Cantons d'Antibes

Antibes

73 400 hab. (Antibois) dont 1 000 à part, 2 648 ha, chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes dans l'arrondissement de Grasse, 24 km au sud-est de Grasse sur la côte. La ville est issue d'une fondation grecque du 4e s. avant notre ère, sous le nom d'Antipolis, c'est-à-dire la ville d'en face - par rapport à la Corse sans doute puisque Nice a été fondée ultérieurement. Antibes fut évêché du 4e s. de notre ère au 13e s.; place forte, elle fut rachetée en 1608 par Henri IV aux Grimaldi et ses fortifications furent parachevées par Vauban.

Elle est établie sur la superbe presqu'île du cap d'Antibes, découpée en une série de promontoires, de baies et de plages. La commune a eu environ 6 000 hab. de 1840 à 1880; puis sa population a sensiblement augmenté à la fin du 19e s., atteignant 10 000 hab. en 1900; elle est montée à plus de 20 000 en 1926, 27 000 en 1954 et s'est fortement accrue ensuite, outrepassant les 50 000 hab. vers 1970, puis 70 000 en 1990; elle n'évolue que peu depuis, mais l'estimation pour 2005 est de 75 000 hab. Antibes comptait aussi 16 000 résidences secondaires en 1999.

Le centre-ville est au nord-est de la presqu'île, bordé à l'est par la côte rocheuse du la promenade Amiral de Grasse qui longe l'anse de la Salis, et au nord par le Vieux Port et le vaste port de plaisance Vauban (2 000 places). Il inclut le musée de la Tour (arts et traditions), le musée Picasso dans l'ancien château Grimaldi et le musée Peynet, et s'achève au sud par le musée archéologique, le jardin Albert-Ier et le vieux quartier du Safranier. La façade occidentale donne sur le golfe Juan où s'étale le front de mer de Juan-les-Pins, investi à partir de 1882 et qui concentre la grande urbanisation balnéaire. La villa Eilen Roc, construite en 1867 pour un riche hollandais et dotée d'un beau jardin, est devenue propriété municipale et lieu de réception. Entre Juan-les-Pins et Golfe Juan prend place la nouvelle urbanisation d'Antibes-les-Pins, qui inclut le parc Exflora sur 5 ha, créé en 1991 et orné de fabriques, mais déjà dégradé et qui doit être rénové.

Juan-les-Pins est suivi au sud par les ports de plaisance Port Gallice (540 places) et port du Crouton (390 places), sous le jardin botanique Thuret, puis par le port de l'Olivette réservé aux barques locales, le fort du Graillon qui abrite le musée naval et napoléonien, le phare du cap et l'hôtel Eden Roc (120 chambres), construit en 1870, qui dispose d'un parc de 10 ha et emploie 130 personnes. La pointe de l'Islette se termine au cap d'Antibes et ferme à l'ouest l'anse de l'Argent-Faux; ironiquement, ce nom fut un temps associé au scandale immobilier qu'avait représenté la construction d'une énorme villa en partie souterraine et peu visible de l'extérieur, entreprise par le promoteur Christian Pellerin au mépris de toute réglementation et qui dut être démolie en 2002.

L'extrémité de la péninsule à l'est du cap est armée par la colline de la Garoupe, qui porte le château de la Croé et se termine à l'est au cap Gros. Sur la côte orientale se succèdent du sud au nord la petite rade bordée par la plage de la Garoupe, la pointe Bacon dominée par le phare et le sanctuaire de la Garoupe, le port de la Salis (230 places) et la longue plage de la Salis, puis l'ancien centre-ville.

Au-delà du port Vauban, le fort Carré (1585, révisé par Vauban) campe sur une petite avancée rocheuse et propose un musée. Plus au nord est la plaine des Bréguières et, au-delà de l'embouchure de la Brague, la plaine de la Brague, en partie boisée, qui accueille des terrains de camping et un parc de loisirs avec zoo marin (Marineland), un parc aquatique (Aqua-Splash), un jardin exotique (la Jungle des papillons); on visite aussi les jardins de la Bastide du Roy.

Le territoire communal s'étend à l'intérieur sur une profondeur de 5 km, entre Vallauris et Biot; il inclut au nord-est le terrain de golf de Biot. Au nord, la commune abrite un énorme échangeur autoroutier qui assure la communication avec la ville et avec le parc technologique Sophia-Antipolis. Le finage atteint la vallée encaissée de la Valmasque, petit affluent de la Brague. Il dépasse un peu l'autoroute vers le nord, dans le quartier des Trois Moulins du parc, dit aussi Super-Antibes, flanqué à l'ouest par une partie du parc Sophia-Antipolis, dont un lycée professionnel. Le territoire communal va assez loin au nord-ouest, incluant une partie des urbanisations des Semboules au-delà du vallon des Eucalyptus, tapissé de villas et jardins.

Antibes fait partie des villes fleuries (4 fleurs); elle a 5 collèges publics et 3 privés, 4 lycées publics dont un professionnel, plus le lycée agricole départemental, avec centre de formation d'adultes et exploitations horticoles un centre hospitalier de 320 lits médicaux (520 en tout), clinique Wilson (55 sal., 50 lits), maison de repos et convalescence Montsinery (55 sal.), maisons de retraite du centre hospitalier (80 places) du château de la Brague (30 sal.), institut médico-éducatif. Elle organise un festival annuel de jazz, un festival des Arts Sacrés, un festival mondial de photographie sous-marine et propose cinq musées: Picasso, Peynet, Naval, Napoléon, d'histoire et d'archéologie et le muséum de la Tour.

Le casino La Siesta (groupe Miliflor, 14e de France) emploie 110 salariés, le parc Marineland 240 sal.; hôtellerie et thalassothérapie Thalazur (45 et 40 sal.), résidence touristique le Galion (40 sal.). À Juan-les-Pins s'y ajoutent le casino Eden Beach (140 sal., groupe Partouche, 41e de France), les résidences de tourisme France Location (45 sal.) et les Strelitzias (45 sal.), les hôtels Ambassadeur (100 sal.), Garden Beach (60 sal.), Belles Rives (40 sal.) et Antibes Orotecton (35 sal.), une autre maison de retraite (25 sal.).

La commune a surtout des emplois tertiaires: télévision France 3 (85 sal.) et Sncf (55 sal.), hypermarché Carrefour (900 sal.) et supermarchés Champion (80 sal.), Casino (100, 50 et 40 sal.), Somahard (45 sal.), Intermarché (30 sal.), Leader Price (30 sal.), magasins Decathlon (95 et 90 sal.), Conforama (55 sal.), Jardineries et Paysages (40 sal.); négoce de boissons Elidis (55 sal.), brasseries Mauro (50 sal.) et Gilardi (45 sal.). Les principaux ateliers sont les fabriques de bijoux et d'articles fantaisie Réminiscence (50 sal.), de boulangerie Creilloise (50 sal.), de matériel de plongée Scubapro Uwatec (30 sal.), de matériel de protection Chubb (30 sal.), Méditerranée Cloisons (30 sal.), le découpage Metalis (30 sal.), les meubles Sandimo (25 sal.). Les services portuaires du Port Vauban emploient 45 sal.; installations électriques Graniou (100 sal.), Picon (40 sal.) et Montelec (35 sal.), constructions navales Technic Marine (35 sal.), gardiennage Générale de Protection (40 sal.) et Pac Sécurité (30 sal.), travaux publics Gagnereau (80 sal.).

Dans le quartier des Trois-Moulins du Parc Sophia-Antipolis s'y ajoutent l'usine de petit matériel électrique Legrand (650 sal.), le laboratoire Genévrier (pharmacie, 215 sal.), les amortisseurs d'automobiles Record (120 sal.), les informaticiens Stmag (60 sal.) et Cylande (30 sal.), ainsi que le lycée Vinci (210 sal.), les services du Patrimoine de la Mairie (110 sal.), l'Adapei (handicapés, 65 sal.) et un centre de formation du bâtiment (55 sal.). Le maire est Jean Léonetti, député UMP et également président de la communauté d'agglomération de Sophia-Antipolis. La commune a été divisée en 2 cantons en 1973, puis 3 en 1985, dont l'un a Vallauris pour chef-lieu; un autre (Antibes-Biot) inclut la commune de Biot. Ils totalisent 97 600 hab. et 5 506 ha dont 886 de bois.


Biot

7 500 hab. (Biotois), 1 554 ha dont 850 de bois, commune des Alpes-Maritimes dans le canton d'Antibes-Biot, au nord d'Antibes. Le village originel est sur un éperon de relief à 3 km de la mer, entre la vallée de la Brague et le vallon des Combes. C'est un bel ensemble provençal, «village pittoresque des Alpes-Maritimes» avec sa place des Arcades, un campanile du 15e s., des maisons anciennes et des portes médiévales. Il a attiré artistes et vedettes et obtenu les labels «Ville et métiers d'art» et «Plus beaux détours». Il offre aussi un monument romain et le jardin de la Chèvre d'Or, les jardins Frédéric Mistral et de la Bastide du Roy, la maison de l'Artisanat et des métiers d'art, le musée national Fernand Léger, des musées d'histoire et céramique, du bonsaï, écomusée du verre. Biot a comme Vallauris une tradition de poterie et y a ajouté une spécialité de verre soufflé depuis la création de la Verrerie de Biot par Éloi Monod en 1956, qui emploie actuellement 40 personnes. La ville entretient des fêtes et des festivals de musique; elle dispose d'un collège public et d'un institut médico-éducatif (80 sal.).

Mais le territoire de Biot ne va pas jusqu'à la mer, dont il est séparé par ceux d'Antibes et de Villeneuve-Loubet. L'habitat s'est développé dans la plaine de la Brague au sud-est, et dans les collines au nord du village. Puis il s'est étendu par lotissements au nord-ouest (les Issarts, les Soullières, Tamarin). Le finage a aussi plusieurs châteaux, dont Funel (19e s.), et une maison de retraite (Le Clos, 20 sal.); le golf de Biot est à la limite de la commune mais sur le territoire d'Antibes.

Vers l'ouest, Biot a une partie du parc d'activité de Sophia-Antipolis, dans le quartier des Boulides qu'elle partage avec Valbonne, et dans le quartier des Templiers. Les principales entreprises sont en pharmacie les médicaments Galderma R&D (360 sal.) et Boiron (35 sal.), bases pharmaceutiques Seporga (groupe Dermscan, 35 sal.); en électronique, ASK (110 sal.), Wipro-New Logic (65 sal.); en informatique, Hewlett Packard (360 sal.), Sogeti (170 sal.), Société européeenne de cardiologie (110 sal., banque de données), Siemens Vdo Automobile (100 sal., logiciels pour l'automobile), Alter (80 sal.), Transiciel (55 sal.), Ulticom (45 sal.), Axylog (45 sal.), Eurogiciel (35 sal.), Cisco (35 sal.), Compass (30 sal.), ingénierie Kappa 30.

On y trouve aussi l'Institut national de la recherche agronomique (Inra, 230 sal.), un Iut-Iup de l'Université de Nice (50 sal.) et l'École supérieure des sciences informatiques de la même université (55 sal.), le Pan European Travel Center d'American Express (voyages d'affaires, 250 sal.), l'organisateur de foires et salons LSO (75 sal.); gestion comptable Ernst & Young (50 sal.); fabrique d'appareils de loisirs Laporte Ball Trap (35 sal.), confection Chacok (35 sal.); négoce Diffusion Electro-Musical (Dem, 50 sal.), transports Flytrans (30 sal.), service des eaux (Générale des Eaux, 80 sal.).

La population communale est restée autour de 1 200 hab. du début du 19e s. aux années 1940; elle augmente depuis. Elle a passé les 3 000 hab. en 1978, les 5 000 en 1988, et a encore gagné près de 1 600 hab. de 1999 à 2007, atteignant les 9 000 habitants. Biot enregistre 360 résidences secondaires, ce qui est peu par rapport à la plupart de ses voisines.