Villefort

640 hab. (Villefortais), 735 ha dont 275 de bois, chef-lieu de canton de la Lozère dans l'arrondissement de Mende, 56 km ESE de la préfecture, à 600 m d'altitude dans une vallée très encaissée tributaire de l'Altier, affluent du Chassezac. Le village, riche de belles maisons anciennes, est sur le chemin de l'ancienne Régordane, dans les Cévennes, et desservi par une gare. Il bénéficie du barrage de Villefort (1965) dont le lac a un plan d'eau de 147 ha et stocke 35 Mm3; collège public, village de vacances, nautisme. La commune a eu près de 1 500 hab. en 1881 et s'est dépeuplée depuis, mise à part une forte hausse momentanée en 1962 au moment de la construction du barrage. Villefort est le siège de la communauté de communes de Villefort, qui réunit 7 communes (1 800 hab.).

Le canton, limitrophe du Gard et de l'Ardèche, a 1 800 hab. (1 600 en 1999), 7 communes, 21 827 ha dont 8 392 de bois; il est traversé à l'extrême nord par l'Allier, au centre par le Chassezac et son affluent l'Altier, qui confluent à Pied-de-Borne (220 Piédibornois, 2 789 ha dont 573 de bois), 9 km au NE de Villefort, où parvient aussi la profonde vallée de la Borne dont la gorge fixe la limite orientale du canton - et de la région. Cette commune, fondée en 1964 par la réunion des trois communes des Balmelles au sud, de Planchamp au centre, de Saint-Jean-Chazorne au nord, s'allonge sur 13 km du nord au sud. Elle englobe au sud la forêt domaniale de Bayard; au centre, face au village ardéchois de Sainte-Marguerite-Lafigère, se tient la petite base artisanale de Planchamp; une centrale hydroélectrique est alimentée par le lac de Villefort (234 GWh/an), une autre plus petite est au-dessus du hameau de Bayssac (44 GWh). La commune contient en outre le petit réservoir du barrage dit de Sainte-Marguerite (1966, 0,6 Mm3). Au nord, le finage inclut la chapelle des Baumes et va jusqu'au barrage de Roujanel sur la Borne (1965, 11 Mm3).

Pourcharesses (140 Poucharessois, 3 179 ha dont 1 998 de bois), petit village au-dessus du lac de Villefort à 5 km NNO de Villefort, est à la tête d'un finage qui va jusqu'à l'échine du mont Lozère, près du pic Cassini (1 680 m) et inclut le château renaissance de Castanet, dont les bases datent du 11e siècle; le château avait été sauvé de justesse de la noyade sous les eaux du barrage de Villefort, mais il a brûlé en 2000 (musée de la photo, rencontres et animations).

À l'ouest, Altier (220 Altiérois, 5 445 ha dont 2 145 de bois) est à 12 km ONO de Villefort, à 725 m, au bord de la rivière de même nom qui descend du mont Lozère. Le finage va aussi jusqu'à la crête du massif, à la source du Tarn, et monte au nord sur les pentes du massif du Goulet; restes de château fort, beau château du Champ (13e-15e, 17e et très restauré au 19e s.) près du village.

Prévenchères (280 Prévenchérois, 3 275 ha dont 2 170 de bois), 15 km au nord de Villefort, issu d'un prieuré, est à 860 m le centre d'une grande commune d'habitat dispersé, traversée par la profonde vallée du Chassezac; belle église romane du 12e s. Le finage va jusqu'aux rives de la Borne au NE, de l'Altier 14 km au sud, touche au barrage de Puylaurent et contient le lac de barrage du Rachas sur le Chassezac (1965, 1,6 Mm3); vers le sud apparaissent le château du Roure (11e et 15e s.) et surtout le site du belvédère du Chassezac à la Garde-Guérin, dominant les gorges du Chassezac. La Garde-Guérin, hameau de Prévenchères, est un très beau petit village médiéval bien restauré entre 1965 et 1990 au titre de «village pilote» - presque trop et en tous cas extrêmement visité - avec un haut donjon carré de 27 m et des vues superbes; il fait partie des «plus beaux villages de France». La commune est la seule du canton à avoir gagné sensiblement des habitants depuis 1999 (+60).

La Garde-Guerin

Le village de La Garde-Guerin hérite d'une ancienne petite communauté de «pariers», guides obligés sur la voie Régordane, qui accompagnaient les voyageurs contre péage, passaient pour nobles et habitaient des maisons fortifiées ou une partie du vieux château. Ils formaient comme une garnison et une police, ou si l'on préfère une compagnie légale de brigands de la route, censés protéger voyageurs et denrées en échange d'un prélèvement obligatoire, exactement comme tous ceux qui se sont proclamés nobles percevaient des taxes diverses au prétexte qu'ils assuraient la sécurité de leurs sujets. Ils n'y allaient pas de main morte: droit de péage, justifié par l'entretien de la route; droit de guidage, pour la sécurité des personnes et des biens; droit de cartalage, sur les denrées se mesurant à la carte; droit de pulvérage, sur les troupeaux transhumants à cause de la poussière soulevée par leur passage ! La Garde-Guérin obtint le privilège d'une foire d'automne. Il existait enfin un hôpital pour les voyageurs, dont il ne reste rien. Tous ces avantages furent abolis par la Révolution (d'après http://www.lagardeguerin.fr/index_2/histoire/principale.htm).

Tout au nord du canton, La Bastide-Puylaurent (180 Bastidois, 2 419 ha dont 1 038 de bois) est au bord de l'Allier, séparé du reste du canton par le col de Grabio (1 057 m) qui marque le partage des eaux. Néanmoins, la commune descend au SO jusqu'au bord du Chassezac sous le hameau de Puylaurent, reste de l'ancien village; le barrage de Puylaurent est le dernier du bassin (1996), le deuxième après Villefort par sa capacité (12 Mm3). La Bastide est une création du 19e siècle, en fond de vallée, liée à l'arrivée du chemin de fer, mais sur un ancien site d'auberge et de poste. Un embranchement ferroviaire en part vers Mende et rejoint, au-delà, la ligne Béziers-Neussargues.