Canton de Volonne

Volonne

1 500 hab. (Volonnais), 2 641 ha dont 1 230 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-de-Haute-Provence dans l'arrondissement de Forcalquier, 37 km au NE de celle-ci à 440 m. Le village est sur la rive gauche de la Durance au bord du grand lac de retenue du barrage de L'Escale, traversé par un pont. Restes de remparts, de tours et d'aqueduc, château du 17e s., fêtes médiévales d'été et festival du livre en octobre. Le finage atteint au nord le confluent de la Durance avec le Jabron (oriental) et le Vançon, et monte vers l'est, atteignant 1 182 m au Pied Gros; ancien prieuré de Taravon au nord. La commune a eu plus de 1 200 hab. dans les années 1840, 630 en 1931 et croît depuis; elle a gagné 110 hab. de 1999 à 2006.

Le canton a 10 400 hab., 9 communes, 15 855 ha dont 6 933 de bois. Le village de L'Escale (1 200 Escalais, 2 036 ha dont 540 de bois), à 475 m, ancien relais routier, est riche en ruelles et passages voûtés. Il est à 4 km au sud de Volonne devant le barrage, d'où part sur la même rive gauche le canal d'Oraison. La commune atteint au sud le cours de la Bléone et son confluent avec la Durance, et monte à 1 090 m à l'est.

Au nord de Volonne du même côté, Sourribes (140 Sourribois, 1 975 ha dont 1 321 de bois) est un petit village au bord du Vançon, à 420 m, et son finage s'élève vers l'est sous la forêt domaniale du Vançon, jusqu'au signal de Vaumuse (1 435 m), qui domine le village ruiné de Beaudument; le village a 170 hab. en 2004. Salignac (410 Salignacais, 1 442 ha dont 450 de bois) est un peu plus au nord, entre Durance et Jabron, à 436 m, et a une usine hydroélectrique sur un bief du canal de la Durance. La commune a eu 700 hab. en 1841, moins de 130 en 1968; elle est le siège de la communauté de communes Lure-Vançon-Durance, qui groupe 5 communes (1 700 hab.).

Quatre communes sont à l'ouest de la Durance; Peipin (1 100 Peipinois, 1 315 ha dont 642 de bois) est en face de Salignac, à 8 km au NO de Volonne à 456 m. La Durance à son entrée rase les reliefs de rive droite devant le hameau des Bons Enfants, où est un pont médiéval et où elle reçoit en clue le Jabron occidental. Le haut versant monte jusqu'au crêt semi-circulaire qui encadre la combe de Valbelle et y atteint 1 257 m. Peipin s'étage sur une butte couronnée par des ruines d'un ancien château seigneurial et a été équipée dans la plaine d'un centre commercial avec Intermarché (80 sal.), Bricomarché (20 sal.); travaux publics Gardiol (100 sal.). La commune n'avait que 210 hab. en 1936, 290 en 1962 (contre 500 en 1856) et sa population croît sensiblement depuis; elle a gagné 130 hab. de 1999 à 2006.

Aubignosc (440 Aubignoscais, 1 474 ha dont 734 de bois), à 450 m, est sa voisine du sud; un vieux village ruiné se perche au-dessus du petit village actuel; le finage va également de la Durance au crêt qui prolonge la montagne de Lure; échangeur A 51-N 96 au bord de la rivière, coopérative céréalière, nouveaux lotissements. Aubignosc n'avait que 170 hab. en 1962.

Château-Arnoux-Saint-Auban lui fait suite en bord de Durance, séparant de celle-ci le finage où Châteauneuf-Val-Saint-Donat (350 Chabannais, 2 110 ha dont 454 de bois, à 464 m), qui n'avait que 140 hab. autour de 1970, disperse ses maisons, ses bories et ses petits hameaux. Le centre villageois reste en hauteur sur le flanc oriental de la Montagne de Lure, où le finage grimpe à 1 500 m près du Pas de Jean Richaud; chapelle du 12e s. et ruines du vieux village à l'est; la commune s'est nommée Beau-Vent-de-Lure en 1792. Elle a gagné 160 hab. de 1999 à 2006 (+45%).

Enfin Montfort (390 Montfortains, 1 208 ha dont 715 de bois), juste au sud de Château-Arnoux et à 5 km au NE de Peyruis, à 500 m, est un village perché au sein d'un finage contourné qui comprend une fraction de la plaine de la Durance et les hauteurs boisées qui entourent à l'ouest la chapelle classée Saint-Donat; celle-ci, du roman primitif (début du 11e s.), serait la plus ancienne de Provence. Montfort a un institut médico-éducatif.


Château-Arnoux-Saint-Auban

5 100 hab. (Jarlandins), 1 834 ha dont 847 de bois, commune des Alpes-de-Haute-Provence dans le canton de Volonne, à 440 m. Le gentilé viendrait d'une ancienne fabrication de jarres. La commune s'est surtout signalée par l'industrie chimique de son quartier méridional de Saint-Auban. Arkema y est l'héririère d'une fabrique de chlore installée par l'armée en 1915 dans la plaine de la Durance, en vue de la fabrication de gaz toxiques. L'usine a été ensuite reconvertie en plusieurs activités d'électrolyse (produits chlorés et même aluminium), est passée par divers groupes dont Pechiney, Rhône-Poulenc et Elf, et a culminé à 2 200 salariés en 1972 avant de subir plusieurs crises, la dernière grave en 2005, réduisant l'effectif à 360 personnes, et sa fermeture est souvent envisagée; elle fabrique des solvants chlorés et du chlorure de vinyle à partir de sel venant de Salins-de-Giraud. Une usine de silicium (Silpro) pour panneaux photovoltaïques doit être implantée sur le même site par les sociétés Econcern (néerlandais), Photon Power (britannique) et Norsun (norvégien), pour environ 250 emplois, avec une aide européenne.

La ville a aussi une imprimerie Vial (20 sal.), des chaudronneries Fredlander (50 sal.) et Camom (20 sal.); installations électriques Segip (40 sal.), traitement des eaux usées Savac (40 sal.), supermarché Casino (30 sal.). La commune a un collège public, un centre médico-psychique, quatre centres d'aide par le travail et deux instituts médico-éducatifs. Le vieux village est presque face à Volonne, un peu en aval sur la rive droite de la Durance, maintenant élargie en lac par le barrage de L'Escale. Un gros château du 16e s. à deux tours rondes et deux carrées abrite la mairie; il est flanqué d'un parc paysager et d'une ancienne ferme; ruines d'un prieuré. La commune accueille des Rencontres de photo, d'arts plastiques, de jazz. Saint-Auban est la ville nouvelle au sud, dont le développement fut lié à celui de l'usine chimique; de ce fait, le nom de la commune s'est augmenté de celui de Saint-Auban en 1991.

Sur les hauteurs à l'ouest, une chapelle et une tour ruinées, toutes deux au nom de Saint-Jean, offrent de beaux points de vue. L'A 51 contourne la ville par l'ouest, ses échangeurs étant dans les communes voisines au nord comme au sud; gare avec bifurcation ferroviaire vers Digne et le chemin de fer de Provence aérodrome avec deux pistes engazonnées de 1 200 et 1 000 m, un aéroclub et le Centre national de vol à voile. La population de la commune était d'environ 600 hab. au 19e s. et a dépassé les 2 000 dès 1926, puis culminé à 6 500 en 1968; il a baissé jusqu'en 1999 où il est passé au-dessous de 5 000 (sdc), puis a regagné 170 hab. de 1999 à 2007. La ville est le siège de la communauté de communes de la Moyenne Durance, groupement intercommunal des Alpes-de-Haute-Provence formé par 7 communes (12 700 hab.).