Canton des Cabannes

Cabannes (Les) (Ariège)

360 hab. (Cabannéens), 87 ha, chef-lieu de canton du département de l’Ariège dans l’arrondissement de Foix, 28 km au SE de la préfecture à 535 m. Le village est au fond du Val d’Ariège, sur la rive gauche au confluent de l’Aston; il a une gare, quelques commerces et services, deux villages de vacances dont un de 400 lits, pisciculture et base nautique. Son territoire, très étriqué, se limite au fond de vallée. La population communale varie assez peu après avoir baissé de 1975 à 1990.

Le canton a 2 600 hab., 25 communes, 31 505 ha dont 10 480 de boi; il est formé de trois parties très différentes: au nord la soulane du Tabe, au sud le massif de l’Aston qui mène à la crête frontière, entre les deux le val d’Ariège profondément encaissé. La soulane du Tabe est divisée en neuf communes, dont les microvillages sont installés en hauteur et très dépeuplés: d’ouest en est à 840 m Caussou (70 Caussounais, 1 583 ha dont 433 de bois, Maison de la chasse), à 830 m Bestiac (19 Bestiacois, 657 ha), à 600 m Vernaux (33 Varnausiens, 606 ha), à 900 m Lordat (33 Lordatois, 737 ha), à 880 m Axiat (26 Axiatois, 954 ha), à 930 m Appy (27 Pynarois, 610 ha); puis Caychax (12 Caychatois, 566 ha, à 840 m); Senconac (6 Senconacois, 467 ha, à 840 m aussi).

Axiat, Appy, Caychax et Senconac se tiennent dans un étroit couloir perché, entre le massif cristallin de Tabe et les crêts de sa couverture calcaire. Tous ont un finage qui monte jusqu’à la crête du Tabe, ainsi découpée en lanières. Tout en haut du finage de Vernaux, une route de montagne grimpe jusqu’au gisement de talc de Trimouns, exploité à 1 600 m; la commune le partage toutefois avec sa voisine Lordat, qui a réussi à s’attribuer un large segment de la crête et qui atteint le point culminant du Tabe (Soularac, 2 368 m). Le finage d’Appy est le seul a comporter près du sommet, à 1 734 m, un petit lac d’origine glaciaire. Le plus connu de ces villages est sans doute Lordat, en raison du vaste panorama que l'on embrasse depuis le village sur la vallée de l'Ariège et la crête des Pyrénées, et des hautes ruines de son château féodal (11e-13e s., détruit au 17e), doté de deux enceintes, deux tours et un donjon, et abritant une volerie d’aigles. La commune a eu 300 hab. en 1846.

Verdun (240 Verduniens, 1 171 ha dont 305 de bois) a également une partie de la soulane du Tabe, mais son habitat est dans la vallée de l'Ariège, rive droite face aux Cabannes, formé de deux hameaux, le Barry d'En Bas et le Barry d'En Haut, disposés à 550 et 590 m sur un vaste cône de déjection du torrent des Moulines; c'est aussi la seule commune à avoir gagné 50 hab. de 1999 à 2009 hab.; un vieux pont relie le Barry d'En Bas aux Cabannes.

Dans le fond de la vallée de l’Ariège, les communes d’Unac (130 Unaquois, 265 ha, à 640 m), qui a une belle et grande église romane, Garanou (180 Garnouais, 301 ha dont 250 de bois), Urs (44 Urséens, 91 ha) et Vèbre (140 Vébrois, 519 ha), dont les villages sont tous sur la rive droite de l’Ariège, n’ont que de très petits territoires, qui ne débordent pas, ou guère, du fond du val. Il en est de même pour Château-Verdun (55 Castelverdunois, 79 ha) et Aulos (54 Aulosois, 104 ha), voisines des Cabannes, et bien entendu pour le chef-lieu lui-même.

C’est tout autre chose pour Luzenac (590 Luzenacois, 2 643 ha dont 896 de bois), 9 km au NO d’Ax, dont le finage s’étend vers le sud sur plus de 10 km, jusqu’au pic Espaillat par la vallée de Labail; c’est à Luzenac que se trouve l’usine qui traite le talc de Trimouns, descendu par un téléphérique à bennes; la société Imerys emploie 180 personnes au village et 140 à la carrière. Luzenac a connu son maximum de population en 1968 (960 hab.) et s’est dépeuplée ensuite, perdant encore 60 hab. de 1999 à 2009; le village est le siège de la communauté de communes de la Vallée d’Ax, qui groupe 39 communes et 5 700 hab.

À 2 et 5 km en aval, Lassur (65 Lassuréens, 1 199 ha dont 442 de bois) et Albiès (140 Albiésois, 769 ha dont 309 de bois) avaient également réussi à se tailler un territoire dans l’ombrée boisée de l’Aston, jusqu’au plateau de Beille. La commune de Pech (42 Péchois, 481 ha dont 227 de bois), plus petite, juste au sud des Cabannes, n’y parvient pas tout à fait mais contient la route hardie et sinueuse qui monte au plateau de Beille et qu’a plusieurs fois empruntée le Tour de France.

La partie occidentale du canton est divisée entre deux communes de fond de val, Sinsat (110 Sinsatois, 401 ha) et Bouan (38 Bouannais, 344 ha), 3 et 4 km en aval des Cabannes; et deux villages héroïques, haut perchés sur l’ombrée de l’Aston, mais qui ont réussi à trouver des pentes au soleil, Larcat (42 Larcatois, 931 ha dont 243 de bois), à 720 m et Larnat (19 Larnatois, 260 en 1876, 560 ha dont un tiers en bois) à 940 m. Larcat a eu 770 hab. à son sommet (1851), Larnat 410. Bouan a une grotte (Spoulga) qui fut fortifiée et abrita des cathares. Reste Aston, qui à elle seule occupe la moitié du canton.

Le talc de Luzenac

Le gisement de talc se présente sous la forme d'un filon de silicate de magnésium, large de 60 m et long de 2 000 m, situé dans les communes de Vernaux et Lordat, entre deux masses de micaschistes et de dolomies. Il est exploité en terrasses de mai à octobre vers 1 700 m; on en extrait 400 000 t/an, ce qui en fait la plus grande carrière de talc du monde. Un téléphérique évacue le minerai depuis 1976 vers l'usine de Luzenac, qui peut stocker 250 000 t; l'ensemble emploie 420 salariés permanents et 100 saisonniers; 300 travaillent à l'usine de la vallée. L'usine sort 1 400 t de talc raffiné par jour, par camions ou wagons. Le talc sert en pharmacie et pour les cosmétiques, pour l'alimentation humaine (notamment des soupes) et animale, la papeterie, les plastiques, les céramiques, le caoutchouc, le traitement des eaux… Il est connu depuis longtemps: on en trouve des traces dans les peintures magdaléniennes de la grotte de Niaux.

Une collecte artisanale avait été organisée au 19e s., d'abord à dos de mulet. L'arrivée du chemin de fer en 1888 a entraîné l'installation d'une descente par câble (1903) et une Société des Talcs de Luzenac a été fondée en 1905 et introduite en bourse en 1908. La carrière produisait 800 t en 1888, 20 000 en 1908, 50 000 en 1913. La concession et les installations appartiennent depuis 1988 au groupe minier international Rio Tinto, qui a créé une filiale d'échelle mondiale au nom de Luzenac, extrayant 1,4 Mt/an dont 0,8 en Europe, disposant de 11 mines et 20 usines sur tous les continents, et fournissant un quart de la demande mondiale, pour un chiffre d'affaires de 375 M$ dont 86 pour Luzenac même; son siège est à Neuilly-sur-Seine, celui de la section Luzenac-Europe étant à Toulouse. La filiale a été rapprochée des autres filiales Borax et Dampler en 2006, sous le nom de Rio Tinto Minerals.

Puis, en 2011, la firme française Imerys, spécialiste des minéraux industriels et qui a intégré un grand nombre de briqueteries et tuileries en France, a racheté les resosources et les installations à Rio Tinto pour 340 M$. Imerys, issue de la SLN (Pennaroya-Le Nickel) mais dont la majorité des actions est au groupe belge Brixelles-Lambert (Belgian Securities), emploie 16 000 personnes dans le monde et son chiffre d'affaires a atteint 3 700 M€ en 2011.


Aston

230 hab. (Astonnais), 15 380 ha dont 6 000 de bois, commune de l'Ariège dans le canton des Cabannes, 2 km au SO du chef-lieu à 560 m; c'est la seconde du département pour sa superficie, après Auzat. Le village est tout en aval de la vallée de l'Aston, affluent de gauche de l'Ariège, où seule la petite commune de Château-Verdun la sépare du confluent avec l'Ariège. Elle compte quelques petites entreprises comme l'électronique Aria (30 sal.), les instruments scientifiques Minco (45 sal.) et un centre d'hébergement touristique; un camping, et 40% de résidences secondaire. L'usine hydroélectrique, la plus productive des Pyrénées (400 GWh/an), y est alimentée en partie par l'Aston, en partie par une conduite de 20 km qui vient de Mérens-les-Vals et traverse toutes les vallées de l'ombrée de l'Aston, en y captant des eaux au passage.

Le finage communal est très étendu et va jusqu'à la crête frontière de l'Andorre, dont il occupe 15 km entre le pic de Bagnels à l'ouest (2 638 m) et celui de Ruf à l'est (2 616 m). Le point culminant est le pic de Serrère (2 857 m). Cette crête n'a jamais offert de passage bien commode et ses cols ont peu servi sauf, aux deux extrémités le port de Bagnels et surtout celui de Fontargente (2 262 m). Des petits cirques de la crête sortent une demi-douzaine de vallées qui se rassemblent en deux branches principales, celle du Quioulès à l'ouest et celle de l'Aston à l'est; elles confluent au barrage de Riète, qui contribue à l'alimentation de la centrale d'Aston depuis 1956 (barrage-voûte de 34 m de haut, retenue de 0,8 Mm3 et 7 ha).

La haute vallée de l'Aston est la plus équipée, avec le barrage et l'étang de Laparan à 1 539 m, accessible par une étroite route, et le refuge de Rulhe construit en 1991 à 2 195 m pour 50 places, sous le pic de même nom. Le barrage, construit en 1985, est le plus haut barrage-voûte des Pyrénées, avec 110 m de hauteur; il retient 15,7 Mm3 d'eau, le lac formant un plan d'eau de 29 ha. Au-dessus du refuge, s'ouvre le beau cirque de Fontargente avec des étangs glaciaires, dont le Grand étang de Fontargente qui mesure 17 ha.

La plus grande partie de la commune se développe sur la haute surface du plateau de l'Aston, reste d'un ancien aplanissement de la Zone axiale des Pyrénées, vers 1 800 m; son témoin le plus étendu forme le plateau de Beille, à l'est de la vallée de l'Aston, que la commune partage avec les communes de Luzenac, Lassur et Albiès. Il est traversé par le GR 10, et une route y grimpe depuis Les Cabannes à travers la commune de Pech. On y juge l'arrivée de certaines étapes du Tour de France et une station de ski de fond y a été aménagée, avec 16 pistes (70 km), des traîneaux à chiens et à rennes, une base d'aventures Angaka. Néanmoins le site est protégé. La commune n'a jamais été très peuplée: elle a culminé à 600 hab. en 1851 et son minimum s'est situé à 180 hab. en 1936. Elle a autant de résidences secondaires que de principales (une centaine de chaque sorte).