Villefranche-de-Conflent

240 hab. (Villefranchois), 446 ha dont 216 de bois, commune des Pyrénées-Orientales dans le canton de Prades, 6 km au SO de celle-ci dans la vallée de la Têt. Le village se tient en grande partie dans la forteresse de marbre rose construite à partir de 1092. Elle a bénéficié dès le début de privilèges fiscaux de «ville franche». Remaniée au 13e, devenue ville de garnison après le traité des Pyrénées de 1659 et réaménagée par Vauban, la citadelle est restée quasi intacte. Le fort Libéria a été construit plus haut en 1861; musée archéologique et spéléologique. Villefranche est la base de départ du Train jaune vers la Cerdagne et la gare assure le relais de la voie normale vers Perpignan et de la voie métrique vers Latour-de-Carol. La grotte des Grandes Canalettes est un haut lieu de visite, mais elle est dans la commune de Corneilla-de-Conflent. Villefranche figure parmi les «plus beaux villages de France». Son nom était Villefranche tout court jusqu'en 1893 et sa population a atteint 700 hab. au 19e siècle, puis a diminué jusqu'en 1999; le mouvement semble arrêté.

Le «Train jaune»

Àvoie métrique et traction électrique, c'est la ligne la plus audacieuse et la plus pittoresque fonctionnant encore en France pour les voyageurs et pour le fret. Elle a été ouverte en 1910 jusqu'à Bourg-Madame, puis prolongée en 1927 jusqu'à Latour-de-France, soit au total sur 62 km. Le tracé et la construction ont posé de nombreux problèmes dans les gorges de la Têt, comme en témoignent le viaduc Séjourné, de 176 m, achevé en 1908, et le pont Gisclard. Celui-ci fut le premier pont suspendu destiné à la voie ferrée, de 240 m de long au-dessus d'une gorge de 80 m, et le lieu d'un accident grave durant les essais, qui coûta la vie à son concepteur même, Albert Gisclard, le 31 octobre 1909. La Compagnie du Midi, propriétaire de la ligne, avait conçu tout un système de barrages à partir des Bouillouses pour assurer son indépendance en approvisionnement électrique, et fait construire dans le même programme le Grand Hôtel qui lança la station de Font-Romeu. La SNCF, héritière de la Compagnie du Midi, assure aujourd'hui la partie ferroviaire, mais a progressivement cédé les annexes. Les rames sont faites de deux voitures séparées par le bloc moteur de 300 CV; leur longueur est de 31 m et elles offrent 86 places assises. Le train est à simple adhérence en dépit de fortes pentes, l'électricité est fournie par un troisième rail, la vitesse est limitée à 60 km/h. De nouvelles automotrices de Stadler (Suisse) ont modernisé le matériel, qui transporte 400 000 touristes par an, mais en partie pour de courts trajets en Cerdagne.