Canton de Barcelonnette

Barcelonnette

3 300 hab. (Barcelonnettes) dont 520 à part, 1 642 ha dont 639 de bois, sous-préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, 80 km au NE de Digne, à 1 130 m. La ville est sur la rive droite de l'Ubaye et son territoire, de taille réduite, dispose d'un petit bassin où abondent les arbres fruitiers, mais s'élève assez peu sur les deux versants. Elle est l'héritière d'une bastide de 1231, fondée pour le comte de Barcelone et de Provence, d'où son nom originel de Barcelone, qui ne devint Barcelonnette qu'au 18e siècle. Elle fut à partir du début du 19e siècle le chef-lieu de l'émigration montagnarde vers le Mexique, ce qui lui a valu en retour quelques belles maisons de «Mexicains» qui avaient réussi, construites de 1870 à 1930; l'une d'entre elles, cossue, abrite le musée municipal, consacré à l'émigration et à l'art contemporain; fêtes mexicaines en été.

Le plan a conservé dans sa partie centrale l'essentiel du damier d'origine, mais la ville s'est bien étendue vers l'aval; tour du 15e s., héritée d'un couvent dominicain; maison du rafting; lycée et collège publics, petit hôpital local (5 lits médicaux, 65 en tout), maison de retraite, deux centres de vacances et des entreprises familiales; supermarché Champion (50 sal.), centre sportif d'oxygénation. Le Centre d'instruction et d'entraînement au combat en montagne (CIECM), fondé en 1990, hérite des chasseurs alpins et a un effectif de 130 personnes.

La population communale a culminé à 3 000 hab. (sdc) en 1954, baissé à 2 400 en 1962 et remonté à 3 000 en 1990; elle diminue un peu depuis (-50 hab. de 1999 à 2007). Le maire est Jean Chabre, UMP. Barcelonnette est le siège de la communauté de communes de la vallée de l'Ubaye, qui associe 14 communes et 7 000 hab. L'arrondissement a 7 600 hab., 2 cantons, 16 communes, 102 773 ha.

Le canton a 6 500 hab., 11 communes, 75 714 ha dont 13 765 de bois; c'est le plus étendu de la région et l'un des plus grands de France. À l'extrême nord-est, la haute vallée de l'Ubaye est dans la commune de Saint-Paul. Meyronnes (44 Meyronnois, 4 059 ha dont 1 017 de bois) est dans la vallée de l'Ubayette, à 19 km NE du chef-lieu à 1 500 m; la commune monte au sud à 3 032 m à la Tête de Siguret, au nord à 3 193 m à la Roche Blanche, sur la frontière. Le contraste entre adret nu et ubac boisé est très accusé; sur l'adret, subsistent les deux forts de Roche-la-Croix et de Saint-Ours, et plus loin à l'est celui de Viraysse sur la crête à 2 772 m, tandis que celui de Mallemort a été détruit; un musée des forts est aménagé à Saint-Ours, qui a aussi une via ferrata. Le village a souffert de la dernière guerre et a été reconstruit. La commune a eu 650 hab. en 1836, 180 en 1936 et moins de 50 entre 1960 et 1999; elle a gagné 30 hab. de 1999 à 2007.

Larche (80 Larchois, 6 886 ha dont 473 de bois) occupe l'extrémité de la vallée de l'Ubayette, à 1 700 m; le village, fleuri (trois fleurs), qu'il a fallu également reconstruire après 1945, et qui avait eu 700 hab. autour de 1850, est à 26 km ENE du chef-lieu et à 6 km du col routier (1 931 m) qui donne accès à l'Italie par Argentera. Le finage culmine à la Tête de Moïse (3 104 m) tout à l'est sur la frontière; batterie de Viraysse, mais pas de fort. Le col de Larche, que les Italiens appellent de la Madeleine, est dans une ancienne vallée glaciaire calibrée, drainée dans les deux sens et vers laquelle convergent de droite la petite vallée de l'Oronaye, ornée d'un lac sous la Tête de Moïse, et de gauche la haute Ubayette, qui vient du sud. Cette dernière haute vallée, de 8 km de long, dite du Lauzanier, est incluse dans le Parc national du Mercantour; elle vient de la Tête de l'Enchastraye (2 955 m), flanqué de la Tête de Pelouse (2 922 m) et du Rocher des Trois Évêques (2 868 m) entre lesquels le GR 5 se faufile par le Pas de la Cavale (2 671 m); elle a pour attraits plusieurs lacs dont le Lauzanier, la cascade du Pis. Au-dessus du village de Larche se proposent une petite station de ski alpin (3 pistes, 3 remontées) et 4 pistes de ski de fond (45 km).

La Condamine-Châtelard (170 Condaminois, 5 608 ha dont 818 de bois) est à 13 km NE de Barcelonnette, à 1 305 m, au confluent de l'Ubaye et du Parpaillon, un peu aval de celui de l'Ubaye et de l'Ubayette. L'ancien nom était Le Châtelard, modifié en 1850. Le gros fort de Tournoux domine le village, à la limite de son finage. Celui-ci s'étend peu à l'est du cours de l'Ubaye mais largement vers l'ouest, montant au Grand Parpaillon (2 988 m) à la limite des Hautes-Alpes, et à 3 049 m au Grand Bérard, plus au sud. Une ancienne route militaire non revêtue suit le Parpaillon et grimpe au col de même nom (2 788 m), offrant un beau circuit aux fervents de VTT qui peuvent rejoindre Embrun. Dans cette vallée, sous la Tête de Crouès (2 929 m), a été équipée la station de ski de Sainte-Anne-la Condamine, dotée de 30 pistes et 6 remontées mécaniques, deux centres de vacances, 160 résidences secondaires; Sainte-Anne est un petit hameau avec chapelle à 60 km NO du village. La population communale a plusieurs fois fluctué selon les chantiers et les événements: deux pics à 1 000 hab. en 1861, 1 200 autour de 1900, un creux à 400 en 1921 et un pic à 780 en 1936, une chute en 1946; elle s'est stabilisée depuis 1980, avec une légère tendance à la baisse (-20 hab. de 1999 à 2006). Jausiers, en aval, est la seconde commune du canton par la population.

Faucon-de-Barcelonnette (220 Fauconnais, 1 742 ha dont 711 de bois) est un village ancien, antérieur au chef-lieu et situé à 2 km au NE de celui-ci, à 1 210 m; le campanile est un donjon du 12e s. refait au 16e s.; couvent des trinitaires (17e s.), avec jardin, fondé au 12e s. La commune ne s'étend que sur le versant d'adret, jusqu'à la Chalanche (2 784 m), et a un centre de vacances. La population communale remonte depuis le minimum de 1962 (140 hab.) et a gagné plus de 80 hab. de 1999 à 2005 (+40% !); mais elle a jadis dépassé 550 hab. (1836) Enchastrayes (510 Enchastrayens, 4 419 ha dont 734 de bois), formée de 7 hameaux, est juste au sud-est de Barcelonnette à 1 450 m, en ubac au contraire; c'est ce qui lui a permis de se transformer en station de neige, sous les noms de Le Sauze et Super-Sauze, sous les hauteurs du Lan, ou Chapeau de Gendarme (2 685 m) à l'ouest, de la Rouchinière (2 718 m) à l'est; la station, «station verte de vacances», bénéficie de 37 pistes et 23 remontées, gérées par la société Couttolenc (95 sal.). La commune a eu plus de 900 hab. au début du 19e s., seulement 200 en 1954; elle a crû ensuite jusqu'en 1999 mais a perdu 80 hab. de 1999 à 2007. Elle comptait 1 700 résidences secondaires en 1999.

Saint-Pons (660 hab., 3 206 ha dont 1 437 de bois) est dans la même situation que Faucon, et d'origine ancienne, mais en aval de Barcelonnette, à 1 145 m; le village conserve une église classée des 12e-15e s., à beau portail ouvragé et haut clocher carré. Le versant en adret est raviné par le Bourdoux, qui fut connu pour ses ravages; il a fallu des centaines d'aménagements de murettes et de radiers au 19e siècle pour stabiliser les versants, qui montent jusqu'à la Grande Épervière (2 884 m) dans la forêt domaniale de Riou-Bourdoux; refuge de la Pare et col de la Pare (2 665 m) vers le Parpaillon, où passe le GR 6. En fond de vallée s'étale l'aérodrome de Barcelonnette, doté d'une piste en dur de 800 m et servant aux loisirs, à un aéroclub privé Humanit'Air ainsi qu'au Centre d'instruction et d'entraînement au combat en montagne (CIECM) de Barcelonnette; travaux publics Sicard (40 sal.), village de vacances, parcours d'aventure. De 700 hab. en 1821, la population communale est descendue à 180 hab. en 1968 puis a sensiblement augmenté aussitôt après. Elle a gagné 50 hab. de 1999 à 2004.

Les Thuiles (350 Thuilois, 3 280 ha dont 969 de bois) est la dernière commune du canton vers l'ouest, à 1 110 m; son finage, étroit mais étiré du nord au sud sur 12 km, monte sur les deux versants, atteignant 2 909 m à la Grande Séolane au sud dans le vallon et la forêt domaniale de Gimette, à 2 917 m au nord à l'Aupillon. Les Thuiles, descendue à 160 hab. dans les années 1960 contre 600 en 1841, se repeuple depuis (+40 hab. de 1999 à 2005). Uvernet-Fours occupe toute la partie sud du canton.


Jausiers

1 000 hab. (Jausiérois) dont 110 à part, 10 773 ha dont 800 de bois, commune des Alpes-de-Haute-Provence dans le canton de Barcelonnette, à 8 km ENE du chef-lieu, à 1 250 m, dans la vallée de l'Ubaye, un peu élargie et où le petit lac du Siguret a été aménagé en base de loisirs. «Station verte de vacances», la commune a un petit hôpital-hospice local de 110 lits (aucun médical), quelques commerces et services, une coopérative de la Maison des produits de pays, une petite fabrique de parquets (Technoparké, 30 sal.); musée de la migration et de l'eau, moulin restauré d'Abriès, parcs d'aventure.

Le village était celui des Arnaud, pionniers de l'émigration en 1805, qui passèrent par la Louisiane où Arnaudville rappelle leur nom: le jumelage allait de soi. Plusieurs grosses villas, à hautes façades et trois niveaux, dites mexicaines, se voient dans la commune: Morélia (1900), Manon (1907), Javelly et les Charmettes (1910). Jausiers est séparé de La Condamine et de la haute Ubaye et de l'Ubayette par les gorges du Pas de Grégoire.

La commune est peu étendue sur la droite de l'Ubaye, et y supporte un champ de tir; mais elle est vaste au sud, où elle se divise en deux grandes vallées, séparées par la crête de l'Empeloutier (2 820 m). Celle d'Abriès (ou des Sagnes), à l'est, parallèle à l'Ubayette, va jusqu'à la Tête de Pelouse (2 922 m) et n'a pas de route; une prise d'eau à 1 895 m à la tourbière des Sagnes aboutit au village. La vallée de Clapouse, au sud, monte jusqu'aux cols de Restefond (2 692 m) et la Bonette (2 715 m) dominés par la Cime de la Bonette (2 860 m); la route qui vient de Jausiers déroule 24 km jusqu'au col; il lui en faut encore 26 au-delà pour atteindre Saint-Étienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes) dans la vallée de la Tinée; c'est l'une des plus hautes routes d'Europe, et elle monte même à 2 802 m à la Cime de la Bonette, offrant un spectaculaire panorama (table d'orientation). La crête méridionale est dans le Parc du Mercantour; de belles cascades bruissent dans la vallée de Restefond et son annexe du torrent de Terre Plaine à l'ouest, qui vient du lac de Terres Plaine à 2 20 m, sous la Tête Dure (2 694 m); la batterie de Cuguret est à l'est du village. Au-dessus de Jausiers vers le sud, l'ancienne station de ski de la Frache, en ubac, n'a pas réussi mais permet le ski nordique et la raquette. La commune a plusieurs centres et villages de vacances. Son nom s'est jadis plutôt écrit Jauziers; sa population a atteint 2 000 hab. en 1846, 630 à son minimum de 1968; elle croît depuis et a gagné 110 hab. de 1999 à 2004; la commune a 630 résidences secondaires, pour moins de 400 résidences principales.


Saint-Paul-sur-Ubaye

190 hab. (Saint-Paulois), 20 555 ha dont 3 000 de bois, commune des Alpes-de-Haute-Provence dans le canton de Barcelonnette; «sur Ubaye» a été ajouté en 1998. La commune a eu jusqu'à 1 850 hab. au début du 19e s. et n'a pas cessé de se dépeupler ensuite. Son territoire occupe toute la haute vallée de l'Ubaye, le long de la frontière italienne. Le centre est à 1 470 m d'altitude et à 22 km du chef-lieu par la route, qui se termine en cul-de-sac, mais 16 km en amont du village. De celui-ci part vers le nord-ouest la route du col de Vars, qui est à 8 km et à 2 111 m, et qui donne accès au Queyras. Quelques cheminées de fées se voient aux environs; petit musée de l'outillage agricole.

Vers l'aval, l'accès est de Saint-Paul est défendu par le défilé de la Reyssole, où s'enfonce l'Ubaye. Vers l'amont, la commune s'étire sur 27 km SO-NE, compte une douzaine de hameaux et affiche une trentaine de sommets de plus de 3 000 m. À 4 et 5 km de Saint-Paul, apparaissent les hameaux de Sarenne, une usine électrique et le vieux pont très hardi du Châtelet, de 1880 m, perché à 100 m au-dessus d'une gorge très étroite. Le dernier hameau sur l'Ubaye est celui de Maurin, où est le refuge de Maljasset; le GR 5 y descend du col Girardin (2 706 m) sur le chemin de Ceillac, à l'est du pic de la Font Sancte (3 387 m). La Tête des Toillies (3 176 m) est le sommet le plus éloigné au NE, le Bric de Rubrenc (3 340 m) le plus élevé à la frontière vers l'est, mais le point culminant est l'Aiguille de Chambeyron (3 411 m), à l'intérieur de la commune à l'ENE du village, bordée de glaces; aux alentours, refuge de Chambeyron, plusieurs petits lacs et celui des Neuf Couleurs, plus étendu (10 ha), à 2 834 m.

Au sud du Chambeyron et à l'est de Saint-Paul, le hameau et le vallon de Fouillouse, qui vient du SE, sont accessibles par le GR 5. À l'extrême sud, à l'entrée de la commune et chargés de protéger la vallée de Barcelonnette, ont été érigés les forts de Berwick (1709), des Corres et de Tournoux (visite), au-dessus du confluent de l'Ubaye et de l'Ubayette. On fait un peu de ski de fond dans la commune, toutefois plus fréquentée en été, où sont 220 résidences secondaires.


Uvernet-Fours

620 hab. (Uvernetais), 13 544 ha dont 3 167 de bois, commune des Alpes-de-Haute-Provence dans le canton de Barcelonnette, 4 km au SO du chef-lieu à 1 180 m dans la vallée nord-sud du Bachelard. Formée par fusion en 1973, Fours ayant alors une quarantaine d'habitants, elle occupe tout le sud du canton, où elle s'allonge sur 20 km d'ouest en est. À l'est, à la tête de la vallée du Bachelard, sous la Cime de la Bonette (2 860 m), s'étend une partie de la forêt domaniale du Bachelard; le torrent descend du col de la Cayolle (2 327 m) dominé par le mont Pelat (3 051 m), qui est à 26 km du village et donne accès à la haute vallée du Var. Une piste, passant près de la Pierre d'Annibal et jalonnée de dessins d'origine militaire, permet de franchir le col de la Moutière et descend sur Saint-Dalmas-le-Selvage dans les Alpes-Maritimes, ainsi qu'aux cols de la Bonette et de Restefond; le refuge de la Cayolle est près du col à 2 266 m, le refuge de Bayasse dans la vallée, 10 km plus bas à 1 750 m d'altitude. En aval, le Bachelard prend une direction E-O, et ses versants présentent un beau contraste d'exposition, avec un adret raide et nu au dos d'Enchastrayes et des stations de la Sauze, un ubac long et boisé qui a été inclus dans le Parc du Mercantour. Puis la rivière reprend une direction nord-sud à la faveur de gorges qui séparent assez nettement du village le haut val. Vers l'ouest, une route monte au col d'Allos (2 240 m, à 20 km de Barcelonnette) par les pentes du cirque des Agneliers; celui-ci a été équipé d'une station de ski alpin dominée par la Grande Séolane (2 909 m) et la Sestrière (2 571 m), qui fait la liaison entre la station d'Allos au sud (canton de Colmars) et celle de Pra-Loup qui, juste au nord et dans la commune d'Uvernet, occupe un vaste versant au sud-ouest du village. Pra-Loup est un domaine très prisé, riche de 73 pistes (170 km) et 53 remontées mécaniques, dont 4 télécabines et 2 téléphériques. La société de gestion Pra Loup Développement emploie 160 personnes et Transmontagne 35, l'entreprise de travaux publics Rossetto 40; la commune totalise 3 300 résidences secondaires mais sa population a peu augmenté depuis 1975. La route qui monte à Pra-Loup par les Molanes est un peu ardue, mais la station n'est ainsi guère qu'à une dizaine de kilomètres de Barcelonnette, à peu près comme la Sauze.