Vitré

17 300 hab. (Vitréens) dont 560 à part, 3 662 ha, chef-lieu de canton d'Ille-et-Vilaine dans l'arrondissement de Rennes, 35 km à l'est de la préfecture, sur la rive gauche de la Vilaine. Comme Fougères, c'était une ville de marche aux limites de la Bretagne, associée à une puissante forteresse, apparue au 9e s. et refaite au 13e s., qui abrite l'hôtel de ville et un musée historique; la vieille ville s'est développée à l'est et conserve une allure de ville close médiévale ceinte de remparts. Elle fut enrichie par les marchands de toile, qui en avaient fait un fief calviniste; il en reste de belles maisons des 15e, 16e et 17e s., en encorbellements et pans de bois. Classée «ville d'art et d'histoire», elle abrite entre autres un musée Saint-Nicolas (peinture et art sacré); jardins du Parc et du Pré des Lavandières.

Vitré avait lentement décliné jusqu'aux années 1970, quand ces marges bretonnes furent ranimées, en partie grâce à leurs disponibilités en main-d'œuvre, en partie par la transformation de la production agricole, enfin par l'expansion de la métropole rennaise. Vitré est d'abord le fief de la puissante SVA (Vitréenne d'abattage), maintenant SVA-Jean Rozé à la famille Rozé, qui en est principal employeur (1 275 sal.) et qui a d'autres usines aux environs. Deux laiteries, la Laitière de Vendée au groupe Lactalis (400 sal.) et les Délices du Val Plessis (crèmes glacées, 140 sal.), celle-ci au groupe Intermarché, complètent ce secteur. S'appuyant sur la SVA, sa filiale Gatine-Viandes et sa propre laiterie, le groupe de grande distribution Intermarché a fait de Vitré l'une de ses principales bases d'approvisionnement alimentaire. Le groupe Saria (Kervalis) a une usine de protéines et graisses de volailles pour l'alimentation animale (35 sal.).

Dans un tout autre domaine mais devenu le deuxième employeur, Cooper Automotive a installé une usine de 620 emplois pour la fabrication de pièces de caoutchouc pour l’étanchéité des automobiles. Deux autres gros employeurs sont Oberthur Card Systems (cartes électroniques, 400 sal.) et les Cosmétiques BCM (410 sal., au britannique Boots). Vitré a encore une fabrique de silos métalliques agricoles FAO Fumé (125 sal.), une fabrique d'équipements de levage Ermhes (50 sal.), un atelier de mécanique Mappeo (35 sal.).

Les industries de biens de consommation sont exceptionnellement bien représentées, ce qui est à la fois un signe de qualité soutenue et de fragilité: la maroquinerie Texier emploie 280 personnes; Allflex fabrique des bijoux en plastique (240 sal.); les chaussures Noël totalisent 210 salariés en cinq unités, et ont repris la firme Bidegain de Pau; les chaussures Argueyrolles ont 35 sal. L'industrie du meuble est illsutrée par MMO (Rupin, 220 sal.), Bazin (40 sal.), les meubles de bureau Boursin-Pavitub (45 sal.); mais les tricotages Coudémaille (180 sal. en 2005) n'ont plus qu'un magasin d'usine (30 sal.).

Vitré a un assortoment de grands garages, un centre Leclerc (160 sal.) et un Hyper-U (130 sal.), un Intermarché (65 sal.), des magasins Bricomarché (45 sal.), Sovidis (bricolage, 30 sal.), Mail Invest (vêtements, 35 sal.); négoces d'habillement Soccer (Umbro, 45 sal.), d'équipements d'automobiles Ferron (50 sal.). Dans les services, travail temporaire Samsic (100 sal.), Crédit Mutuel (35 sal.), portage Abis (130 sal.). Dans le bâtiment et les services annexes, constructions Fourreau (groupe Legendre, 45 sal.), couverture Tourneux (40 sal.), maçonnerie Bertletto (30 sal.), charpentes Bilheude (35 sal.), taille de pierres Goupil (30 sal.), travaux publics de Bretagne (TPB, 45 sal.), espaces verts Serrand (35 sal.); nettoyage VNS (100 sal.), nettoyage urbain Sita (70 sal.), traitement des eaux Veolia (55 sal.).

Vitré s'affirme ainsi comme la capitale de l'agro-alimentaire en Ille-et-Vilaine, collectant et transformant lait, viandes et céréales. Le passage de la voie ferrée Paris-Brest et de l'axe principal de Paris à Rennes y contribue. En revanche, la ville a perdu jadis sa sous-préfecture et ses casernes et le rayonnement de ses services est un peu limité. Elle a des collèges et lycées publics et privés, un institut agricole privé (IPSSA) avec lycée et centre d'apprentissage, lié à ceux d'Étrelles et de La Guerche; un centre hospitalier public de 138 lits. Un hippodrome est installé au SE de la ville et, plus loin, le château des Rochers, dont l'allure sévère date du 15e s. mais qui a été plusieurs fois remanié, offre parc, jardins et golf, et les souvenirs des séjours de la comtesse de Sévigné.

En dépit de toute cette activité, et à cause de sa faiblesse en services et bureaux, Vitré a progressé modérément, et tardivement: 10 000 hab. au 19e s., et à nouveau en 1962 après un creux à 8 500 dans les années 1930, 13 000 en 1982, 14 500 en 1990 (sdc). Elle s'est accrue de 1 400 hab. entre 1999 et 2008. Exemple remarqué de longévité, le maire est depuis 1977 Pierre Méhaignerie, député depuis 1973, plusieurs fois ministre et qui fut aussi président du Conseil général d'Ille-et-Vilaine de 1982 à 2001. L’aire urbaine de Vitré est donnée pour 27 400 hab., l'unité urbaine pour 16 700. Vitré et ses voisines ont pu monter une communauté d'agglomération Vitré Communauté, qui groupe 62 400 habitants en 36 communes (70 100 ha), incluant le canton d'Argentré-du-Plessis. Le pays de Vitré-Porte de Bretagne s'étend sur 128 200 ha et compte 94 600 hab. dans 64 communes du quart sud-est de l'Ille-et-Vilaine, reconstituant en quelque sorte l'ancien arrondissement de Vitré.

Les deux cantons de Vitré, limitrophes du département de la Mayenne, groupent 32 600 hab., 22 communes, 34 522 ha dont 1 770 de bois. Ils comptent plusieurs grands étangs propices aux loisirs. Balazé est à 6 km au NNE de Vitré. Juste à l'ouest de Vitré, Montreuil-sous-Pérouse (1 120 Montreuillais, 1 549 ha) possède la partie amont du grand étang de barrage de la Cantache (185 ha), que traversent deux routes et au bord duquel est le village de Gérard; elle propose un musée de la vie rurale au manoir de la Faucillonnaie (17e s.) au-dessus du bourg; elle accueille une grosse usine d’aliments du bétail de la Cooperl de Lamballe (150 sal., 450 000 t/an); elle a gagné 170 hab. de 1999 à 2008. Plus au nord, à 18 km de Vitré, la petite commune de Montreuil-des-Landes (220 Montreuillais, 942 ha) a un fabricant d’éléments en béton (Froc, 60 sal.).

À 12 km au nord de Vitré, Châtillon-en-Vendelais (1 740 Châtillonais, 3 203 ha) est un gros bourg-centre, qui a perdu coup sur coup une usine d’aliments du bétail (Léandre-Férard, 150 sal.) et, plus originale et ancienne, la fabrique de jouets en peluche Nounours (110 sal.); restent une fabrique de climatiseurs Airpac (80 sal.) et les transports Panalog (80 sal.). Le grand étang de Châtillon (97 ha) sur la Cantache permet les sports nautiques et sert de réserve ornithologique; châteaux des Hurlières (15e et 18e-19e s.) au nord-est, des Rouxières au nord et des Masures au nord-est, tous deux des 16e-17e s., de Villanfray (19e s.) à l'ouest du bourg, la population communale augmente un peu (+150 hab. de 1999 à 2008); elle était inférieure à 1 200 hab. en 1968.

Saint-M’Hervé (1 390 Saint-M’Hervéens, 2 968 ha) est à 11 km au NE de Vitré; elle a gagné 160 hab. après 1999; charpentes Lucien (35 sal.). La curieuse écriture du nom vient de saint Merven, devenu Hervé. Au sud, la commune est longée par le lac de barrage de 1984 dit de Haute-Vilaine, de 150 ha, qui s’étire sur plus de 5 km. L’autre rive relève de La Chapelle-Erbrée (610 Capellois, 1 198 ha) dont le bourg est à 9 km à l’est de Vitré et qui a des hippodromes; sa population s'est accrue de 150 hab. (un tiers) entre 1999 et 2008.

Erbrée (1 730 Erbréens, 3 552 ha), plus au sud à 8 km ESE de Vitré, a d’autres étangs; erbrée évoquerait simplement «les arbres»; la population croît un peu depuis le minimum de 1975 (1 150 hab.) et a gagné 190 hab. de 1999 à 2008. La commune est traversée au sud par la voie rapide (N 157) qui y a une aire de repos tout près de Mondevert; au nord par la voie ferrée, qui passe entre l'étang rond de Pain Tourteau (38 ha) et le long étang de barrage de la Vallière (100 ha) à l'ouest, partagé avec Vitré; châteaux des Nétumières (16e s., inscrit) à la pointe nord-ouest, près du barrage de Haute-Vilaine, de la Haute Maison (16e s.) au nord-ouest, de Bois le Beau (19e s.) à l'ouest; centre aéré au bord du plan d'eau de la Vallière.

Un peu plus à l’est à la limite de la région, Bréal-sous-Vitré (650 540 Bréalais, 575 ha) a gagné 110 hab. de 1999 à 2008; elle accueille une grosse briocherie Brialys (160 sal., groupe lorrain Neuhauser), à la pointe SE de la commune près du gros échangeur de La Gravelle. Au sud des deux précédentes à l’orée de la forêt du Pertre, Mondevert (760 580 Mondevertais, 502 ha) partage avec Erbrée l'aire de service de l’autoroute et a gagné 180 hab. entre 1999 et 2008, soit 31%; la station Total emploie 25 personnes, le restaurant d'autoroute 20 (le Bœuf Jardinier).

Côté ouest, Val-d’Izé a dépassé les 2 000 hab. Un peu plus au sud à Champeaux (480 Champéens, 983 ha, 9 km ONO de Vitré, le barrage de Villaumur sur la Cantache, mis en eau en 1995 et qui retient 7 Mm3, offre un plan d’eau aménagé de 185 ha, partagé avec Montreuil-sous-Pérouse; un peu au sud du bourg, château de l’Épinay, des 15e-16e s. Au sud-ouest, Saint-Aubin-des-Landes (920 Saint-Aubinois, 1 028 ha), à 8 km de Vitré, se signale par des carrières (60 sal.) et une gare au bord de la Vilaine, et sa population a augmenté: elle était inférieure à 500 hab. de 1900 à 1960; les Carrières des Lacs emploient 55 personnes.