Viviers

3 500 hab. (Vivarois), 3 415 ha, chef-lieu de canton du département de l'Ardèche dans l'arrondissement de Privas, 42 km au SSE de la préfecture. La ville est à l'entrée du défilé de Donzère. Les Romains y avaient établi un petit port, Vivarium. Au 5e siècle, la ruine d'Alba a fait choisir ce site pour un nouvel évêché, dont le rayonnement a donné son nom à la province du Vivarais.

Le quartier épiscopal se tient dans l'enceinte de la ville haute, sur un rocher dominant le fleuve et de guère plus de 100 m de long. Encore en partie ceint de murs et accessible par deux portes fortifiées, il inclut la cathédrale, amalgame de plusieurs époques, une tour du 12e siècle devenue clocher et quelques maisons autour d'une placette et d'une esplanade qui mène au nord au belvédère de Châteauvieux, d'où l'on a une large vue sur le Rhône. La ville basse et marchande, qui ne manque pas de maisons anciennes et d'une certaine unité, flanque la butte à l'ouest, dans un sillon dominé par l'escarpement de la Johanne; la GrandRue nord-sud est parallèle à la N 86 qui traverse la ville, la voie ferrée passant en tunnel un peu à l'ouest sous la Johanne.

La commune, qui cultive 107 ha de vignes, étend son territoire au nord le long du Rhône jusqu'aux carrières et cimenteries Lafarge (90 sal.) qui se prolongent au Teil (190 sal., avec centre de recherche), parfois dites du Teil mais sur le territoire de Viviers à 4 km au nord de la ville. Vers l'ouest s'ouvre la vallée de l'Escoutay, que traverse un pont romain et qu'emprunte la route de Privas; la rivière atteint le Rhône au ras de Viviers, à la fin du canal de Rochemaure-Châteauneuf; petit port de plaisance, pont sur le Rhône; maison de retraite (25 sal.). Au sud de la commune la N 93 franchit le Rhône sur le barrage de Donzère, en direction de Pierrelatte; en amont, l'ancien pont suspendu de Robinet, classé, date de 1847. La population de la ville n'a pas beaucoup changé au 20e siècle. Elle a crû un peu après 1975 et a gagné 330 hab. de 1999 à 2005.

Le canton a 13 600 hab., 6 communes, 15 605 ha dont 5 349 de bois. Il est limitrophe du département de la Drôme par le Rhône. La principale ville, à l'angle NE, est Le Teil. Au nord, le canton empiète sur le plateau et les corniches du Coiron, au creux duquel se tapit le village pittoresque d'Aubignas (340 Aubignassiens, 1 542 ha dont 550 de bois), 6 km au NNE d'Alba; petite fabrique d'éléments en béton La Basaltine (25 sal.).

Alba-la-Romaine (1 100 Albains, 3 046 ha dont 688 de bois) est à 16 km NO de Viviers sur la route de Privas, dans un fossé nord-sud du plateau des Gras juste au sud du Coiron, planté de vignes et de vergers, au bord de l'Escoutay. Elle fut le site d'une agglomération antérieure aux Romains, chef-lieu de la tribu des Helviens et dont le nom dérivait d'une racine alp évoquant un relief. L'occupation gallo-romaine en fit une ville dont le nom fut romanisé (Alba Helviorum), dotée d'un évêché au 4e siècle, mais assez vite délaissée. Elle fut ensuite le siège de baronnies rivales, accrochées aux défenses de leurs pitons volcaniques. Le nom, qui n'est pas d'origine latine, fut altéré en Aps et resta celui de la commune jusqu'en 1903 où Alba fut restauré, puis indûment transformé en Alba-la-Romaine en 1986.

La commune a quatre lieux d'intérêt distincts: un site archéologique au nord, où ont été dégagés un théâtre, les fondations de plusieurs maisons et villas, un sanctuaire; un site paléochrétien proche, avec des restes de l'évêché et de la cathédrale; un village médiéval encore doté de maisons des 14e et 15e s. et d'un château fort très remanié depuis le 17e siècle, perché sur un dyke; enfin, sur une autre butte volcanique à 1 km au sud, les restes du village médiéval de la Roche, qui relevait d'une autre baronnie.

L'ensemble est très visité; il s'y tient un festival de théâtre antique, ainsi que des concerts et des expositions au château et à la chapelle de la Roche. La population de la commune, qui était tombée de 1 600 hab. en 1876 à 730 en 1954, croît lentement depuis cette date. Elle a encore gagné 210 hab. de 1999 à 2006 (+19%). Les vignerons d'Alba cultivent 495 ha (2e commune du département).

Valvignières (390 Valvignerois, 2 978 ha dont 1 151 de bois) est à 8 km au sud d'Alba dans le même fossé, que domine à l'ouest la montagne de Berg. Comme son nom l'indique, c'est une commune viticole, et même la troisième du département par la superficie en vignes (459 ha). Saint-Thomé (360 hab., 1 965 ha dont 1 630 de bois), «village de charme» sur l'Escoutay à mi-chemin de Viviers et d'Alba, est moins viticole (112 ha) mais son patrimoine est riche en vieilles pierres (église romane, chapelle du 12e s., ruines du château).