Canton de Satillieu

Satillieu

1 600 hab. (Satilliens), 3 282 ha dont 2 000 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Ardèche dans l'arrondissement de Tournon-sur-Rhône, 23 km ONO de Tournon et 14 km SSO d'Annonay, à 476 m. Le village, assez riche en maisons anciennes, «station verte de vacances», est sur la rive gauche de l'Ay et a eu quelques ateliers textiles, mais est surtout un centre de services. Son territoire occupe tout le haut bassin de l'Ay, dont on sort par les petits cols routiers de Faux (1 021 m) et Marchand (903 m). Au nord, il monte jusqu'à la serre qui domine la Vocance (1 191 m au suc de Vent). Le bourg a un collège privé, un gros hôtel-restaurant (La Gentilhommière, 20 sal.). Sa population s'est maintenue au-dessus de 2 000 hab. de 1800 à 1962, atteignant 2 500 en 1881, puis s'est abaissée récemment avant de se stabiliser exactement entre 1999 et 2004. Il est le siège de la communauté de communes du Val d'Ay, qui correspond au canton.

Le canton a 7 100 hab., 10 communes, 17 233 ha dont 7 574 de bois; il s'étire d'ouest en est, de la limite de la Haute-Loire aux abords du Rhône sur l'interfluve entre Cance et Ay, tout près de Sarras. Sur le bas plateau, Quintenas (1 300 Quintenassiens, 1 400 ha dont 201 de bois), 9 km NE du chef-lieu, a une église romane du 12e s. fortifiée au 14e, et plusieurs maisons fortes, anciennes fermes. La commune n'avait que 750 hab. en 1962 contre 1 200 un siècle avant, mais se repeuple depuis; elle a gagné une centaine d'habitants de 1999 à 2006. Ardoix (790 Ardoisiens, 1 215 ha dont 350 de bois), 5 km plus à l'est, conserve deux ateliers de textile, les Tissages d'Ardoix (100 sal., groupe Chamatex) et l'ennoblissement textile Talys (Teintures de l'Ay, 20 sal.); la maison forte de Munas se voit au SO du village, au-dessus de l'Ay. Ardoix n'avait que 510 hab. en 1962 et a gagné 170 hab. de 1999 à 2005, soit 22%.

Saint-Alban-d'Ay (1 100 hab., 2 373 ha dont 954 de bois), 6 km NNE de Satillieu à 500 m, est au pied des reliefs; le territoire communal atteint l'Ay à 3 km au sud du village. Il a contenu 1 400 hab. en 1851, 740 seulement en 1968, et se peuple depuis; elle a gagné 150 hab. de 1999 à 2007. Le hameau de Bécuze, au SO de celui-ci, semble bien avoir été le lieu d'introduction de la pomme de terre en France, vers 1540, de la part d'un moine franciscain originaire du lieu, revenu très âgé dans sa ferme natale depuis Tolède avec des plants importés d'Amérique; on la nomma ici la truffole (et truffo dans toute l'Occitanie), apparemment par assimilation entre trifolas (la plante à trois feuilles) et l'aspect vague de truffe qu'avait l'étrange objet. Pour Olivier de Serres, «cet arbuste dit cartoufle porte fruits de même nom semblables à truffes et par d'aucuns ainsi appellés» - les Allemands en tirèrent Kartoffel.

Saint-Symphorien-de-Mahun (130 Symphoriennais, 1 932 ha dont 1 224 de bois) est un village de montagne à 7 km NO de Satillieu dans le vallon affluent du Nand, à 675 m; il a eu près de 1 000 hab. au milieu du 19e s. Au sud du village, il conserve la maison forte de l'Hermuzière et l'église romane de Veyrines à chapiteaux sculptés, issue d'un prieuré bénédictin. Lalouvesc (500 Louvetous, 1 053 ha dont 600 de bois) est sur les hauteurs à 11 km OSO de Satillieu par la route (7 à vol d'oiseau), à 1 050 m. Elle a consacré un pèlerinage, une basilique de 1877, puis un musée, à saint Régis (17e s.). Elle sert aussi de station climatique et abrite une usine de moteurs électriques Samov (Leroy-Sommer) de 40 salariés. Sa population était montée à 1 250 hab. en 1866; elle s'est à peine maintenue de 1999 à 2007.

Plus à l'ouest, à 10 km de Lalouvesc par la route, Saint-Pierre-sur-Doux (85 hab., 2 119 ha dont 1 308 de bois) est à la porte de la Haute-Loire, à 880 m, et son territoire entier est dans le haut bassin du Doux; il monte au nord à 1 324 m et contient, sous le col du Rouvey (1 244 m), le champ de ski nordique dit de Lalouvesc; le GR 7-420 chemine sur les crêtes. Le nom de la commune fut assez longtemps Saint-Pierre-des-Macchabées, et Macheloup en 1793. Elle avait plus de 900 hab. dans les années 1840, et encore 550 en 1931, 250 en 1962; elle en a repris une quinzaine de 1999 à 2007.