Canton de Serres

Serres

1 200 hab., 1 857 ha dont 710 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Alpes dans l'arrondissement de Gap, à 42 km OSO de la préfecture. Le village se tient au carrefour des routes de Grenoble à Sisteron (N 75 ou route Napoléon) et de Gap à Nyons et Orange, à 680 m d'altitude. Il est au bord du Buëch, juste à sa sortie de la cluse étroite par laquelle il tranche le crêt d'Arambre-Agnielle. Le sommet d'Arambre est à 1 434 m à l'est de Serres, l'Agnielle à 1 170 m au nord. Le finage s'étend assez loin vers l'ouest sur la Serre de la Bouisse, entouré de crêts qui dépassent 1 500 m. Au-dessus de Serres à l'ouest, la route de Nyons emprunte une étroite cluse tranchée entre les crêts de Saumane au nord et de l'Eyglière au sud.

Le bourg a un collège public, un centre d'aide par le travail, une maison de retraite Les Ophéliades (30 sal.). La population n'a pas beaucoup varié en deux siècles; elle avait atteint 1 200 hab. entre 1886 et 1911, n'était plus que de 890 hab. en 1954, a augmenté ensuite jusqu'en 1968 puis a fluctué au même niveau, avec une tendance à la croissance depuis 1990, gagnant une centaine d'habitants de 1999 à 2006. Serres est le siège de la communauté de communes du Serrois, qui réunit 11 communes et 2 200 hab. Le Serrois-Rosannais est également une «petite région agriole» de la nomenclature.

Le canton a 2 300 hab., 12 communes, 24 187 ha dont 9 440 de bois; il est traversé du nord au sud par le Buëch et structuré d'ouest en est par une série de crêts dans les terrains plissés prolongeant les Baronnies. À l'extrême sud-est, le finage de Saint-Genis (50 hab., 1 832 ha dont 1 120 de bois) occupe ainsi la carène d'un beau synclinal perché et boisé dont le crêt, fermé à l'est, forme la montagne de Saint-Genis et monte à 1 432 m au roc de l'Esculier. Le village se tient à l'extrémité occidentale, à 620 m d'altitude, dans un passage étroit nommé Porte Sereine; il est à 9 km SSE de Serres et à 2 km du Buëch; un lac de rétention contribue à réguler les débits des eaux.

Savournon (210 hab., 3 923 ha dont 1 003 de bois), au contraire, à 8 km ESE de Serres à 700 m, se tient au milieu d'une large dépression de terres noires jurassiques correspondant à l'évidement en combe d'un large dôme. La plaine est dominée au sud par la montagne de Saint-Genis, à l'ouest par le crêt d'Arambre, à l'est par le le crêt de la montagne d'Aujour, qui monte à 1 834 m. La commune a eu 700 hab. au début du 19e s., moins de 150 au creux de 1982. Juste à l'ouest, Le Bersac (130 hab., 802 ha), 5 km au sud-est de Serres au pied de l'Arambre, est à la tête d'une «station verte de vacances» du Serrois.

La Bâtie-Montsaléon (145 hab., 1 508 ha dont 614 de bois) est en amont du défilé de Serres, 4 km au nord-est à 760 m, dans le même évidement que Savournon et dans le site de confluence des deux Buëch et du Maraise. Les routes vers Gap et vers Grenoble en divergent, la première en suivant le Petit Buëch, la seconde le Grand Buëch. L'aérodrome de Serres a pu y prendre place; il est doté d'une piste de 650 m et très actif en vol à voile.

À l'ouest de Serres à 10 km sur la route de Nyons, L'Épine (160 hab., 3 347 ha dont 1 291 de bois) occupe à 840 m un ample berceau en forme de val synclinal d'axe ouest-est, dominé au nord-ouest par la montagne de Chauvet (1 405 m). Le contraste d'exposition des versants est ici souligné par le boisement de l'ubac. Le col de la Saulce (877 m), à l'ouest, marque la ligne de partage des eaux entre l'Eygues à l'ouest et le Buëch à l'est. La commune a eu plus de 600 hab. au début du 19e s., 140 en 1982.

L'extrémité occidentale du canton, au nord de L'Épine, est tenue par la commune de Montmorin (84 hab., 2 586 ha dont 1 156 de bois), à 825 m, dominée au nord par la montagne de Dindaret (1 528 m), au sud par la montagne de Maraysse (1 567 m) qui prolonge le crêt la Bouisse-Chauvet. La dépression entre ces deux reliefs est complexe mais principalement en position anticlinale. Le finage est drainé vers l'ouest par l'Oule et appartient ainsi au bassin de l'Eygues; le col d'Arron (1 445 m) le sépare à l'est du bassin du Buëch. Il n'est emprunté par aucune voie et Montmorin n'a donc pas de lien direct avec le chef-lieu de canton; il lui faut passer par L'Épine, que l'on n'atteint que par le col des Tourettes (1 126 m) à travers le crêt de Maraysse. La population est à son minimum; elle avait dépassé 750 hab. au début du 19e s.