Trèves

110 hab. (Trèvezais), 2 659 ha dont 879 de bois, chef-lieu de canton du département du Gard dans l'arrondissement du Vigan, 50 km au NO du Vigan sur le versant atlantique, au fond de la vallée du Trévezel mais à 560 m. La commune mord au NO sur le causse Noir, au sud sur le causse Bégon, et envoie au SE une pointe dans le massif ancien, au-delà des gorges de la Dourbie, jusqu'au pic de Saint-Guiral (1 366 m). Le village a un vieux pont que l'on dit romain, ancien octroi, église romane, grottes; il s'y tient un carnaval avec un personnage haut en couleurs vêtu de défroques ou pétas, et pour cela nommé le Pétassou, que l'on brûle pour marquer la fin de l'hiver. Trèves a eu plus de 500 hab. au 19e s. et n'a cessé de se dépeupler depuis, descendant encore à 103 hab. en 2004. Elle est le siège d'une communauté de communes de l'Aigoual de 9 communes et 2 800 hab., débordant largement sur le canton de Valleraugue.

Le canton, limitrophe de la Lozère et de l'Aveyron, a 940 hab., 6 communes, 20 316 ha dont 3 343 de bois et garrigues. D'accès difficile et isolé en bouts de départements, il n'en contient pas moins de superbes sites de gorges et un haut lieu du tourisme et du karst, l'abîme de Bramabiau (le bœuf qui brame): gouffres, cavernes et cascades sur 700 m de parcours souterrain de la rivière, qui ressurgit en cascade au pied d'un très étroit défilé.

Celui-ci est dans la commune de Saint-Sauveur-Camprieu (270 Candrivains, 3 174 ha dont 324 de bois), dont le centre est à 16 km au NE de Trèves, à 1 100 m et qui occupe une clairière dans la forêt domaniale de l'Aigoual; l'habitat est dans la vallée du Bonheur, affluent du Trévezel. Celle-ci est équipée d'un petit lac de barrage sous le hameau du Devois; un peu en aval les eaux se perdent à Camprieu… au lieu-dit la Perte du Bonheur; elles ressortent 700 m plus loin comme ruisseau de Bramabiau, beaucoup plus bas; le site est superbe. Le finage occupe tout le haut bassin du Trévezel et monte au sud jusqu’au Suquet (1 340 m), à l’est jusqu’aux cols routiers du Faubel (1 285 m) et de Serreyrède (1 299 m), prenant ainsi une part du Parc national des Cévennes.

Tout à l’ouest, le profond vallon où se terre le hameau de Villemagne fut un site minier où habitèrent jusqu’à 3 000 personnes, pour l’extraction de cuivre puis de plomb argentifère et de zinc; la mine avait encore 600 ouvriers en 1930, surtout des Polonais et des Tchèques logés dans des baraquements; elle a fermé en 1932. Le nom de la commune fut Saint-Sauveur-des-Pourcils jusqu’en 1987; mais Saint-Sauveur n'est plus qu'un tout petit hameau perdu en aval de Bramabiau, l'essentiel de l'habitat étant à Camprieu. La commune a eu jusqu’à 860 hab. en 1931 (contre 400 dans les années 1900) avant de se dépeupler rapidement; mais elle a repris 80 hab. de 1999 à 2009.

Dourbies (190 Dourbiens, 6 088 ha dont 298 de bois), 14 km au SE de Trèves à 910 m, est également une commune du massif ancien; elle a eu plus de 1 000 hab. au 19e s. Le village est au fond des gorges de la Dourbie. Le finage monte au nord jusqu’au Suquet, au sud jusqu’aux sommets du massif du Lingas (dont le pic Saint-Guiral et les 1 410 m des Trois Quilles) dans la forêt domaniale de Cauvalat, au sein de laquelle se trouve le haut lac des Pises (1 250 m). Il atteint à l’est la montagne de l’Espérou, et inclut la moitié du hameau de l’Espérou, aux sources mêmes de la Dourbie.

Au NO, le plateau du causse Noir est principalement occupé par la commune de Lanuéjols (340 Lanuéjolais, 6 243 ha dont 1 187 de bois, à 900 m), la plus peuplée du canton, dont le village est à 11 km de Trèves et qui avait atteint 1 200 hab. au 19e s.; travaux publics Germain (35 sal.) et taille de pierres associée (20 sal.). Son finage recèle plusieurs mégalithes; au NO, il atteint le point de contact entre les trois départements du Gard, de la Lozère et de l’Aveyron; au NE, passé le hameau et le col de Montjardin (1 005 m), il déborde sur les reliefs escarpés des gorges du Trévezel, incluant l’arboretum de la Foux.

Restent deux minuscules communes. Causse-Bégon (16 Caussenards, 767 ha dont 216 de bois), 6 km au SO de Trèves à 860 m, est au centre du petit causse de même nom et domine le canyon du Trévezel, en incluant son versant méridional; trois fermes associées tiennent 2 500 brebis pour le fromage de roquefort. Revens (29 Revenois, 1 385 ha dont 439 de bois), à 11 km au SO de Lanuéjols à 800 m, s’isole à l’extrémité du causse Noir, cernée par les gorges de la Dourbie et ses ravins affluents; c’est ainsi la commune la plus occidentale du département du Gard, très, très loin de Nîmes…