est un peu à part, en raison de la place du tourisme et de la base aérienne. Sans grande ville, ni lourd foyer industriel, ni vignoble ni vraie montagne, le département n'est pas des plus connus et peut paraître un peu monotone. Il n'en est pas moins très diversifié dans ses paysages et ses orientations, et même passablement complexe.

Son territoire s'appuie au nord-est sur la retombée des Vosges cristallines; le relief y monte à 1 216 m au Ballon de Servance, mais la partie proprement montagnarde est très restreinte, dans les hautes vallées de l'Ognon et de son affluent le Rahin. Au nord, l'horizon est plus bas, mais les reliefs confus de la Vôge forment un seuil qui sépare assez nettement la Lorraine de la Franche-Comté: il fut longtemps comme une marche historique, d'ailleurs dotée de quelques libertés et franchises; son peuplement est faible, et encore en déclin; le canal de l'Est qui a eu du mal à s'y faufiler ne voit passer que quelques assez rares bateaux de plaisance et les routes ne sont que secondaires, la seule traversée fréquentée reliant plus à l'est Vesoul à Épinal par Luxeuil et Plombières; l'autoroute Nancy-Dijon passe beaucoup plus à l'ouest, par Langres.

Au pied de ces reliefs, la dépression périphérique des Vosges est elle-même fort complexe; elle alterne de petites plaines dans les marnes du lias, des blocs de rochers de grès, le curieux bas plateau des Mille Lacs où d'anciennes moraines ont retenu des étangs réaménagés au Moyen Âge et toujours entretenus, et même un petit bassin houiller à Ronchamp, aujourd'hui abandonné. Luxeuil y règne, mais quelques foyers industriels, surtout orientés vers le travail du bois, sont très autonomes au nord (Saint-Loup-sur-Semouse, Fougerolles), tandis qu'à l'est Lure et Ronchamp sont attirés par la Porte de Bourgogne. Dans toute la moitié occidentale et méridionale du département règnent des plateaux correspondant aux sédiments jurassiques de part et d'autre de la Saône et au nord de l'Ognon; mais ils sont morcelés par des failles et par l'encaissement des rivières, très boisés et assez peu animés. Les reliefs s'abaissent un peu autour de Gray, plus proche de Dijon que de Vesoul, mais qui n'est entourée que d'assez maigres villages et de petites bourgades où subsistent quelques restes d'industries rurales anciennes, en partie reconverties.

Ni l'Ognon, qui borde le département à sa limite méridionale mais dont le cours est très sinueux, ni la Saône ne sont ici des axes de circulation et de peuplement, dans une sorte d'angle mort entre les grands couloirs Dijon-Nancy et Dole-Belfort. La Haute-Saône passe ainsi pour un département très rural, pour ne pas dire agricole, alors qu'elle est, en proportion, l'un des départements les plus industriels et les plus ouvriers de France (30% d'ouvriers). Mais il est vrai que les villes y sont discrètes et que l'industrie est en grande partie dans des villages et des bourgades.

Son produit est le plus faible de la région, tant dans l'absolu (4 milliards d'euros annuels) que par habitant et par emploi. Néanmoins la Haute-Saône a ses titres de gloire, mettant en avant ses industries du bois et du lait, se félicitant de l'élection de l'agglomération de Vesoul comme base logistique de Peugeot, cherchant à promouvoir les activités logistiques et les nouvelles technologies de la communication, ce qui est méritoire pour un département que ne traverse aucun axe notable, si ce n'est la liaison ferroviaire et routière de Langres à Belfort, qui est encore fort loin du grand couloir Paris-Bâle imaginé.

La forêt couvre 227 000 ha (42% du territoire) et la surface agricole utilisée n'est que de 257 000 ha (48%), dont près de la moitié (47%) en herbe. Les 2 000 exploitations agricoles professionnelles se partagent assez également entre la spécialisation bovins-lait (40%) et les groupes grande culture et céréales-élevage (39%): le département est moins nettement laitier que le Jura et surtout que le Doubs, sa partie occidentale participant à la grande culture des plateaux bourguignons et champenois. Sur un résultat annuel de 330 M€ (135 en valeur ajoutée), les produits animaux entrent pour 160 (dont 2,5 Mhl de lait), les végétaux pour 112, surtout en céréales.