Canton de Massat

Massat

710 hab. (Massatois), 4 471 ha dont 1 886 de bois, chef-lieu de canton du département de l’Ariège dans l’arrondissement de Saint-Girons, 28 km ESE de la ville à 650 m dans la vallée de l’Arac, affluent du Salat. Le village a une collégiale, assortie d’un haut clocher octogonal de 54 m; il offre d’assez nombreux commerces et services, mais pas d’enseignement secondaire; petit musée au moulin, centre-école de vacances (70 places); deux petits hôtels et un camping, 510 résidences secondaires pour 400 principales. Le finage, allongé d’est en ouest, suit tout le cours du Liers, affluent de l’Arac jusqu’au pic de la Journalade (1 945 m) et, au sud du village, monte au tuc de la Coume (1 745 m). La route (D 618) mène à Saint-Girons en suivant la vallée très encaissée et sinueuse de l’Arac, et vers l’est à Tarascon par le col de Caugnous (947 m) et le col de Port (1 250 m).

Massat avait 9 300 hab. en 1876, puis Biert et Le Port s’en sont détachées en 1851, la population chutant alors à environ 4 000 hab.; elle était encore de 2 000 hab. en 1931 puis le dépeuplement s’est accéléré avant de ralentir à partir de 1980; il vient même de se retourner: Massat a gagné 110 habitants entre 1999 et 2009. Elle est le siège de la communauté de communes du canton de Massat, qui correspond bien au canton.

Le canton a 1 900 hab. (1 700 en 1999), 6 communes, 18 180 ha dont 8 470 de bois; c’est l’un des plus dépeuplés et des plus isolés de l’Ariège, presque fermé à l’aval par les gorges de Ribaute; il n’est pas assez élevé pour offrir les ressources de la haute montagne, mais exposé aux vents d’ouest et assez humide. Il a été très déboisé par la demande des forges du Vicdessos voisin, et des forges locales que le fer du Vicdessos alimentait. Il fut très agité par la guerre des Demoiselles, déclenchée en 1829 par l’application du nouveau Code forestier.

Biert (310 Biertois, 2 351 ha dont 737 de bois, à 590 m), 3 km en aval de Massat dont elle a été séparée en 1851, et qui avait alors 2 600 hab., et encore 1 500 en 1931, est au carrefour de la route qui grimpe au nord vers le col de la Crouzette (1 247 m) et suit ensuite la crête vers l’est jusqu’au col de Péguère, un camping, 300 résidences secondaires (61% des logements).

Boussenac (200 Boussenacais, 2 600 ha dont 900 de bois), au nord de Massat à 800 m, s’étire le long de la D 618 jusqu’au col de Port, en position de soulane; son finage culmine à 1 663 m au pic d’Estibat au-dessus de ce col, et va au nord au col de la Péguère, qui donne accès au Sérou et à la Barguillière. La route de Foix à Saint-Girons par le col de Port serpente dans la commune, passant au col des Caugnous à 947 m. La commune, d’habitat très dispersé, avait 2 800 hab. en 1851 et encore 1 500 en 1931; elle a 370 résidences secondaires (77% des logements).

Le Port (210 Portais, 4 987 ha dont 3 800 de bois), 4 km au SE de Massat à 710 m, est doté d’un finage communal qui va au sud jusqu’au pic de Girantes (ou mont Ceint, 2 030 m) et occupe trois vallées du haut Arac; la plus centrale, drainée par le Courtignou, mène au large cirque de Lers, orné de l’étang de Lers (7 ha, à 1 264 m) et traversé par la route qui mène d’Aulus à Vicdessos par les cols d’Agnes au SO et du Lers (1 517 m) à l’est. C’est de ce lieu, écrit aussi Lhers, que vient la roche nommée lherzolite, d’origine volcanique et de couleur noire. Des formes karstiques sont associées aux calcaires du cirque. Un modeste aménagement de 7 pistes de ski de fond (35 km) apporte un peu d’animation aux abords de l’étang. Le nom du village vient du port de Lers, et non pas du col de Port, qui en est éloigné; la commune a été créée en 1851, avec 2 400 hab., et en avait encore plus de 1 000 en 1931; elle compte 350 résidences secondaires (74% des logements)..

Les deux autres communes du canton, à l’ouest, sont Aleu (150 Aleudiens, 1 395 ha dont 536 de bois) et Soulan (360 Soulanais, 2 376 ha dont 611 de bois), d’habitat très dispersé et fort dépeuplées aussi: Aleu a eu plus de 1 300 hab. dans les années 1830, Soulan 2 500 à la même époque; mais Soulan a augmenté de 40 hab. depuis 1999 et a 61% de résidences secondaires (280), comme Aleu (135).