Cantons de Saint-Quentin

Saint-Quentin

58 500 hab. (Saint-Quentinois) dont 1 600 à part, 2 256 ha, sous-préfecture de l'Aisne sur la rive droite de la Somme. Elle entra dans l'histoire comme Augusta Viromandunum, au nom de l'empereur romain et de la tribu gauloise des Vermandois à la fois, ce qui la fit nommer Aouste jusqu'au 10e siècle, avant de prendre le nom d'un martyr chrétien. Dotée d'une charte dès 1080 puis ville royale, elle fut à la fois une ville forte très disputée et un centre d'industrie textile; en 1914-1918, elle servit de base logistique aux armées allemandes. Elle bénéficie en effet d'une remarquable concentration de voies de circulation: les nationales 29 et 44, le canal de Saint-Quentin, un carrefour ferroviaire, et plus récemment les autoroutes A 26 et A 29. La ville a dû être entièrement reconstruite après 1918.

Son vieux centre tient dans un petit noyau carré, délimité par les rues du Gouvernement et de la Sous-Préfecture, et entourant la grande basilique gothique et de son parvis. À l'ouest se trouve le centre des activités autour de la place de l'Hôtel de Ville, à l'est le vaste parc des Champs Élysées avec les installations de sports et loisirs. Une ceinture de boulevards s'appuie au sud sur le port, mais elle est largement débordée par les faubourgs et banlieues. La basilique, ancienne collégiale, est un gros bâtiment qui garde de sa reconstruction de nombreux témoins «arts déco» des années 1920, mais aussi un labyrinthe de 1495; théâtre de 1844, hôtel de ville de style flamboyant, palais de justice des années 1900; musées d'entomologie (nombreux papillons) et d'arts (Antoine Lécuyer), celui-ci contenant une belle collection de pastels de Quentin Delatour, né en 1704 dans la ville et qui signa ensuite de la Tour.

La ville est dotée d'un centre hospitalier de 610 lits et d'une polyclinique de 200 lits, de 6 collèges et 6 lycées publics, un collège et un lycée catholiques, plus un lycée privé professionnel de coiffure et esthétique; maison de retraite Orpea (50 sal.). Une vaste «zone urbaine sensible» a été délimitée au nord-ouest, englobant des quartiers des années 1960 et 1970 qui ont mal vieilli. À l'est de la ville, se tiennent la réserve naturelle des marais d'Isle le long de la haute Somme et la base de loisirs de l'étang de l'Isle; un train touristique utilise la voie de fret qui mène à Origny-Sainte-Benoîte. La ville a une vaste zone franche urbaine (le Vermandois) au nord-ouest de la ville et trois autres zones urbaines sensibles, Europe au NNE, le faubourg d'Isle et Neuville au sud-est de l'autre côté de la Somme.

Saint-Quentin conserve un assez fort potentiel industriel, mais largement situé dans ses banlieues, notamment Gauchy et Rouvroy. Dans la ville même, les gros employeurs sont l'hôpital, la mairie, l'enseignement public et la SNCF (420 sal.), la polyclinique (300 sal.). Dans le secteur tertiaire, ressortent l’hypermarché Cora (280 sal.), un Intermarché (50 sal.), Decathlon (55 sal.), Monoprix (40 sal.); quelques négoces, dont les produits agricoles Hubau (80 sal.), intégrés à Union-SDA et disposant d’une vingtaine de silos alentour, les matériaux Gedimat (75 sal.), SNE (matériel électrique, 70 sal.) et le distributeur de médicaments Cerp (50 sal.).

Dans les services, conseil de gestion Aksis (85 sal.), comptabilité Price-Waterhouse (50 sal.), banque BNP (70 sal.), analyses médicales Tixier-Pierfitte-Avot (50 sal.), Adhap (aide à domicile, 45 sal.); plus les habituels garages, les transports par cars Saint-Quentin-Mobilité (100 sal., transports urbains) et CSQT (80 sal.), les transports Houtch (40 sal.); travail temporaire Manpower (330 sal.), Supplay (150 sal.), Synergie (120 sal.) et Adecco (95 sal.); assainissement et traitement de déchets Ducamp (110 sal.), démantèlement d'épaves Haubourdin (70 sal.), nettoyage Asept (180 sal.), blanchisserie Elis (100 sal.), gardiennages France Intervention (80 sal.) et Sygma (50 sal.); gestion immobilière La Maison du CIL (HLM, 230 sal.).

Le secteur productif s'est resserré. Du textile restent quelques ateliers de tissus pour l'industrie: Borgers (tapis pour automobiles, 140 sal.), étoffes à mailles Aunde (110 sal.), Cape-Socap (tissus anti-feu et désamiantage, 50 sal.), Comoditex (40 sal.). La métal-mécanique est représentée Ensival Moret (pompes, 240 sal., qui a doublé ses effectifs de 2005 à 2010, la fonderie SIF (Industrielle des Fontes, 70 sal.), Burton Steel (machines pour le béton, 45 sal.), Proxitherm (brûleurs pour chaudières, 60 sal.), Lamory et Wald (mécanique, 40 sal.). On peut encore citer les équipements et appareillages électriques Apegelec (110 sal.) et ADB, 50 sal.), la boulangerie industrielle de l’Union Mutuelle de Boulangerie (55 sal.), les constructions Bontami (85 sal.) et Eiffage (45 sal.), la plâtrerie CIPS (45 sal.) et les installations électriques Ineo (90 sal.) et Brunel (45 sal.). Un ensemble original s’était formé autour de l’impression et du livre; mais L’Aisne nouvelle (presse, 35 sal.) a fortement réduit ses effectifs depuis sont rachat par le groupe Hersant, l'imprimerie Maulde et Renou a fermé, ainsi que la fabrique de papiers carbones Lithotech.

La commune, qui n’avait que 12 000 hab. en 1820, était passée à 50 000 en 1900, 56 000 en 1911; sa population a ensuite stagné un peu au-dessous de 50 000, puis a crû après guerre, atteignant un maximum de 67 200 (sdc) en 1975; elle décroît depuis et s'est abaissée de 2 600 hab. entre 1999 et 2008. La maire est Xavier Bertrand, UMP, ministre, ancien agent d'assurance. La communauté d’agglomération de Saint-Quentin rassemble 20 communes et 72 900 hab. L’unité urbaine Insee est donnée pour 66 900 hab., l’aire urbaine pour 101 700, toutes deux étant les premières de l’Aisne. L’arrondissement a 131 900 hab. (134 600 en 1999), 9 cantons, 126 communes, 107 117 ha.

Les 3 cantons totalisent 73 500 hab. (73 900 en 1999), 16 communes, 13 682 ha; ils incluent la ville de Gauchy et s’étendent surtout vers le NE de la ville, où Fonsommes (520 Fonsommois, 960 ha), 11 km au NE de la ville, est à la source actuelle de la Somme; la commune a perdu 40 hab. entre 1999 et 2008. Fontaine-Notre-Dame (400 hab., 1 190 ha) est à 4 km au SE de Fonsommes. Lesdins (830 Lesdinois, 1 063 ha), un peu en amont, a perdu 140 hab. dans le même temps; la commune est le point d’aboutissement de l’aqueduc dit canal d’alimentation de l’Oise, qui approvisionne en eau le canal de Saint-Quentin; celui-ci quitte la vallée de la Somme à Lesdins en passant par un souterrain de 1 200 m qui débouche dans le bassin de l’Omignon.

Omissy (930 Ulmissiens dont 120 à part, 709 ha), 5 km au nord de Saint-Quentin sur la rive droite de la Somme, abrite le lycée professionnel de l’ameublement, ce qui lui vaut un apport supplémentaire de plus de 1 000 personnes, dont de nombreux internes; la commune a reçu en 2008 un parc de 11 éoliennes (22 MW) du groupe Kallista et partcipe au parc de Saint-Quentin (4 machines, 11 MW d'Ecoterra, avec Lesdins (2010); elle a perdu 150 hab. depuis 1999. Juste en face, dans la commune de Morcourt (610 Morcoutois, 607 ha), sur la rive gauche de la Somme 4 km au NE de Saint-Quentin, une zone industrielle réunit toute une série d’établissements: fabrique de carton ondulé Ondulys ex-Mondi (150 sal.); transports Blondel (160 sal.) et entrepôts Blondel Aérologistique (85 sal.), transports Citra (350 sal.) et Mory (50 sal.), cosmétiques Condibiose (40 sal.), plasturgie Quentinplast (40 sal.).

C’est juste au sud, sur le territoire de Rouvroy (390 hab., 505 ha), au bord des marais de l’Isle et de la voie ferrée, que se trouve la plus grande usine de l’agglomération, MBK, anciennement Motobécane, qui appartient au japonais Yamaha et emploie 690 personnes à la fabrication de motocycles; Rouvroy abrite aussi la librairie et centrale d’achats de livres et de papeterie Majuscule (330 sal.), la fabrique d'éclairages Etap (35 sal.); la commune a perdu 50 hab. depuis 1999.

Harly (1 790 Harlysiens, 376 ha), juste au sud de Rouvroy, en forte croissance dans les années 1960, a perdu une grosse usine Alstom-GEC et a du mal à maintenir le nombre de ses habitants depuis 1982, mais compte sur ses emplois tertiaires, dont un centre commercial Leclerc (190 sal.), l'ingénierie Hennegrave (65 sal.), et les entrepôts des transports Lamory (220 sal.); atelier de mécanique et traitements de surfaces Méca Élec (45 sal.), un collège public. Neuville-Saint-Amand (870 Neuvillois, 826 ha), 2 km au sud-est d'Harly, accueille la mécanique Sovefam (25 sal.), les volailles et gibiers Carlier (25 sal.), les travaux publics Colas (65 sal.); cette commune a perdu une cinquantaine d’habitants entre 1999 et 2008. Mesnil-Saint-Laurent (460 hab., 545 ha), 2 km plus à l'est, a une maçonnerie SGMP (40 sal.), un négoce de meubles et décors Du Bout du Monde (35 sal.), et le golf de Saint-Quentin-Mesnil.

Homblières (1 440 Hombliérois, 1 429 ha), sur la route de Guise (N 29) à 6 km à l’est de Saint-Quentin, est surtout une banlieue résidentielle; elle avait plusieurs fois dépassé 1 200 hab. au 19e s. mais n’avait que 800 hab. en 1960; sa population a crû jusqu’en 1999 et a perdu 60 hab. depuis; transports Doucy (110 sal.). Marcy (170 hab., 730 ha), à l'est d'Homblières, est également proche de la N 29 (D 1029) et a un château et un pigeonnier du 17e s.; travaux publics Leriche (30 sal.)


Gauchy

5 700 hab. (Gasiaquois), 624 ha, commune de l’Aisne dans le canton de Saint-Quentin-Sud, juste en face de Saint-Quentin sur la rive gauche de la Somme au SE, à la divergence des routes vers Tergnier, La Fère et Guise. Gauchy n’avait que 500 hab. avant 1914 et a crû fortement au lendemain de la guerre, passant à 3 000 hab. en 1931; elle a repris sa croissance après la Seconde guerre, jusqu’en 1975, avant de stabiliser à peu près sa population.

Principale banlieue de Saint-Quentin et dotée d’un collège public, elle ajoute à l’ensemble industriel de l’agglomération un gros complexe de parfumerie avec les deux usines du groupe de l’Oréal Fapagau et Soprocos, de 290 et 280 emplois; une fabrique de matériel électrique et de signalisation (Hazemeyer, 190 sal.); la papeterie de la Cepap (Européenne de papeterie la Couronne), depuis 1997 au groupe espagnol Tompla, qui emploie 125 personnes à la fabrication d’enveloppes et pochettes; boulangerie industrielle Harry's (45 sal.), conditionnement à façon Condi Plus (45 sal.), imprimeries Roto Aisne (45 sal.) et APG (35 sal.); plus un Intermarché (140 emplois), magasins Metro (50 sal.), Bricocash (50 sal.), négoces de boissons Lefranc Vinolux (55 sal.), de matériel de manutention Lenormant (45 sal.),; transports Citra (45 sal.) et ACT (35 sal.); installations électriques Actemium (Egea Gibert, 40 sal.) et thermiques Missenard Quint (150 sal.); publicité Adrexo (120 sal.). Mais la fabrique de fibres Tergal (240 sal. en 2005) a fermé en 2011, celle de moquettes Sodimatex en 2008.