Saône-et-Loire (département de)

département de la région Bourgogne, occupant sa partie méridionale. Il déborde la Loire à l’ouest, et bien plus largement la Saône à l’est. Étendu sur 8 575 km2, divisé en 5 arrondissements, il a pour préfecture Mâcon, pour sous-préfectures Autun, Chalon-sur-Saône, Charolles et Louhans; il totalise 57 cantons, 573 communes, 44 communautés de communes ou d’agglomération, 4 pays outre les trois agglomérations principales, dont un débordant sur la Nièvre. Chalon et Mâcon sont à la tête de communautés d’agglomération, le groupe du Creusot a été très tôt érigé en communauté urbaine afin de faciliter sa reconversion.

La population du département était de 554 000 hab. (544 900 habitants en 1999),soit une densité de 65 hab./km2, la plus élevée de la région, mais une progression presque nulle. Le conseil général du Cantal a une majorité de gauche(38 élus contre 19), le président étant Rémi Chaintron, socialiste, élu du canton de Louhans et jusqu’alors maire de la ville, qui succède à André Montebourg, devenu ministre en 2012. Les trois sénateurs sont de droite, les cinq députés de gauche (cinq socialistes, une ex-socialiste).

Le département a pour voisins le Jura, l’Ain, le Rhône, la Loire, l’Allier et deux des trois départements de la région, donc trois régions. Situé à l’endroit de la région où le relief est le plus accidenté, et où la Loire se rapproche le plus de la Saône, il associe des entités très différentes où l’on peut reconnaître une quinzaine d’unités: la plaine de Bresse tout à l’est, avec ses bocages labourés et ses volailles autour de Louhans; l’agglomération chalonnaise prolongée par son vignoble entre Saône et Dheune; les reliefs du Couchois à l’ouest de la Dheune, tiraillés entre Chalon, Autun et Le Creusot, abandonnés par l’industrie mais où se maintient un vignoble d’arrière-pays; le bassin permien d’Autun, encore fertile et peuplé; une fraction du Morvan qui inclut son plus haut sommet et qui regarde vers Autun et le cours de l’Arroux; le plateau cristallin et bocager autour de Gueugnon, de Toulon et d’Uchon, qui fait le pont entre Morvan et Charolais; la grande trouée de la Bourbince et de la Dheune et son bassin industriel reconverti du Creusot, Montcenis, Montchanin et Montceau; les reliefs autour de Mont-Saint-Vincent, qui forment le nord du Charolais et s’interposent entre le sillon houiller et le bassin de la Grosne, à la fois en plein centre du département et en toute apparence sa partie la plus économiquement déprimée; le Clunysois, plus ouvert, moins haut, qui met en valeur ses vignes et ses souvenirs historiques; le Tournusien à cheval entre Bresse et premiers reliefs du Mâconnais; le Mâconnais peuplé de la ville et des vignes; en arrière, les monts du Mâconnais et le haut bassin de la Grosne, morcelés et assez vides; plus à l’ouest le Charolais proprement dit, quelque peu morcelé et dépeuplé aussi, mais prestigieux par ses réussites herbagères et son patrimoine; enfin le petit monde de la Loire et des basses collines qui l’encadrent au sud-ouest, dont une partie est en Sologne bourbonnaise, une autre en Brionnais et qui inclut au nord Bourbon-Lancy.

Pour simplifier et en s’appuyant sur les villes principales, les pouvoirs publics reconnaissent généralement six grands «paysages» ou «bassins»: le Chalonnais (142 000 hab.); trois qui sont sensiblement de même population (102 000 hab.), Mâcon-Cluny, Le Creusot-Montceau-les-Mines, le Charolais-Brionnais; la Bresse bourguignonne (60 000); l’Autunois-Morvan (46 000). Côté préfecture, on en est à une division en six «pays» ou assimilés: Bresse bourguignonne, Chalonnais, Autunois-Morvan, communauté urbaine du Creusot-Montceau-les-Mines, un très vaste Charolais-Brionnais prenant toute la partie occidentale, un Haut-Charolais-Clunisois qui manque d’ampleur et de cohérence, et il reste de la place pour un Mâconnais-Tournusien qui semble avoir beaucoup de mal à se constituer. Le Conseil général cherche pour sa part à «structurer le territoire» par la promotion de «cœurs de territoire» qui ne sont pas les pays officiels mais qui leur ressemblent fort, à ceci près que le Charolais et le Brionnais sont séparés et que le Clunisois et ses abords, faute de vitalité et d’unité, se trouvent honorés, à titre d’encouragement, du titre de «Cœur de Saône-et-Loire»…

Deux axes structurent cet espace. L’un est majeur, en expansion, de direction nord-sud: c’est le grand couloir bourguignon, qui associe en Saône-et-Loire deux faisceaux: celui des circulations entre Europe du Nord et Méditerranée, celui des voies Paris-Lyon-Marseille. Il est consolidé par le développement industriel et par le Vignoble qui le flanque, plus la navigation sur la Saône. L’autre est moins actif depuis la fin du charbon: ouvert par la tectonique entre Charolais et Morvan, le couloir drainé dos à dos par la Dheune et la Bourbince et emprunté par le canal du Centre a été quelque peu délaissé depuis les années 1960; il n’en reste pas moins assez fréquenté, au moins par la route. La Loire, à l’ouest, est loin d’avoir le même rôle et n’est longée que par des voies secondaires.

Les deux couloirs principaux séparent ainsi à l’ouest les deux ensembles de reliefs des abords du Morvan et du Charolais, à l’est la large plaine bressane, au bout de laquelle le département mord tout juste sur le bord du Jura en Revermont. Ils font du département un ensemble mieux intégré que ne le laisseraient penser sa mosaïque de contrées, ses trois agglomérations concurrentes et la double face rhodanienne et ligérienne symbolisée par son nom même. Il a aussi l’avantage de sa position: l’activité de la Saône-et-Loire tire profit à la fois de la proximité de Lyon, de l’axe européen nord-sud et de sa position sur la plus grande diagonale métropolitaine.

Pourtant, en partie faute de métropole comparable à Dijon, en partie parce que ses vins ne sont pas tout à fait aussi précieux, un peu aussi en raison des difficultés des campagnes bocagères, le département n’atteint pas les performances de la Côte-d’Or: le produit brut annuel se limite à un peu plus de 10 milliards d’euros, soit 18 800 € par habitant et 48 800 par emploi, respectivement 72% et 80% du niveau côte-d’orien. Des 211 000 personnes actives que compte le département, 6% sont dans l’agriculture et 23% dans l’industrie. La Saône-et-Loire est le troisième département français pour la surface agricole utilisée (525 000 ha), où les surfaces en herbe dominent très largement: 337 000 ha (64%) contre 173 000 aux labours, 13 000 à la vigne; c’est seulement en Bresse que les labours l’emportent.