Surgères

6 500 hab. (Surgériens) dont 200 à part, 2 871 ha, chef-lieu de canton de la Charente-Maritime dans l’arrondissement de Rochefort, 35 km à l’est de La Rochelle. La ville est au bord de la petite Gères, d’où vient son nom. Elle est au centre d’une étoile de routes et a une gare sur la ligne de La Rochelle. Elle fut une place forte marchande, et a conservé une enceinte de 600 m et 20 tours refaite après la destruction du château sous Louis XIII.

La crise du phylloxéra avait produit une conversion vers la laiterie dès 1888, et Surgères reçut en 1902 sa laiterie, en 1907 une école laitière sous l'impulsion du Breton Pierre Dornic (1864-1933); elle est devenue l’ENILIA, École nationale des industries laitières et des industries agro-alimentaires. Surgères a également accueilli l’ITPLC, Institut technique des produits laitiers caprins, et un lycée agricole avec centre de formation d’apprentis. Mais la production elle-même a bien diminué. Reste la laiterie coopérative (100 sal.), spécialisée dans la fabrication de beurre, qui fut créée en 1895, et qui a constitué autour d’elle un groupe laitier, le GLAC; il est le principal opérateur de la filière en Poitou-Charentes et le 22e groupe coopératif agricole français avec un peu moins de 500 M€ de chiffre d’affaires (600 millions de litres par an dont 100 de chèvre).

Les principales autres industries sont l’usine de moteurs électriques Wärtsilä (90 sal.), héritière d’une usine de moteurs diesel innovante créée par Abel Poyaud au début du 20e s.; les meubles de cuisine Sofec (Kitcuisine, 85 sal.), la confection E. Marty (70 sal.); mécanique de précision Saro (Application et réalisation d’outillages, 50 sal.), matériel inox pour laiteries Sassaro (40 sal.); métallerie Daufin (25 sal.); plastiques (PRV, 25 sal.) et Surfilm (25 sal.); viandes (Sibcas, 45 sal.); travaux publics Surgérienne de Terrassements (25 sal.) et drainage agricole Transterrassement Centre (25 sal.), transports Couhet (20 sal.), autocars Keolis (25 sal.).

La ville a un collège public et un privé, un lycée professionnel public, ainsi qu’un centre commercial Leclerc (120 sal.) et Intermarché (40 sal.). Surgères a eu environ 3 500 hab. de 1850 à 1950, puis est montée à plus de 6 000 en 1975 et reste sur ce palier depuis; elle a augmenté de 90 hab. entre 1999 et 2008.

Surgères eut sa belle Hélène

Surgères reste célèbre dans la littérature grâce au fameux sonnet de Ronsard sur le thème «vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain…» dédié à Hélène de Fonsèque (1546-1618), née à Surgères, alors figure en vue de la cour royale, où elle faisait partie des filles d'honneur de Catherine de Médicis. Ronsard, alors quinquagénaire, fit d'ailleurs tout un recueil de Sonnets pour Hélène (1578). Le collège public de la ville se nomme en son honneur Hélène de Fonsèque, bien que cette «belle Hélène», belle au moins aux yeux du poète, n'eût guère que ses refus comme titre de gloire, et le talent de Ronsard pour en perpétuer le souvenir; et la radio locale, comme la galerie d'art, se nomment aussi Hélène.

Le canton a 15 000 hab. (13 600 en 1999), 12 communes, 23 166 ha dont 1 186 de bois; il est limitrophe des Deux-Sèvres, sa limite NE suivant à peu près le cours du Mignon; la communauté de communes du pays de Surgères lui correspond exactement et siège au chef-lieu. Saint-Pierre-d'Amilly (450 Pierritains, 1 981 ha dont 222 de bois), 9 km au NE de Surgères, toute proche de Mauzé-sur-le-Mignon, est une commune d'habitat dispersé; l'un de ses points forts est la station d'expérimentation et de recherche de l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) du site de Magneraud, consacrée aux animaux et qui y a notamment des unités d'héliciculture et d'apiculture; elle a 50 hab. de plus qu'en 1999.

Saint-Saturnin-du-Bois (880 Saturninois, 2 521 ha), 8 km au NE de Surgères, a une maison de retraite (Bois Long, 20 sal.) et 120 hab. de plus qu'en 1999. Saint-Georges-du-Bois (1 760 1 490 Georgipolitains, 2 790 ha dont 226 de bois), 4 km ENE de Surgères, a augmenté de 270 hab. depuis 1999; un atelier de traitement chimique du bois (Sapa, 55 sal.), travaux publics Eiffage (80 sal.). C’est au hameau de Chaillé au sud du bourg que fut créée en 1888 la première coopérative laitière de l’Aunis et même de France. Le château de Poléon (17e s.) est au nord du bourg. Vers l’est de la commune, le hameau du Curé est à la source du Curé, qui se dirige vers le Marais Poitevin. Ce «Bois» évoqué dans les noms de villages a disparu depuis longtemps, mais on en trouve des traces dans le village voisin de Banon dans le canton de Courçon.

Péré (350 Péréens, 844 ha), 5 km OSO de Surgères, a depuis 2008 un parc de 4 éoliennes Enercon (8 MW) de la société REE. Saint-Germain-de-Marencennes (1 230 Marencennais dont 70 à part, 1 647 ha), 4 km au SO de Surgères au bord de la Gères, accueille une fabrique de meubles de cuisine Sofec (85 sal.) et une meunerie (35 sal.), un musée d’activités traditionnelles et une maison familiale rurale. Vandré (770 Vandréens, 1 457 ha), 6 km au sud de Surgères, est la seule «station verte de vacances» de Charente-Maritime; elle a un village de vacances, un musée des traditions locales et 40 hab. de plus qu'en 1999; location de linge et blanchisserie Anett (85 sal.).

La commune de Breuil-la-Réorte (370 Réortais, 1 607 ha), 8 km au SE du chef-lieu, a gagné 50 hab. depuis 1999; elle est faite de plusieurs villages dispersés; elle conserve une église à fresques à la Crignolée et la petite église romane à Genouillé, issue d’une abbaye. Saint-Mard (1 030 hab., 2 121 ha), 4 km SE de Surgères, est à la source de la Gères; elle a aussi une église à fresques du 12e s., et un hameau dénommé l’Abbaye; sa population s'est accrue de 150 hab. depuis 1999. Marsais (890 Marsaisiens, 2 398 ha), à l’extrémité orientale du canton à 14 km de Surgères, a un petit musée de la vie régionale et des traditions locales, et 90 hab. de plus qu'en 1999.