Vigan (Le)

4 140 hab. (Viganais), 1 724 ha, sous-préfecture du département du Gard; la ville est dans les Cévennes au fond de la vallée de l’Arre, affluent de l’Hérault, qui descend du Lingas. Elle fut une capitale de l’industrie de la soie et du protestantisme. Il lui reste une fabrique de collants de la firme Well (220 sal.); créée par la famille Bugnon, la société, jadis Cogetex, est passée successivement entre les mains des Britanniques Hartston puis Courtaulds, à Sara Lee (États-Unis), puis à ses cadres et ensuite au groupe bancaire Natexis, avant d'être reprise en 2011 par Le Bourget, dont la fabrique de collants est dans l'Aisne et qui appartient à l'italien CSP; l'usine avait encore 580 sal. en 2005; elle produit 27 millions de paires/an.

La ville a un centre intéressant avec un musée des vallées cévenoles, un vieux pont, quelques belles maisons bourgeoises; hôpital local (27 lits), lycée polyvalent et collège publics; supermarché U (40 sal.), canalisations Serra (20 sal.); festival annuel de musique; deux hôtels, un camping de 200 places. Sa population avait atteint un maximum de 5 400 hab. en 1886; elle a décliné jusque vers 1950 (3 700 hab.) et augmenté ensuite, puis plafonné dans le cours des années 1980. Elle a perdu 400 hab. de 1999 à 2009. La communauté de communes du pays Viganais rassemble 22 communes des cantons d’Alzon, du Vigan et de Sumène, soit 10 200 hab., et siège au Vigan où a été installée une maison de la Formation et du Développement (http://www.cc-paysviganais.fr). L’arrondissement a 35 000 hab. (31 600 en 1999), 10 cantons, 75 communes, 139 846 ha.

Le canton du Vigan, limitrophe du département de l’Hérault, a 8 500 hab., 13 communes, 18 410 ha; il est au sud de l’Aigoual, qu’il n’atteint pas, et à l’est du Lingas. Il compte de nombreux restes de l’industrie de la soie, et quelques spécialités agricoles comme les pommes reinettes du Vigan, le pélardon et l’oignon doux des Cévennes (v. Sumène). La plupart des communes ont perdu beaucoup d’habitants par rapport au 19e siècle, mais reprennent quelque vitalité depuis les années 1970.

Deux communes septentrionales, Arphy (170 Arphyens, 2 092 ha dont 1 701 de bois, à 500 m) et Bréau-et-Salagosse (460 Breugossois, 2 469 ha dont 2 000 de bois, à 400 m), se partagent la partie la plus montagneuse et la plus élevée, au nord, où elles atteignent la montagne de l’Espérou, au-delà de 1 400 m, dans la forêt domaniale de l’Aigoual et le plateau de Montals, un hameau d’Arphy. Les cascades d’Orgon sont dans la commune d’Arphy; le col du Minier (1 264 m), qui donne accès à l’Aigoual et aux gorges de la Jonte, domine le hameau rénové de Salagosse, tandis que Bréau, village rond, est nettement plus bas et plus au sud, à 3 km du Vigan. Les deux, qui se partagent la profonde vallée du ruisseau de Souls, ont été réunies en 1818; baignade aménagée sur le Souls près de Bréau, temple octogonal de 1845; maison pour enfants déficients. L’arboretum et le refuge de Puechagut (1 167 m) dominent Salagosse et Arphy. Bréau-et-Saragosse a gagné 70 hab. entre 1999 et 2009.

Au centre du canton, les villages du fond de la vallée de l’Arre et de ses petits affluents se confondent avec l’agglomération du Vigan. Aulas (450 Aulasiens, 291 ha) à 2 km au NO, a perdu sa «montagne» (1 417 m) depuis qu’Arphy est une commune indépendante, mais conserve des pommeraies et fabrique du jus de pommes; centre psychiatrique (35 lits). Molières-Cavaillac (950 840 Moliérois, 771 ha dont 415 de bois) 3 km à l’ouest, est sous le roc des Pezouls qui signale le haut escarpement du causse de Blandas; une filature, fermée en 1950, est en voie de rénovation; maison des Magnans (élevage-démonstration de vers à soie), centre d’aide par le travail, maison de santé pour enfants inadaptés, maison de retraite Les Châtaigniers (50 sal.); scierie UFV (25 sal.). La commune a augmenté de 110 hab. entre 1999 et 2009, tandis qu'Aulas en gagnait 50.

Avèze (1 100 Avézois, 414 ha), 2 km au sud, a gagné 60 hab. dans le même temps. Le château de Montcalm (refait aux 18e-19e s.) abrite une maison de vacances tandis que le château Teissier, demeure bourgeoise du 19e s., héberge un centre d’aide par le travail; la commune participe aux activités tertiaires du Vigan: Intermarché (40 sal.), commerces de cadeaux Vincent (60 sal.), travaux publics Triaire (25 sal.); mais la dernière bonneterie a fermé en 2000. Un peu plus en amont, Bez-et-Esparon (390 Bezronais, 833 ha dont 600 de bois), 6 km à l’ouest du Vigan, a un atelier-relais avec quelques petites entreprises, et a 80 hab. de plus qu'en 1999; le hameau perché d’Esparon est un site protégé d’habitat en pierres sèches. Arre (290 Arrois, 726 ha dont 350 de bois), à 8 km du chef-lieu, conserve une petite teinturerie (Brun, 30 sal.).

Tout au sud, Montdardier (200 Montardiérins, 3 525 ha dont 1 500 de bois), à 9 km du Vigan, jadis Monte Desiderio, se perche sur le causse de Blandas à 600 m, au-dessus des serres et des gorges du versant qui donne sur le fleuve Hérault, où subsistent des galeries de mines; il s’orne d’un château du 19e s., refait selon des plans de Viollet-le-Duc sur d’anciennes ruines féodales. Un peu plus au sud le finage de Rogues (110 Rogasois, 3 022 ha dont 1 000 de bois), dont le petit village est sur le causse vers 580 m au pied d’un oppidum, va jusqu’aux gorges de la Vis, incluant une partie du hameau de Madières (dont l’hôtellerie) et débordant même sur la Séranne au-delà de la Vis; mégalithes.