Thiviers

3 400 hab. (Thibériens) dont 240 à part, 2 777 ha dont 714 de bois, chef-lieu de canton du nord de la Dordogne dans l’arrondissement de Nontron à 39 km NNE de Périgueux, sur la N 21 et la voie ferrée de Limoges à Périgueux. La ville est au sommet d’une butte en bordure du massif ancien, dominant une étroite dépression périphérique creusée dans les terrains du lias, jadis utilisés pour une industrie de la faïence. C’est une ville de contact typique au bord du massif ancien limousin, avec bifurcation ferroviaire et quelques ateliers, notamment dans l’agro-alimentaire et le bois.

Elle s’orne de maisons anciennes et d’un château du 16e s.; lycée professionnel et collège publics et section d’enseignement adapté, maison familiale rurale au château de la Filolie. Le sud-ouest du finage est sur le plateau sédimentaire (vers 260 m), la partie nord sur le massif ancien un peu en contrebas (vers 210 m) mais en remontant vers le nord-est jusqu'à plus de 300 m. Tout au nord le hameau de Pierrefiche est entre deux vallons encaissés où le moulin de Pierrefiche s'accompagne d'étangs. Le relief est accidenté au sud-est; au sud, un ancien embranchement ferroviaire est équipé en vélorail.

Thiviers est un gros marché de bestiaux, et l’une des «capitales» du foie gras (musée du foie gras, de l’oie et du canard), avec les sociétés Arcadie (80 sal.) et Sopa (Périgourdine d’abattage, 60 sal.); elle a en outre au nord-ouest les carrières de Planeaulx (Carrières de Thiviers, 120 sal.), desservies par un court embranchement ferroviaire; au-delà, l'ancien tracé est aménagé en «voie verte» vers l'ouest. et une fabrique de chaussons et pantoufles (Fargeot, 120 sal.), supermarchés Simply (30 sal.) et Carrefour (20 sal.); maçonnerie Vigier (50 sal.); autocars Cournil (25 sal.); négoce de bestiaux Périgord Bétail (30 sal.). De la grosse entreprise de transports Vialle, qui employait encore 1 200 personnes en 2002, dont 300 sur place, ne reste que la mention des transports Eurodis 24 (70 sal.). La population de la commune a peu varié, mais diminue depuis le maximum de 1974 (4 200 hab. sdc). La communauté de communes du pays Thibérien, qui associe 11 communes (7 700 hab.), a son siège à Thiviers.

Le canton a 7 500 hab. (10 communes) et 16 810 ha dont 9 545 de bois; sa partie septentrionale est dans le massif ancien, mais à l’extérieur du Parc régional. Le relief est accidenté par deux vallées NE-SO très encaissées: à l’est celle de l’Isle, à l’ouest celle de la Côle. Au nord-ouest, le massif ancien apparaît localement dans les fonds de vallées. Saint-Romain-et-Saint-Clément (340 hab., 1 380 ha dont 521 de bois) est à l'ouest de Thiviers. Saint-Romain est sur une butte à 5 km du chef-lieu, dominant le tracé de la «voie verte» qui emprunte la vallée de la Côle; Saint-Clément est un petit hameau au sud, dans la vallée de Bonis, qui descend vers la Côle. Leur fusion est de 1827; la commune avait alors 650 hab. et sa population a décliné à partir de 1890, passant par un minimum de 260 hab. en 1975. Le finage s'étire du nord au sud, allant loin au nord sur le versant droit de la Côle où sont les hameaux de la Rochette et Fougerolas.

Saint-Martin-de-Fressengeas (380 hab., 2 084 ha dont 749 de bois) est à 11 km ONO de Thiviers, où elle occupe le nord-ouest du canton au-delà de la vallée encaissée et sinueuse de la Queue d'Âne, affluent de droite de la Côle. Le village est sur une croupe au sud de son territoire. Le gros hameau des Merles est tout au nord du finage, entouré de plusieurs petits étangs; grotte préhistorique des Fraux (décor rupestre) au nord-est du village, hameau du Bourg Vieux au sud-ouest.; charpentes Moulu-Décor (25 sal.). La commune a eu 1 100 hab. en 1851 et en 1886, et le nombre des habitants a décliné constamment ensuite.

Deux villages pittoresques ornent la vallée de la Côle. Saint-Jean-de-Côle (350 Jeancolois, 1 270 ha dont 630 de bois), 7 km à l’ouest de Thiviers, est classé dans les «plus beaux villages de France», avec un vieux pont (12e s.), un prieuré renaissance avec cloître et le château renaissance de la Marthonie à hautes tours (14e au 16e s.). La «voie verte» traverse la vallée au nord du village. Une carrière de quartz est exploitée au sud sur le relief par le groupe Denain-Anzin (40 sal.). La population est descendue de 970 hab. en 1851 à 320 autour de 1975 puis est restée à ce niveau. Saint-Pierre-de-Côle (470 Pétrus-Coliens, 1 985 ha), en aval à 7 km SSO de Saint-Jean, a de belles ruines au château de Bruzac (12e et 15e-16e s.) et une vénérable église (11e-12e s., inscrite); la commune comptait 1 200 hab. en 1881.

Lempzours (150 hab., 1 087 ha dont 620 de bois), 3 km à l'est de Saint-Pierre, est une fort petite commune dont les habitations se dispersent dans un finage boisé; église classée du 12e s., château de Feydoux au sud-ouest. Vaunac (260 hab., 1 378 ha dont 798 de bois) est à 9 km SSO de Thiviers sur le plateau calcaire; son finage est traversé par la N 21 et la voie ferrée, et un peu plus à l'est par la route Napoléon presque rectiligne. Eyzerac (570 hab., 1 103 ha dont 369 de bois) est à 4 km au sud de Thiviers dans le vallon de Chadournac qui descend vers l'Isle et qu'emprunte le vélorail du Périgord Vert. Vers l'ouest, son finage s'étend au-delà de la N 21 et de la voie ferrée; la commune a gagné 50 hab. de 1999 à 2008.

Corgnac-sur-l'Isle (810 hab., 2 061 hab. dont 642 de bois) est juste au sud-est, dans un petit bassin au confluent de l'Isle et du Chadournac, 8 km SE de Thiviers; elle a également gagné 50 hab. dans le même temps; la mention «sur l'Isle» est de 1906; château de Laxion (15e s.) au nord-ouest; juste au nord du village, l'Isle encaisse un méandre en défilé à la traversée d'une barre de quartzites à la sortie du massif ancien. La commune a atteint 1 400 hab. deux fois au cours du 19es. Nantheuil (1 050 hab., 1 682 ha), qui jouxte Thiviers à l’est, abrite un château et l’observatoire du Haut-Périgord, ouvert au public. Le village est dans une dépression; la vallée de l'Isle, sinueuse et encaissée dans le massif ancien, fixe la limite orientale de la commune et du canton. Au nord trône le gros hameau de Fard. C'est la commune qui a réalisé les gains de population les plus nets en 2008 (130 hab. depuis 1999) alors que Thiviers en perdait.