Vaucluse (département du)

département de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, au nord-ouest de la région. Il a pour préfecture Avignon et pour sous-préfectures Apt et Carpentras. Il occupe 3 567 km2, ce qui en fait le moins étendu de la région, et il est divisé en 24 cantons et 151 communes. Celles-ci sont regroupées en deux communautés d'agglomération, autour d'Avignon et de Carpentras, et 16 communautés de communes. Un seul pays officiel a été déclaré, et encore est-ce en partage avec la Drôme (L'Autre Provence). Mais six schémas s'orientation (scot) sont en cours: Avignon, Cavaillon, Sud Luberon, pays d'Apt, Comtat-Ventoux, pays Voconce. Le département est voisin des deux régions du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes par les départements du Gard, de l'Ardèche et de la Drôme, ainsi que des Alpes-de-Haute-Provence et des Bouches-du-Rhône, et touche en pointe au Var sur la Durance près de Cadarache. Il comprend la plus grande partie du parc régional du Luberon.

Le Conseil général a une majorité de gauche; il est présidé par Claude Haut (socialiste), ancien fonctionnaire territorial, élu du canton de Vaison-la-Romaine, également sénateur, et ancien maire de Vaison. Le Vaucluse a quatre députés, tous UMP, et trois sénateurs, dont deux UMP et un socialiste. La population du département a connu un premier maximum à 269 000 hab. en 1856, puis a diminué jusqu'en 1921 où elle était de 219 600 hab. Elle n'a pas cessé d'augmenter depuis, passant à 390 400 en 1975 et 499 700 hab. en 1999. Elle est estimée à 533 000 hab. en 2006. Cette progression est principalement due aux nouveaux arrivants: le solde naturel se limite à 0,3% par an, le solde migratoire atteint 0,9% par an.

Le territoire du Vaucluse a quelques étrangetés. D'abord, vieil héritage de la papauté du 14e siècle, il comporte un canton entier enclavé dans le département de la Drôme, celui de Valréas. Ensuite, sa préfecture est à l'un des angles, limitrophe de deux autres départements, au point qu'une partie de ses habitants, et notamment des plus riches, réside à Villeneuve-lès-Avignon de l'autre côté du Rhône, dans une autre région… Enfin le Rhône lui-même n'y est pas un facteur d'urbanisation directe: hors de la préfecture, il n'a fixé aucune ville, sinon la modeste Bollène, associée à des aménagements dont l'essentiel est dans le département voisin, en Tricastin. Enfin, l'axe de la Durance sert de limite sud au département, le bassin de Cavaillon déborde sur sa rive gauche tandis que Pertuis et ses environs sont très attirés par Aix et Cadarache. Et pourtant le Vaucluse a une certaine unité d'organisation: la riche plaine centrale comtadine, bien cultivée, aux productions de valeur et au paysage soigné, encadrée de reliefs appréciés, voire de montagnes prestigieuses: mont Ventoux au nord-est, monts de Vaucluse au centre-est, Luberon au sud-est.

Ce dispositif naturel et le réseau de villes font apparaître une série de petits pays. Au nord-ouest, l'enclave de Valréas et les environs de Bollène forment deux unités bien caractérisées. Plus à l'est se distingue le pays Voconce, autour de Vaison-la-Romaine, avec la vallée de l'Ouvèze, ses vignobles, les Dentelles de Montmirail et l'accès au Ventoux. La plaine centrale du Comtat Venaissin se divise elle-même en quatre quartiers: un pays d'Orange, un de Carpentras, un d'Avignon et un de Cavaillon.

Elle a pour annexe vers l'est le pays d'Apt, longue dépression entre Luberon et monts de Vaucluse, parcourue par la route qui relie Avignon à la Moyenne Durance et dont les versants portent ces beaux villages perchés, devenus célèbres depuis que quelques secteurs de la bourgeoisie parisienne en ont fait leur arrière-cour sous le nom de Luberon; un nom à vrai dire impropre car, d'un côté, Gordes et Sénanque ne sont pas en Luberon, de l'autre côté le versant sud du Luberon est un tout autre pays, soigneusement cultivé et moins «parisien», organisé autour de Pertuis, La Motte-d'Aigues et Lourmarin, et qui, regardant vers le sud, tourne le dos au «Luberon» parisien. Vers l'est enfin, les plateaux de Vaucluse et d'Albion aux environs de Sault sont plus réservés, moins peuplés et moins fréquentés; l'armée en avait profité pour y établir des bases de lancement de missiles, désormais dépassées, ce qui contribue au délaissement.

Dans l'ensemble, le Vaucluse, qui est le moins étendu des départements de la région, n'a pas un produit très élevé: un peu plus de 10 milliards d'euros (en 2000), c'est certes quatre fois plus que les deux départements les plus montagnards, mais nettement moins que le Var. Par emploi le rang est le même, par habitant il est un peu meilleur (3e avant le Var) parce que le Vaucluse a moins de retraités. Mais le Vaucluse a le niveau social le plus bas de la région: dernier pour le revenu moyen par habitant, premier pour la proportion de pauvres (16,4%) avant même les Bouches-du-Rhône. L'industrie n'a qu'une place modérée, avec 15% des emplois, les seuls grands établissements étant une fabrique de conserves à Apt et une de briques réfractaires en banlieue d'Avignon.

Le tourisme ajoute relativement peu: le Vaucluse n'a ni les fréquentations estivales des départements littoraux ni le bénéfice des stations hivernales. Il offre 70 000 lits touristiques dont 39% en camping (et 82 000 résidences secondaires), enregistre 4 millions de touristes et 21 millions de nuitées, 7 500 emplois touristiques, mais loin derrière les départements du littoral, et il offre moins de places de camping que les deux départements montagnards.

D'un autre côté, le Vaucluse a d'assez remarquables résultats dans le domaine agricole. Il est le département provençal où ce secteur conserve le plus de place, avec 4 300 exploitations professionnelles et 12 800 travailleurs, même si leur taille modérée n'en fait que le troisième par le produit brut (700 M€ par an, à 98% d'origine végétale). Il est le premier pour les vins avec 1,6 Mhl/an (55% de la région) et 58 000 ha, soit plus de la moitié du total régional, le premier aussi pour les cerises (87% de la région), le raisin de table (93% de la région), les melons (63%) où la réputation de Cavaillon n'est plus à faire, et même pour les pommes; il est 2e pour les plantes à parfum, aromatiques et médicinales après les Alpes-de-Haute-Provence, et fournit abondance de légumes, mais après les Bouches-du-Rhône. Les transports rapides de produits agricoles et l'excellente situation du Vaucluse sur le grand couloir de circulation rhodanien ont entraîné le développement de puissantes entreprises de commerce et de transport, par exemple avec le marché-gare d'Avignon et l'ensemble cavaillonnais de transports routiers, même si l'ouverture de l'autroute directe de Nîmes à Aix par Arles et Salon a pu en détourner quelques trafics, notamment entre Espagne et Italie.