Thuir

7 400 hab. (Thuirinois), 1 990 ha dont 593 de vignes, chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales dans l'arrondissement de Perpignan, 15 km au SO de la préfecture dans la plaine du Roussillon au pied des Aspres. Le nom, Tuïr en catalan, viendrait de tuguri, les cabanes. Il reste du bourg fortifié de nombreux éléments de remparts, des portes et des tours. Thuir est surtout connue pour abriter la maison Byrrh, créée à la fin du 19e siècle par la famille Violet, un marchand drapier, autour d'un vin au quinquina dont le nom contractait avec fantaisie le «bi de Thuir», le vin de Thuir; les grands chais de 1892, et la plus grande cuve de bois du monde attirent les touristes; l'entreprise appartient à la société Cusenier (groupe Pernod-Ricard) et emploie 120 personnes.

Plutôt opulente, dotée d'une cave coopérative, la ville a aussi équipé ou reçu un gros centre hospitalier spécialisé (au SO du bourg), une bibliothèque départementale, un musée de la nature et de la chasse, un musée des arts et traditions; collège public, supermarché Carrefour (35 sal.); menuiserie Cobo (20 sal.), travaux publics Colas (160 sal.), Farines (40 sal.), Fabre (30 sal.) et SNT (20 sal.), carrière de pierres ornementales Civale (45 sal.); négoce de fruits et légumes Ille-Roussillon (100 sal.); installations électriques SPIE (50 sal.), distribution d'électricité ERDF (30 sal.), traitement des eaux Saur (85 sal.); transports par cars Pagès (35 sal.).

Thuir abrite aussi l’UDSIST (Union départementale des syndicats intercommunaux scolaires et de transport), issue du premier syndicat intercommunal de Thuir créé en 1949, qui se charge des transports scolaires et d’activités associées, comme le transport départemental de voyageurs, la gare routière de Perpignan et la cuisine centrale d’Elne, diverses acitivités sportives, et qui relève du Conseil général; elle entretient plusieurs centres de vacances en montagne. La population communale était de 3 000 hab. à la fin du 19e s., 3 500 en 1954, et a fortement augmenté entre 1965 et 1980; la croissance continue, mais se ralentit et s'est limitée à une centaine d'habitants entre 1999 et 2009. Thuir est le siège de la communauté de communes des Aspres (19 communes, 18 100 hab.).

Le canton a 21 400 hab. (18 100 en 1999), 17 communes, 19 878 ha dont 3 013 de bois et garrigues. Ponteilla a dépassé 2 000 hab. Llupia (1 930 Llupianencs, 688 ha dont 205 de vignes), juste au SE de Thuir, se confond presque avec elle; la commune n’avait encore que 280 hab. en 1968 et a fait un bond depuis, mais sa croissance s’est un peu ralentie (+180 hab. entre 1999 et 2009).

Trouillas (Trullars, 1 720 Trouillasencs, 1 701 ha dont 1 216 de vignes), 5 km ESE de Thuir, est entièrement dans la plaine et avait déjà atteint le millier d’habitants en 1881, 1 300 en 1921; elle a augmenté de 290 hab. depuis 1999; le village a des maisons anciennes et une porte de ville; la grosse cave coopérative date de 1927; le hameau de Mas Deu, à l’est, est issu d’un vaste domaine des Templiers. Terrats, 3 km SSE de Thuir (660 hab.), est toute proche de Thuir mais n’a pas connu le même mouvement de croissance démograhique; elle a néanmoins 130 hab. de plus qu'en 1999; ses vignerons cultivent 729 ha de vignes alors que la commune a une superficie de 732 ha; cave coopérative.

Villemolaque (Vilamolaca, 1 160 Villemolaquais, 600 ha dont 216 de vignes), 9 km SE de Thuir au passage de la N 9 et de l’A 9, a gagné 130 hab. depuis 1999; elle est surtout viticole aussi, comme Saint-Jean-Lasseille (790 Lasseillais), 2 km plus loin, dont les vignerons cultivent 416 ha de vignes (cave coopérative) alors que la commune ne mesure que 289 ha, et dont le nom vient d’une communauté religieuse (cella); la commune a augmenté de 320 hab. entre 1999 et 2004 (+68%!). Brouilla (1 040 Brouillanencs, 783 ha dont 210 de vignes) est tout au bout du canton au bord du Tech (16 km SE de Thuir), mais ajoute aux vignes de belles surfaces de vergers et cultures maraîchères; son église conserve un intéressant mobilier, classé. Brouilla est en pleine croissance: elle a gagné 400 hab. entre 1999 et 2009, soit 46%!

Tresserre (780 Tresserrois, 1 121 ha dont 579 de vignes), 11 km SE de Thuir, comme Passa (710 Passanencs, 1 347 ha dont 639 de vignes), 9 km au SE de Thuir, et Fourques (Forques, 1 110 Fourcatins, 939 ha dont 459 de vignes), 7 km SSE, se partagent entre plaine et aspre. Tresserre a une station vitivinicole avec centre de recherche sur les AOC. Le finage de Passa abrite l’ancien prieuré de Monastir del Camp, du 11e s., qui conserve un très beau petit cloître de 1307 à arcades trilobées. Fourques a un ancien château du 12e s. (El Castell) et une porte de ville, plus une cave coopérative. Tresserre s'est accrue de 140 hab. entre 1999 et 2009 (+22%), Passa de 130 (+22%), Fourques de 340 (+44%).

Au-dessus de Fourques à 6 km vers le sud, Llauro (340 Llauronencs, 834 ha dont 419 de bois et 82 de vignes), perdue dans les bois, commande un petit col (380 m) sur la route de Thuir à Céret par les Aspres; elle a 130 hab. de plus qu'en 1999. À l’ouest du canton, Camélas (Cameles, 430 Camélais, 1 272 ha dont 500 de bois), à 10 km de Thuir, cultive encore 214 ha de vignes et sa partie de ribéral, côté nord, a des vergers; une église à riche mobilier, un musée historique privé agrémentent le village; la commune n'a gagné qu'une trentaine d'habitants entre 1999 et 2009.

Un peu plus haut en pleines Aspres accidentées, Castelnou (Castellnou, 370 Castelnouvois, 1 928 ha), 6 km OSO du chef-lieu, juchée sur un petit causse de calcaires dévoniens sous le roc de Majorque (Mallorca), à 440 m, n’est plus guère viticole; en revanche, son château féodal assez bien conservé, avec parc, ses portes et tout le village d’allure médiévale attirent les visiteurs et l’artisanat d’art; il s’y tient de nombreuses expositions; Castelnou est classé parmi les «plus beaux villages de France» et sa population augmente depuis le minimum de 1982 à 150 hab. (+35 hab. de 1999 à 2009). En arrière, Caixas (130 Caixanencs, 2 811 ha dont 1 637 de bois), qui tient tout l’ouest du canton à 12 km de Thuir, disperse ses veïnats (hameaux) dans les Aspres arides; on y est loin des 472 habitants de 1836, mais des résidences secondaires se dispersent dans la garrigue et les bois de chênes-liège et de chênes-verts. Le nom se prononce Caïchass.