Canton de Riez

Riez

1 700 hab. (Réiens ou Riézois), 4 000 ha dont 1 063 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-de-Haute-Provence dans l'arrondissement de Digne-les-Bains, 40 km au SSO de la préfecture, à 520 m. Le village est apparu au 1er siècle au confluent du Colostre et de l'Auvestre, ce dont témoignent quatre colonnes d'un temple romain et d'autres trouvailles archéologiques; il fut aussi un évêché et conserve un baptistère du 4e s., et des restes médiévaux dont deux portes du 14e s., hôtel de Mazan classé (16e au 18e s.), avec musée lapidaire autour du travail du gypse, et maisons à encorbellement; chapelle Sainte-Maxime. Le bourg a un collège public et un hôpital local (4 lits médicaux, 100 lits en tout) avec maison de retraite, Intermarché (25 sal.). Riez, «station verte de vacances» et village de caractère, fut une assez grosse commune, de plus de 3 000 hab. en 1831, mais sa population est descendue à moins de 1 200 entre 1946 et 1965; elle a crû ensuite jusqu'en 1990 puis est restée étale; s'y ajoutent 370 résidences secondaires.

Le canton a 4 400 hab., 9 communes, 25 355 ha dont 9 362 de bois. Puimoisson (560 Puimoissonnais, 3 544 ha dont 1 200 de bois), 7 km au NNE de Riez, est sur une colline dominant la vallée de l'Auvestre, à 700 m; chapelle forte Saint-Apollinaire (12e-13e s.), coopératives de céréales et de lavandes, maison de retraite; aérodrome avec une piste gazonnée de 820 m pour le vol à voile (aéroclub). La commune est connue pour ses productions de truffes. Elle a eu 1 600 hab. au début du 19e s., 800 à la fin, 470 seulement en 1962 et a crû légèrement ensuite; elle a gagné une centaine d'habitants de 1999 à 2004, et enregistre 170 résidences secondaires.

Roumoules (640 Roumoulins, 2 604 ha dont 289 de bois) 4 km à l'est de Riez dans la vallée du Colostre à 600 m, qui fut jadis castri Romulus, est sans doute issue d'un domaine gallo-romain; fontaine-buffet de 1895, château de Campagne des 17e-18e s. à l'ouest dans la vallée. Le château Saint-Martin à l'est est ce qui reste d'une paroisse Saint-Martin-le-Rimet absorbée dans les années 1790. La population communale a varié entre 600 hab. au début du 19e s. et 160 hab. en 1962; elle a fortement repris depuis, gagnant encore 85 hab. de 1999 à 2005.

Allemagne-en-Provence (380 Allemagniens, 3 299 ha dont 1 826 de bois), 8 km au SO de Riez sur la rive gauche du Colostre à 420 m, s'orne du grand château renaissance de Castellane (16e s.) avec jardins et un puissant donjon carré à créneaux; coopérative de lavande, maison de produits du pays sous l'égide du Parc du Verdon. Le nom était simplement Allemagne jusqu'en 1953; la commune n'avait que 215 hab. en 1962 et s'est accrue de 100 hab. entre 1999 et 2006; elle a 150 résidences secondaires.

Montagnac-Montpezat (330 Montagnacais, 3 418 ha dont 1 400 de bois) est à 5 km au sud de Riez, à 600 m; vestiges d'un château, cultures de truffes avec marchés en janvier. La commune, qui a 340 résidences secondaires, et qui a gagné 70 hab. de 1999 à 2005, est issue d'une fusion de 1973. Montagnac est sur le plateau, près des ruines d'un château des 12e-15e s., et Montpezat, qui était presque déserte au moment de la fusion, est sur une butte au pied du talus bordier, près du plan d'eau du lac de Quinson. Au sud, la commune dévale le talus du plateau de Valensole et atteint 200 m plus bas le cours du Verdon; elle englobe la plus grande partie de la retenue du barrage de Quinson.

Trois autres communes sont riveraines du Verdon. Sainte-Croix-du-Verdon (100 Saint-Cruxiens, 1 370 ha dont 484 de bois), 10 km SSE de Riez, se nommait Sainte-Croix-de-Verdon avant 2005; elle gagne des habitants depuis le minimum de 1975 (60 hab.), dont une quarantaine de 1999 à 2004, et y ajoute 200 résidences secondaires. Le village est juché à 513 m sur un accident du talus du plateau un peu au-dessus du grand lac de Sainte-Croix, dont le barrage, haut de 93 m, est à la limite sud de la commune; achevé en 1974, il retient un lac de 2 180 ha accumulant 761 Mm3 d'eau, dont 140 sont réservés aux usages agricoles; il est équipé d'une centrale de 50 MW qui peut aussi pomper l'eau du lac de Quinson en cas de besoin.

Saint-Laurent-du-Verdon (80 Saint-Laurennais, 889 ha dont 300 de bois) est à 13 km au sud de Riez, à 468 m, sur un replat entre le plateau de Valensole et le cours encaissé du Verdon, rehaussé par le barrage de Quinson mais qui ne s'épanouit en lac qu'en amont des gorges, dans le finage de Montagnac-Montpezat. La commune a un château du 17e s., quadrangulaire à tours d'angle avec parc; centre naturiste, une centaine de résidences secondaires.

Quinson (350 Quinsonnais, 2 811 ha dont 1 200 de bois) est à 20 km au SO de Riez, à 380 m; c'est une «station verte de vacances» avec des restes d'enceinte et de tours, ruelles et passages voûtés. Le village est au milieu d'un étroit et long fossé tectonique d'axe nord-sud, encaissé dans le plateau calcaire au sud de celui de Valensole, et traversé par le Verdon. Le barrage, de 44 m de haut, achevé en 1974, est à l'entrée du Verdon dans ce fossé et sa retenue, de 191 ha et 19 Mm3, va jusqu'au pied du barrage de Sainte-Croix, auquel elle sert de bassin de compensation; la centrale électrique a une puissance de 40 MW. Après avoir traversé le fossé, le Verdon s'enfonce en gorge dans le plateau encaissant, commençant ainsi les «Basses Gorges du Verdon», où sont plusieurs sites d'escalade. Les grottes de la Baume Bonne, riches en restes préhistoriques, s'ouvrent sur le plateau au sud du Verdon, dans le Bois de la Roquette; un musée de préhistoire modelé par Norman Foster s'est ouvert à Quinson, qui a aussi une coopérative vinicole; la commune cultive 87 ha de vignes. Quinson a eu 1 000 hab. en 1866, 220 au minimum de 1962; elle affiche 200 résidences secondaires.

Enfin Esparron-de-Verdon (310 Esparronnais, 3 420 ha dont 1 600 de bois) est à 25 km au SO de Riez, et à 13 km à l'est de Gréoux-les-Bains par la route (7 à vol d'oiseau), au bord du lac d'Esparron que retient, à la limite occidentale de la commune et du canton, le barrage-poids de Gréoux. Le barrage, achevé en 1967 et haut de 54 m, retient un lac de 330 ha et 78 Mm3, qui se prolonge au fond des Basses Gorges. Esparron est un beau village à maisons anciennes des 16e et 17e s.; château du 13e et du 16e s. à donjon crénelé, écomusée de la Vie d'antan, club nautique. Esparron avait plus de 500 hab. au début du 19e s., et seulement 80 en 1968; sa population croît depuis. Elle a absorbé la petite commune d'Albiosc en 1973, qui avait 20 hab. alors et en a eu le double en 1999. La commune a encore gagné 115 hab. de 1999 à 2007, soit +37%. Elle a aussi 300 résidences secondaires.