Canton de Saint-Étienne-de-Tinée

Saint-Étienne-de-Tinée

1 700 hab. (Stéphanois) dont 160 à part, 17 381 ha dont 5 000 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes dans l'arrondissement de Nice, 92 km au NNO de la préfecture. Le village est à 1 140 m, au fond de la vallée de la Tinée à l'endroit où se rassemblent les eaux des principaux torrents. La commune a plusieurs chapelles dont une du 13e s., un ancien couvent des trinitaires, plusieurs musées: des arts et traditions, de l'art sacré, du lait, de l'école. Elle dispose d'un collège public et d'un hôpital local (4 lits médicaux, 80 en tout); Maison du Parc, téléphérique vers la Cime de la Pinatelle (1801 m) juste au sud-ouest du village.

La commune est très étendue; son finage atteint au nord-est le mont Ténibre (3 031 m) et va à l'extrême nord jusqu'au Rocher des Trois Évêques, pointe septentrionale du département, près duquel le GR 5-56 franchit le Pas de la Cavale (2 671 m) vers le vallon de l'Ubayette et l'Ubaye. De nombreux lacs ornent les reliefs de la crête frontalière: du Morgon (2 427 m) et de Vens (cinq lacs de 2 100 à 2 300 m) au nord, où est construit le refuge de Vens à 2 380 m; Marie (2 521 m), de Ténibre (2 583 m), Fer au pied du Ténibre (2 541 m); de Rabuons (2 523 m) avec refuge et, au-dessus, de Chaffour (2 621 m) au sud-est du Ténibre mais hors du Parc national. Le versant droit de la Tinée est en ombrée, et boisé. À l'ouest du bourg débouche le grand vallon drainé par l'Ardon et dont la partie supérieure porte le nom de Vallon de Demandols, issu de la Cime de Pal (2 818 m) et inclus dans le Parc national comme toute la crête méridionale; quelques remontées mécaniques sont en ubac, sur les pentes de la Bercha.

Au sud du bourg, le village d'Auron est perché à mi-pente au creux d'un autre vallon qui rejoint la Tinée par le ravin d'Auron; de la partent les nombreuses remontées mécaniques de la station de ski d'Auron, créée en 1937, qui vont jusqu'à las Donnas (2 474 m, belvédère). Les 42 pistes sont desservies par 21 remontées mécaniques gérées par la Société d'économie mixte des Cimes du Mercantour (35 sal.). Plus au sud, la commune possède le versant d'adret du vallon de Roya; le hameau de Roya, tout au fond, est traversé par le GR 5 et atteint par une petite route de 7 km qui part du hameau du Bourguet, au pied d'Auron et à 6 km au SE du bourg. En amont de Roya se voit le Trou des Corneilles, arche d'un pont naturel. Le versant d'en face, côté sud et exposé au nord, appartient à la commune de Péone.

Saint-Étienne, nommée «de Tinée» en 1889, a eu un premier maximum de population à 2 300 hab. en 1836, un second en 1990 à 1 800 hab. après un creux à 1 500 dans les années 1950 et 1960; sa population baisse nettement depuis et, fait exceptionnel, a perdu 200 hab. de 1999 à 2006. Mais la commune n'a pas moins de 3 100 résidences secondaires, surtout grâce à Auron.

Le canton a 2 200 hab., 3 communes, 35 282 ha dont 10 845 de bois. Il s'étend sur 35 km du NO au SE le long de la frontière d'Italie et englobe le haut bassin de la Tinée. Saint-Dalmas-le-Selvage (120 Sandalmassiens, 8 103 ha dont 1 345 de bois) est la commune la plus en amont, à 1 480 m, sous la Cime de la Bonette (2 860 m); le Selvage est équivalent de «la Forêt». Elle a eu près de 800 hab. au début du 19e s., et reste au-dessous de 150 depuis 1976; elle enregistre 430 résidences secondaires. La route qui joint la Tinée à l'Ubaye remonte la Tinée jusqu'au refuge de Boussiéyas (1 950 m), dans le hameau le plus élevé du département, qui eut jusqu'à une centaine d'habitants mais a été définitivement abandonné en 1964; de là, elle se hisse en lacets jusqu'aux cols de Raspaillon (2 513 m) et de la Bonette (2 715 m); table d'orientation du col, à 2 862 m.

Mais le village est à l'écart, au bout du vallon affluent de Saint-Dalmas, à la confluence des torrents de Sestrière et de Jalorgue dont il est issu. Une petite route (D 63) remonte les vallons de Saint-Dalmas et de Sestrière, jusqu'au col de la Moutière à l'ouest de la Cime de la Bonette, permettant de rejoindre à l'est la route principale par le col de Restefond, à gauche la vallée du Bachelard à Uvernet-Fours; refuge de Sestrière à 2 000 m. Au sud-ouest, la crête culmine à 2 916 m à la Côte de l'Âne. La plus grande partie du finage est dans le Parc national du Mercantour. Elle contient plusieurs ouvrages défensifs de la fin du 19e s. et du début du 20e s., et l'ancienne caserne du camp des Fourches; site de ski nordique (17 km) et ski de randonnée.

La partie orientale du canton relève de la commune d'Isola (540 Isoliens, 9 798 ha dont 4 500 de bois). Son finage est formé par une partie de la vallée de la Tinée et, à l'est, par le bassin de son affluent le torrent de la Guerche, qui porte le nom de vallée de Chastillon. Le village d'Isola, à 870 m, est au confluent; il a un clocher-tour roman du 12e s., un écomusée avec ancien four communal; cascade de Louch, lac sur la Tinée d'où part une conduite souterraine vers l'usine de Valabre à Saint-Sauveur-sur-Tinée. À l'angle oriental du finage, le relief culmine à 2 938 m à la pointe de Malinvern, qui domine les lacs de Terre Rouge (2 452 m au lac supérieur).

C'est sur le versant d'ombrée que s'est développée depuis le début des années 1970 la station de sports d'hiver Isola 2000, gérée par la Sem des Cimes du Mercantour (30 sal.) et dotée de 45 pistes et 22 remontées mécaniques dont un funiculaire; elle est assortie de nombreuses activités annexes (héliport, conduite sur glace, etc.), d'un terrain de golf, d'une Maison de la Nature et du refuge de Chastillon (2 046 m).

La route monte sur 13 km depuis Isola, puis grimpe vers le nord sur 5 km jusqu'au col de la Lombarde (2 350 m) où elle entre en Italie avant d'aboutir à Vinadio dans la vallée de la Stura. Plusieurs ouvrages défensifs du début du 20e s. surveillaient les crêtes. La commune a eu plus de 1 100 hab. entre 1830 et 1880, 220 seulement en 1968, sauf sous-estimation du recensement, qui accordait à la commune 340 et 390 hab. en 1962 et 1975; elle a dépassé à nouveau 500 hab. en 1982 et reste à ce niveau. Mais elle a aussi 2 700 résidences secondaires en 2004, contre 770 en 1999, ce qui souligne son développement récent. Isola est le siège de la communauté de communes des Stations du Mercantour, groupement intercommunal des Alpes-Maritimes réunissant les trois communes du canton.