Vignoble (le)

nom parfois donné à la partie de la bordure des plateaux jurassiens, ou Revermont, entre Lons-le-Saunier et la Loue, animée par Arbois et Poligny et qui contient l’essentiel du vignoble de cru franc-comtois. Tantôt il est défini par opposition au Revermont du sud de Lons-le-saunier, parfois il est considéré comme partie du Revermont puisque le pays qui se forme autour d’Arbois et de Poligny prend précisément le nom de pays du Revermont

La vigne en Jura s’étend sur le talus bordier des plateaux, dont les vallons diversifient les orientations, au pied du talus et même dans les collines de plaine aux abords de la Bresse au NO de Lons-le-Saunier. Elle va au nord jusqu’aux environs de Mouchard et de Salins-les-Bains. Elle est également cultivée au sud de Lons-le-Saunier sur le même talus de bordure des plateaux jurassiens, jusque vers Saint-Amour, dans le Revermont au sens restreint, mais avec moins d’intensité. Les principaux vignobles sont autour de Château-Chalon, de L’Étoile et de Poligny; Arbois, plus au nord, apparaît paradoxalement presque marginale en dépit de la publicité dont elle bénéficie.

Dans le département du Jura, la vigne occupe en tout 2 200 ha dont 1 900 en AOC, fournissant respectivement 71 000 et 64 000 hl pour un produit brut annuel de l’ordre de 40 millions d’euros. Le vignoble est composé à 46% de cépage chardonnay et 21% de savagnin (blancs), 15 de poulsard, 11 de pinot et 7 de trousseau (noirs). Deux spécialités ont quelque réputation et un prix élevé: le vin jaune de Château-Chalon, élaboré à partir de vendanges très strictes et sous un voile de levures; le vin de paille, hors appellation et liquoreux, élaboré à partir de raisins passerillés (séchés) sur lit de paille.

Les appellations d’origine contrôlée sont arbois (850 ha), dans 13 communes, AOC de 1936 et 1970, incluant les appellations arbois pupillin et arbois mousseux; château-chalon (50 ha), dans 4 communes, AOC depuis 1936, uniquement en vins jaunes; l’étoile (70 ha), dans 4 communes, AOC de 1937 incluant l’étoile mousseux; et, plus générale, côtes-du-jura (900 ha), AOC de 1937 portant sur 85 communes, en vins rouges et blancs, et une appellation côtes-du-jura mousseux. S’y ajoutent les appellations macvin (1991) pour un mélange de moût et de marc, et crémant du jura (depuis 1995) pour un mousseux.

Jadis, le château d’Arlay et l’abbaye de Château-Chalon furent de grands animateurs et promoteurs de la vigne. On sait que les vins du Jura furent l’objet de travaux de Louis Pasteur sur la fermentation et les bactéries; on visite à Arbois sa maison et sa vigne. Les vignerons font un large recours à la coopération, inspirée à l’origine par les fruitières comtoises; la première coopérative est née à Arbois en 1906. Il existe bien entendu une Commanderie des Nobles Vins du Jura et du Comté (Lons-le-Saunier), plus une Paierie des Grands Vins d’Arbois (Arbois), une Confrérie du Royal Vin Jaune (Arbois), voire une «Confrérie de la poularde au vin jaune et aux morilles» (!) aux Planches-près-Arbois, et de nombreuses fêtes vigneronnes.