Canton de Condé-en-Brie

Condé-en-Brie

680 hab. (Condéens), 456 ha, chef-lieu de canton de l’Aisne dans l’arrondissement de Château-Thierry, 15 km ESE de la ville, dans la vallée du Surmelin à la réunion de trois vallées tributaires dont celle de la Dhuys, ce qui justifie amplement son nom (de condate, confluent); mais le nom étant fort suspect en 1793, Condé devint alors Vallon-Libre…. Le village, petit marché local, a un collège public, une halle, et un gros château des 16e-17e s., complété au 18e s., qui abrite notamment une collection de soldats de plomb. La population communale n’a presque pas changé en deux siècles; elle a gagné 40 hab. depuis 1999. Condé est le siège de la communauté de communes du canton de Condé-en-Brie, qui réunit 24 communes et 7 600 hab.

Le canton a 8 600 hab. (7 900 en 1999), 27 communes, 24 280 ha; il est limitrophe du département de la Marne et comporte deux parties distinctes. Au sud, où le canton atteint la vallée du Petit Morin, le plateau de Brie est assez massif, peu entamé par des vallées sauf, modérément, celle de la Dhuys. Au nord, le relief est défoncé par la vallée de la Marne et du Surmelin, et les éléments de plateau, morcelés, sont couverts de bois. La vallée de la Marne s’encaisse en de spectaculaires méandres.

Trélou-sur-Marne (980 hab., 2 035 ha dont 907 de bois), la première commune en amont en face de Dormans, rive droite, se tient au centre du cirque d’un méandre recoupé, dont le versant concave forme un demi-cercle presque parfait; la fonderie d’aluminium de l'Aisne y a été réduite à 30 salariés; l’église a d’intéressants chapiteaux; sur le plateau du Tardenois au nord, grande forêt de Ris. Trélou est la seconde commune viticole de l’Aisne, avec 313 ha en production, 112 récoltants et deux caves coopératives; la commune a gagné 80 hab. entre 1999 et 2008. Son nom s'est jadis écrit Tréloup, et «sur Marne» depuis 1966.

Passy-sur-Marne (160 hab., 371 ha), 3 km en aval, qui a gagné 50 hab. dans le même temps, se tient au contraire au bas d’un éperon de méandre convexe exposé au sud, excellent terroir à vignes de champagne, dont elle cultive 165 ha (28 vignerons), avec une cave coopérative; Passy a une église classée du 13e s. et un château du 16e, avec tours et gros pigeonnier. Le nom était déjà «sur Marne» avant 1800.

Plus en aval, Barzy-sur-Marne (390 hab., 755 ha dont 464 de bois) et Jaulgonne (670 Jaulgonnais, 178 ha) se partagent un autre site très spectaculaire de rive concave, dont la Marne reste très proche; Barzy a 99 ha de vignes (34 vignerons) et Jaulgonne 35 seulement (2 exploitants); elles appartiennent à deux «terroirs» champenois différents: celui de Condé pour la première, celui de la Vallée de la Marne Ouest pour Jaulgonne. Barzy s'est nommée «sur Marne» en 1891; son église classée est du 13e s.; son habitat se prolonge en amont sur la rive par les hameaux de Marcilly et de Rosay. Jaulgonne est au débouché d'un profond vallon descendant du Tardenois; elle a gagné 40 hab. depuis 1999. Chartèves (380 Chartévois, 876 ha dont 508 de bois) suit en aval, face au confluent du Surmelin, mais sans vigne; elle a une église classée du 13e s.

En face, au débouché du Surmelin qui élargit la plaine de la Marne, Mézy-Moulins (520 470 hab., 448 ha dont 23 de vignes) est un village de rive, qui a gagné 50 hab. après 1999 et qui a une église classée du 13e s. avec une superbe rosace, à 10 km au nord de Condé; un polissoir au Bois des Grès; sa gare a un embranchement ferroviaire vers la vallée du Surmelin; la commune a 23 ha de vignes, un seul récoltant. Courtemont-Varennes (330 Varennois dont 35 à part, 598 ha dont 20 de vignes), qui a perdu au contraire 40 hab. depuis 1999, s’étage sur l’éperon de lobe convexe en amont, traversé par la voie ferrée et la D 3, mais exposé au nord; château des 17e et 19e s., collège et lycée professionnel de la SNCF, champagnisation MHCS (35 sal.); 20 ha de vignes, 4 vignerons. Plus en amont, toujours rive gauche, se tient la petite commune de Reuilly-Sauvigny (240 Révillois et Sauvignats, 654 ha), qui n'a que 3 ha de vignes mais 9 vignerons; Sauvigny est un gros hameau de rive à l'est, face à Passy; leur réunion est des années 1790.

Crézancy (1 210 Crézançois dont 95 à part, 706 ha dont 216 de bois), qui est sur la N 3 à 7 km du chef-lieu, conserve une forge d’ancienne origine (Setforge, 100 sal.). C'est une bourgade de confluence, à la fois enfoncée dans la vallée du Surmelin mais au pied du coteau de Marne. Elle a également un lycée agricole et viticole, avec internat, et cultive 48 ha de vignes (6 récoltants). Elle a officiellement perdu 50 hab. depuis 1999, mais surtout par réduction du comptage de la population à part. Elle a pour annexe au sud Connigis (330 Connigeois, 546 ha dont 233 de bois), sur la rive gauche du Surmelin, où sont les services à l'agriculture Vit Manu (20 sal.); elle a 52 ha de vignes, 7 récoltants, et a gagné 60 hab. de 1999 à 2008.

En amont à mi-chemin de Condé, Saint-Eugène (230 Saint-Eugénois, 675 ha dont 213 de bois) conserve une belle façade d’église et un château des Grèves devenu ferme (15e-16e s.). Face à Condé, Monthurel (160 Monthurellois, 386 ha dont 137 de bois), Celles-lès-Condé (80 hab., 391 ha) et Saint-Agnan (110 hab., 807 ha dont 430 de bois) bénéficient de versants exposés au sud où se sont introduites des vignes à champagne, respectivement 38, 38 et 68 ha (5, 4 et 11 exploitants). Les vignes à champagne se sont étendues jusque sur le versant droit du Surmelin. Condé est également le nom attribué au terroir n°9 du Vignoble de champagne, pour 9 communes au sud-est de l’Aisne, dont la principale est Trélou-sur-Marne: au total 220 exploitations, 810 ha de vignes, principalement en pinot meunier. La Chapelle-Monthodon (190 Odoniens, 1 428 ha dont 482 de bois) est plus à l'est, au fond du vallon du ru de Rosset; son nom ancien était La Chapelle-Montaudon.

La partie méridionale du canton est fort étendue, et divisée en petites communes du plateau de Brie qui n'ont plus rien à voir avec le vignoble, mais dont certaines ont ne manquent pas d'attraits. Baulne-en-Brie (300 hab., 1 889 ha dont 642 de bois) est à 5 km au SE de Condé dans la vallée du Surmelin; «en Brie» est de 1922; château, église classée du 12e s.; sa population s'est accrue de 60 hab. depuis 1999. Montlevon (260 Montlevoniciens, 2 265 ha dont 358 de bois) est à 5 km au sud de Condé dans la vallée de la Dhuis, et s'orne d'une église classée du 11e s. Viffort (320 Viffortois, 983 ha) est à 12 km au sud de Château-Thierry aux abords de la D 1, et a une église classée du 12e s.; sa population a augmenté de 110 hab. de 1999 à 2008, soit de plus de moitié.

Rozoy-Bellevalle (110 hab., 679 ha), 5 km plus au sud et à l'ouest de la route, est la commune la plus occidentale du canton; elle se nommait en fait Rozoy-Gâtebled jusqu'en 1880, et a réussi alors à améliorer son nom, sinon son image; château du Fort de la Ville, avec parc et étang. Sa voisine Fontenelle-en-Brie (190 Fontenais, 847 ha), sur la D 1, accueille les transports Diximus (20 sal.). Au sud, Marchais-en-Brie (370 Marchaisiens, 1 278 ha) est la commune la plus méridionale, à peine 6 km à l'ouest de Montmirail; «en Brie» est de 1890; église inscrite du 13e s., maison forte de Villefontaine (16e s.) au sud dans la vallée du Petit Morin. La commune englobe les hameaux du Tremblay juste à l'est, de Bailly et Villemoyenne au nord-est; elle a gagné 130 hab. de 1999 à 2008, presque une moitié.