Canton de Monthermé

Monthermé

2 580 hab. (Baraquins), 3 233 ha, chef-lieu de canton du département des Ardennes dans l'arrondissement de Charleville-Mézières, 18 km au nord de la préfecture. La ville est au fond de la vallée de la Meuse, où le centre ancien est au pied d'un long éperon de méandre de la rive gauche, et s'est doublé sur la rive droite des urbanisations de la Rova et de Laval-Dieu, au confluent de la Semoy; Laval-Dieu est à l'emplacement d'une abbaye du 12e s., dont il reste une église de schiste. Tout autour se trouvent plusieurs sites pittoresques avec panoramas, tels ceux de la Longue Roche et de la Roche à Sept Heures au nord, ou de la Roche aux Sept Villages au sud.

La commune s'étend assez loin vers le nord sur le plateau, couvert par la forêt domaniale de Château-Regnault; l'espace de lande à tourbières des Hauts Buttés (470 m), site d'une maison de retraite et d'un pèlerinage, y a été classé site Natura 2000. L'industrie est représentée par d'assez nombreux ateliers de forge, estampage et autres activités métallurgiques, dont les principaux sont Plafométal (75 sal., cloisons et plafonds suspendus), Sefac (colonnes de levage, 55 sal.), Forgex Raguet (forge, 50 sal.). La ville a un collège public. La commune a perdu bien des habitants depuis le maximum de 1911 (4 500 hab.) et continue de se dépeupler; la baisse a encore été de 280 hab. entre 1999 et 2008. Elle est le siège de la communauté de communes Meuse et Semoy, qui correspond au canton.

Le canton a 12 700 hab. (13 700 en 1999), 8 communes et 13 913 ha dont 11 645 de bois (84%). Limitrophe de la Belgique à l’est, il est profondément entaillé par les deux vallées de la Meuse et de la Semoy qui y multiplient les sites attractifs. Il est au cœur même de la grande tradition ardennaise des forges, boulonneries et visseries et nombre d’usines moyennes ou petites subsistent. La partie orientale du canton est dominée par l’agglomération des Hautes-Rivières, la partie méridionale par celle de Bogny-sur-Meuse.

Thilay (1 080 Thilaysiens, 3 604 ha dont 3 041 de bois), 6 km à l'est de Monthermé et en aval des Hautes-Rivières dans la vallée de la Semois, s’étend de part et d’autre de la Semoy sur le plateau, sur 12 km du sud au nord, où elle touche à la frontière belge aux Vieux Moulins de Thilay. Elle conserve plusieurs usines métallutgiques: boulonneries Faynot (50 sal.), Manquillet (45 sal., groupe Faynot), Thévenin de Naux (UTN, 35 sal.), A. Laurent (20 sal.), ferronnerie Henon (20 sal.). Naux est un hameau de méandre sur la rive gauche de la Semoy. Un peu en aval, les deux minuscules communes de Haulmé (80 hab., 363 ha dont 274 de bois), qui a une base de loisirs sur la rivière, et Tournavaux (170 hab., 155 ha dont 111 de bois) ont conservé leur indépendance.

Deville (1 160 Devillois, 783 ha dont 654 de bois) est sur la rive gauche de la Meuse, juste à l’ouest de Monthermé par la route et 2 km à vol d’oiseau, où s’active la fonderie Collignon (210 sal.), dans la même famille depuis 1898; la population communale a perdu 70 hab. entre 1999 et 2008. Laifour (520 hab., 325 ha dont 228 de bois) lui fait suite au nord sur la même rive, sur un lobe de méandre qui fait face à l'escarpement de rive concave des Roches de Laifour, lesquelles appartiennent à la commune de Revin.


Bogny-sur-Meuse

5 600 hab. (Bognysiens), 2 316 ha dont 1 723 de bois, commune du département des Ardennes dans le canton de Monthermé, 7 km au sud du chef-lieu. La commune a intégré en 1966 une série de hameaux qui furent jadis autonomes, comme Château-Regnault, Braux et Lévrezy, et en a alors profité pour ajouter «sur Meuse» à son nom. Tous sont dans le fond de la vallée encaissée de la Meuse, et héritiers d'un actif passé industriel. Mais ils ont aussi leurs attraits touristiques, au pied des célèbres sites de la Roche aux Sept Villages rive gauche, et des Quatre Fils Aymon rive droite, des pointements rocheux où l'on se plaît à voir quatre cavaliers et où a été aménagée une plate-forme avec panorama et un monument un peu grandiloquent; belle église à Braux, ancienne collégiale, musée de la métallurgie à Lévrezy depuis 1988, centre d'exposition de minéraux à Château-Regnault; sentier nature et patrimoine du Pierroy.

Bogny fut un exemple parfait de la métallurgie ardennaise du 19e siècle: 1 300 cloutiers («clôteux») en 1817; 57 cloutiers et plus de 1 900 boulonniers en 1887. Les clôteux étaient paysans l'été et forgerons l'hiver, travaillant dans des ateliers attenant aux maisons, comportant une forge dont le soufflet était mû par une roue à chien, et aux ordres des «facteurs» qui leur passaient commande. La ville est restée le centre de la spécialité de boulonnerie et conserve des usines comme l'Atelier des Janves (230 sal., groupe Sifcor, rénovée en 1995, certaines très réduites comme Deflandre (30 sal.), Cousin-Malicet (20 sal.) ou Blaise (20 sal.), mais plusieurs ont dû fermer récemment, dont Raguet, fondée en 1879, qui avait encore 150 sal. en 2005, ou Lenoir et Mernier, qui a connu un âpre conflit du travail avec incendie de l'usine en 2008, ainsi que Jayot-LCAB victime des mêmes prédateurs.

S’y ajoutent les ateliers Carameaux-ATCB (65 sal.) et Norsteel ex-FMC (50 sal.) dans la chaudronnerie, Drumel (40 sal.) dans la mécanique; bétons Siba (20 sal.), travaux publics Tisseron (20 sal.), transports Blin (50 sal.). Dans un tout autre domaine, Hermès y ajoute la Maroquinerie des Ardennes, qui emploie 250 personnes (contre 150 en 2005). La ville a reçu un Intermarché (35 sal.), un centre d’aide par le travail, un collège public. La commune avait atteint 6 900 hab. en 1982 (contre 2 800 en 1936 et 3 400 au maximum précédent de 1911), mais sa population diminue depuis; elle a perdu 300 hab. de 1999 à 2008.


Hautes-Rivières (Les)

1 760 hab., (Hauts-Riverains) 3 134 ha, commune du département des Ardennes dans le canton de Monthermé, 14 km à l'est du chef-lieu. Le centre est situé de part et d'autre de la Semoy près de la frontière belge. Vers le nord s'encaisse le pittoresque vallon de Linchamps, qui mène jusqu'au point culminant des Ardennes françaises à la Croix Scaille (504 m). Un peu à l'ouest, le hameau de la Neuville aux Haies s'isole dans une petite clairière du plateau mais a été doté d'un petit centre d'initiation à la nature. Hautes-Rivières reste un haut lieu de la métallurgie ardennaise: forges et estampage Raymond Barré (115 sal.), Bourguignon-Barré (110 sal.), Estamfor (au néerlandais Farinia, spécialiste de pignons pour tracteurs et voitures, pasée de 180 à 95 sal.), Manquillet-Parizel (75 sal.), Stévenin-Nollevaux (70 sal.), Atelier d'usinage de la Semoy (20 sal.). La population communale a culminé en 1982 (2 350 hab. sdc); elle s'est abaissée de 230 hab. entre 1999 et 2008.