Canton de Roquebillière

Roquebillière

1 500 hab. (Roquebilliérois), 2 592 ha dont 1 550 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes dans l'arrondissement de Nice, 58 km au nord de la préfecture, à 625 m. Le nom, assez répandu comme nom de lieu-dit dans le département, serait formé sur roche abillière, à abeilles. Le village est récent: situé près de la rive gauche du Boréon, il a remplacé un autre plus ancien en hauteur sur le versant d'en face, ruiné en 1926 par un glissement de terrain catastrophique, qui fit 28 victimes. Le finage, qui compte de nombreux hameaux et des maisons dispersées, s'étend surtout sur le côté droit de la vallée, à l'ouest, où il monte à 2 066 m à la Tête de Siruol. Il est sillonné de multiples routes vertigineuses sur des versants instables: la commune a été souvent affectée dans l'histoire par des séismes, des crues et des glissements de terrain, le sinistre de 1926 n'étant que le dernier d'une longue série.

Le territoire comprend aussi une annexe sur le côté gauche, au nord, autour de la station de Berthemont-les-Bains; les thermes de Berthemont proposent des eaux sulfureuses (rhumatologie et soins des voies respiratoires); ancienne piscine romaine avec grotte. La commune abrite un collège public et une Maison du département; maçonnerie Venturi (25 sal.), usine électrique. Elle avait 1 900 hab. entre 1836 et 1861. Sa population a diminué jusqu'à 1 100 hab. en 1954, puis a repris jusqu'en 1982; elle est restée étale ensuite, mais a finalement gagné 150 hab. de 1999 à 2007. Roquebillière a 330 résidences secondaires. Elle est le siège de la communauté de communes Vésubie-Mercantour, groupement intercommunal des Alpes-Maritimes rassemblant 5 communes et 3 600 hab.

Le canton a 2 400 hab., 3 communes, 13 690 ha dont 5 276 de bois. Très accidenté, il est principalement organisé par deux grands vallons. Le plus long est celui de la Gordolasque, torrent qui descend de la crête frontalière marquée par la Cime du Gelas (3 143 m), point culminant des Alpes-Maritimes, et le mont Clapier (3 045 m). Le cirque d'origine est orné par les deux grands lacs Long (2 110 m) et de la Fous (2 185 m), et le petit lac Niré (2 353 m); refuge de Nice (2 232 m), cascade de la Gordolasque à l'issue du cirque, centrale électrique un peu plus bas. La crête orientale domine la vallée des Merveilles, qui est dans la commune de Tende; la Cime du Diable (2 686 m) sert de point triple aux limites des cantons de Roquebillière, de Tende et de Breil-sur-Roya. Juste à l'ouest, la Gordolasque passe par la cascade et le pont du Roi, d'où une prise d'eau alimente une conduite souterraine qui traverse la cime de Montjoia (2 565 m) et aboutit à la centrale qui est à la limite sud de Saint-Martin-de-Vésubie.

De part et d'autre des gorges de la Gordolasque au-dessus du confluent avec le Boréon, les maisons de Roquebillière-le-Vieux forment, face à Roquebillière, le principal habitat de la commune de Belvédère (500 Belvédérois, 7 541 ha dont 2 008 de bois), à 830 m; son finage englobe tout le bassin de la Gordolasque et, au-delà de la crête de Bermonnet, tous les hauts versants du cirque voisin de Berthemont au nord. Une petit route remonte le torrent un peu au-delà du pont des Gravières à 1 710 m; ruines castrales, musée du lait dans une ancienne coopérative. La commune a eu 1 300 hab. en 1846, 430 en 1975; elle a gagné plus de 180 hab. entre 1999 et 2006 (+37%) et elle n'a pas moins de 700 résidences secondaires.

La Bollène-Vésubie (420 Bollénois, 3 557 ha dont 1 718 de bois) est la troisième commune du canton. Son finage occupe le bassin de la Planchette, torrent qui vient de l'est et descend de l'Authion (2 082 m). Ses deux versants sont très contrastés, l'adret étant nu et raide alors que la forêt de Turini couvre la large et complexe ombrée, où ont été tracées plusieurs routes ou pistes, dont la route qui franchit à 1 607 m le col de Turini en direction de Sospel. Le col et cette route sont le lieu de courses de côtes dont la «spéciale» du Rallye de Monte-Carlo, entre Bollène et Sospel (32 km).

Le village, de forme circulaire à l'origine, est perché à 650 m sur l'éperon de confluence qui domine la vallée du Boréon. Il fut victime de séismes, notamment en 1564; centre de vacances pour enfants, grand centre multimédia, musée d'entomologie, moulin à grains. La commune, jadis Bollena, a ajouté Vésubie à son nom en 1908; sa population a varié entre un maximum de 800 hab. en 1866 et un minimum de 240 autour de 1970; elle a gagné 145 hab. de 1999 à 2006 (+35%); elle compte 320 résidences secondaires. À la limite orientale du territoire s'est équipée la station de sports d'hiver de Turini-Camp d'Argent, partagée avec Moulinet, qui offre cinq pistes et quatre téléskis, plus 15 km de pistes de ski nordique.