Somme (département de la)

département de la région de Picardie, dont il occupe le tiers nord-ouest. La Somme s’étend sur 6 175 km2; elle s’étire de l’ONO à l’ESE et elle est voisine des départements du Pas-de-Calais et du Nord, de l’Aisne et de l’Oise, de la Seine-Maritime; elle donne à l’ouest sur le rivage de la Manche. Le gentilé un peu savant est Samarien. La Somme a pour préfecture Amiens et sous-préfectures Abbeville, Montdidier et Péronne; outre ses quatre arrondissements, elle est divisée en 46 cantons et 783 communes; celles-ci se regroupent en 28 communautés de communes plus une communauté d’agglomération (Amiens), et en trois grands pays officiels (Picardie Maritime, Grand Amiénois, Santerre-Haute-Somme), eux-mêmes redivisés en 11 «territoires». Le Conseil général a une majorité de gauche avec 24 élus dont 15 socialistes et 5 communistes, contre 13 Nouveau Centre et indépendants, 5 UMP, 4 divers droite); il est présidé par Christian Manable, socialiste, élu de Villers-Bocage. La Somme a six députés, dont deux UMP, deux Nouveau Centre, un socialiste et un ex-communiste; et trois sénateurs, dont deux UDF et un UMP.

La population du département était de 555 600 hab. en 1999; elle est évaluée à 568 100 en 2008 (580 900 en population totale). Elle a connu un maximum absolu à 571 400 hab. en 1861, et un creux assez profond de 1911 à 1962, puis est montée à 538 500 en 1975, 547 800 en 1990. Ces gains sont entièrement dus à un excédent de naissances, car le solde migratoire reste négatif.

Le département a des paysages plutôt homogènes, faits de grands et bas plateaux de craie couverte de limons, et très bien cultivée depuis longtemps, notamment en Santerre à l’est. Les nuances sont apportées localement par les vallées, au fond plat rembourré d’alluvions et colluvions des époques glaciaires, constellées d’étangs d’anciennes grévières et tourbières qui font le charme de la vallée de la Somme, de ses plans d’eau agréables à la plaisance et à la pêche aux anguilles, et de ses hortillonnages près d’Amiens. Un peu à part se situent la baie de Somme, flanquée des Bas-Champs et du Marquenterre, domaine des chasseurs et du loisir balnéaire.

Le département de la Somme est très fortement polarisé par Amiens, qui a le rang de métropole régionale et de ville de la principale «couronne» parisienne. La capitale picarde ne laisse guère émerger autour d’elle que quelques bourgs comme Corbie, Albert ou Doullens; un peu plus loin, à une distance qui se situe entre 40 et 50 km, apparaissent les tronçons de couronne des trois sous-préfectures: Abbeville à l’ouest, Péronne au nord-est, Montdidier au sud-est, de peuplement d’ailleurs assez inégal.

Amiens a un réseau de radiales encore un peu fragile et dissymétrique; il s’étoffe avec les progrès de l’A 29, achevée vers Saint-Quentin et en voie d’achèvement vers Rouen, il reste solide du côté de l’A 1 vers Beauvais et Amiens et a été renforcé par l’A 16 vers Boulogne et Calais par Abbeville; mais il reste faible en direction du Nord, où le projet de liaison dit LAALB (Liaison autoroutière Amiens-Lille-Belgique) peine à avancer. La Somme elle-même n’est qu’en apparence l’axe principal du département: elle est bien en son milieu, mais sa vallée n’est vraiment active et parcourue qu’entre Amiens et Abbeville.

En outre, le grand couloir Paris-Lille traverse la Somme hors de ses villes, passant entre Montdidier et Péronne et laissant Amiens dans l’attente d’une autre liaison souhaitée, la ligne ferroviaire à grande vitesse Paris-Calais, pour le moment captée par le trajet lillois. Du moins ce couloir nord-sud suscite-t-il de nouvelles activités du côté de Roye et de Chaulnes, où il croise les radiales orientales de la métropole picarde.

La Somme se classe parmi les départements les plus industriels de France, avec 45 000 salariés sur un total de 130 000 (35%), et 20% des 230 000 personnes actives; si le textile, qui avait mobilisé ses campagnes dans le passé, a presque disparu sauf dans quelques villages, l’agro-alimentaire est très actif en Santerre, et les villes, Amiens surtout, ont reçu de nombreuses usines du type «grande couronne de la métropole parisienne», travaillant pour l’automobile, l’équipement ménager, etc. L’agriculture reste prospère: la Somme a le premier rang en France pour la pomme de terre de féculerie, le deuxième pour la pomme de terre de conservation, le troisième pour le blé, les endives, les épinards, les pois protéagineux et les petits pois, les betteraves, le quatrième pour le lin. Son produit brut annuel est d’environ 12 milliards d’euros, ce qui le met dans la moyenne de Picardie pour le résultat par habitant et par emploi, au-dessous de la moyenne nationale mais proche de la moyenne provinciale. Toutefois, le taux de chômage et de RMI est supérieur à la moyenne, en partie parce que le département a nettement plus de jeunes gens que la moyenne nationale.