Canton de Mirepoix

Mirepoix

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Mirepoix. Les maisons sur galerie de la place de Mirepoix. © R. Brunet
Mirepoix. Les maisons sur galerie de la place de Mirepoix. © R. Brunet

3 290 hab. (Mirapiciens) dont 150 à part, 4 728 ha dont 1 089 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Ariège dans l'arrondissement de Pamiers, 24 km à l'est de Pamiers dans la vallée de l'Hers vif au confluent du Courtirou. C'est une ancienne bastide, créée en 1288 sur un site qui avait été dévasté par une crue en 1279, consécutive à la rupture du barrage du lac de Puivert. La puissance locale en était la famille Lévis, à qui Simon de Montfort avait attribué le pays d'Olmes comme fief du genre colonial, à l'occasion de la conquête du Languedoc. Mirepoix, refaite selon le plan quadrillé alors à la mode, reçut rapidement un évêché.

C'est aujourd'hui une très belle bourgade, classée dans les «villages de charme», dont on admire la place centrale, bordée de maisons à colombage formant couverts, et d'une cathédrale du 14e s. à très grande nef et clocher de 63 m. Il lui reste aussi une porte, des éléments de remparts, un château du 16e s. (Terride); collège et lycée polyvalent publics, supermarché U (55 sal.); Mirepoix a cinq hôtels (100 chambres, un camping (60 places). La population s'est élevée jusqu'à près de 4 500 hab. en 1851, et s'est à peu près stabilisée autour de 3 000 (sdc) depuis les années 1930. La que confirme le recensement de 2004. La communauté de communes du pays de Mirepoix groupe 22 communes (7 200 hab.).

Le canton, limitrophe de l'Aude, a 13 200 hab. (12 400 en 1999), 35 communes, 35 064 ha dont 9 213 de bois. Il est partagé entre les vigoureuses collines de terrefort de la Piège au nord de l'Hers, austères et dépeuplées; le sillon est-ouest qu'emprunte l'Hers à leur pied, où trône Mirepoix; vers le sud, un large ensemble de collines prépyrénéennes marquées par quelques crêts est-ouest et des séries de buttes, en général boisées, dominant des fonds plats de prés et de cultures, et dont les villages sont très menus; puis encore au sud le pied du Plantaurel, aux petites plaines élargies et coalescentes et aux gros villages qui ont eu une tradition d'industrie; enfin, tout au sud, par le crêt du Plantaurel lui-même, troué en cluse par l'Hers à La Bastide-sur-l'Hers et par le Touyre à Laroque. L'Hers vire d'abord vers la droite en suivant les alignements du relief plissé, puis méandre vers le nord et se retourne vers l'ouest avant de longer la plaine de Pamiers; le Touyre filait tout droit vers le nord et débouchait jadis au site de Mirepoix mais, attiré par l'Hers, il a abandonné sa basse vallée, qui n'est plus drainée que par le ruisseau local du Courtirou. Au pied du Plantaurel a été aménagé le plus grand lac des Pyrénées, dit de Montbel.

Au bord de l'Hers en aval, Camon (170 Camonais, 1 025 ha dont 300 de bois), 14 km au SE de Mirepoix, figure parmi les «plus beaux villages de France» et les «villages de charme» pour son abbaye bénédictine, refaite au 16e s. mais dont l'église est du 10e s., ses vieilles rues, ses restes de remparts, les cabanes en pierres sèches des environs… et le dynamisme de son office du tourisme; nombreuses vues sur le site http://www.camon09.org. Encore en aval, Lagarde (190 Gardéens, 1 193 ha dont 230 de bois), 9 km au SE de Mirepoix, conserve les ruines d’un imposant château fort des Lévis-Mirepoix, aménagé au goût renaissance au 16e s., et détruit pendant la Révolution.

La Bastide-de-Bousignac (350 Bousignacois, 1 253 ha) est dans l’autre vallée, 4 km au sud de Mirepoix sur la route de Lavelanet, et a marqué l’extension septentrionale du pays d’Olmes industriel, avec le tissage de peigné TCS (Tissage central du sud, 75 sal. en 2006), amsi qui a disparu en 2009; négoce de matériaux Actis (50 sal.). Saint-Quentin-la-Tour (340 Saint-Quentinois, 902 ha dont 205 de bois), 7 km au sud de Mirepoix au bord du Courtirou, est dominé par les ruines du château de la Tour; un peu à l’est, le Touyre passe en gorge. Le sud du canton est attiré par Laroque-d’Olmes.

Dun (600 hab.) est une ancienne bastide au plan quadrillé élémentaire dans la vallée du Douctouyre, 15 km au sud-ouest de Mirepoix; en 2003, les communes de Merviel au sud-ouest, Engraviès à l'ouest et Senesse-de-Senabugue à l'est lui ont été définitivement rattachées, mais l'association remonte à 1972; elles représentaient à elles trois 180 hab. en 1999; la population de l'ensemble s'est accrue d'une centaine d'habitants de 1999 à 2009.

Au nord-ouest, dans la vallée de l’Hers, à Rieucros (620 Rieucrosains, 557 ha dont 200 de bois), 10 km à l’ouest de Mirepoix, une laiterie fut le siège du Groupe laitier des Pyrénées (GLP), dominé par l’espagnol Clesa, lui-même sous la tutelle de l’italien Parmalat; la reprise du GLP par le groupement de fromage basque Onetik n'a pu sauver la laiterie. Rieucros est le siège de la communauté de communes du Moyen Val de l’Hers (8 communes, 1 500 hab.) et a gagné 170 habitants entre 1999 et 2009 (+38%).

Vals (90 Valséens, 413 ha), en face de Rieucros sur la rive droite de l’Hers au pied des collines, offre une église à fresques du 12e s., en partie enterrée, et un musée archéologique. Tout au NO du canton à 15 km de Mirepoix et 14 km ENE de Pamiers, Lapenne (120 Lapennois, 2 157 ha dont 719 de bois) est un petit village de la Piège, mais une assez grande commune, qui propose un Parc aux Bambous, ainsi qu’une ferme aux bisons, et qui inclut à l’est le grand bois de la Bélène; elle avait 810 hab. en 1851.


Laroque-d'Olmes

2 780 hab. (Laroquais), 1 436 ha, commune du département de l’Ariège dans le canton de Mirepoix, 14 km au sud de celle-ci et 5 km au nord de Lavelanet. Traversé par le Touyre à sa sortie de la cluse du Plantaurel appelée localement l’Entonnoir, le bourg est un pilier de l’industrie textile du pays d’Olmes. Sa principale entreprise est celle des filatures et tissages Michel Thierry, qui ont su trouver un débouché solide dans les tissus pour sièges d’automobiles et emploient en tout 410 personnes, mais sous la tutelle de l'états-unien Johnson Controls.

Les autres ateliers, dont Ariège Composites (plastiques, 20 sal.) sont de petite taille; Intermarché (25 sal.) et Bricomarché (20 sal.); enlèvement d'ordures Ariège Déchets (20 sal.), assainissement WCMI Sopedol (20 sal.). La population communale, qui était passée de 1 450 hab. en 1861 à moins de 1 200 en 1906, a augmenté pendant presque tout le 20e siècle, culminant à 3 100 entre 1975 et 1990; elle a diminué ensuite, puis a regagné 60 hab. après 1999.

Autour de Laroque-d’Olmes gravitent La Bastide-sur-l’Hers (740 Bastidhersois, 477 ha), 4 km ESE à la sortie de la cluse de l’Hers et sa voisine Le Peyrat (490 Peyratiens, 613 ha), qui lui est soudée, au nord de Laroque à 3 km sur la route de Mirepoix; Aigues-Vives (570 Aigues-Vivesiens, 516 ha), qui a un musée de l’économie agricole; à 4 km au NE de Laroque, le village de Léran (590 Léranais, 1 192 ha dont 300 de bois), qui touche au lac de Montbel. La première a gagné 50 hab. depuis 1999, la seconde 30, la troisième 80, tandis que Léran est restée stable.

La Bastide travailla jadis le jais, fabriqua des peignes et exploita la source minérale de Foncirgues au 19e s.; mais elle s’est lentement dépeuplée depuis les 1 000 hab. de 1900; elle vient pourtant de gagner 35 hab. entre 1999 et 2006. Au Peyrat la maroquinerie Arielux a fermé en 2007. Léran, qui avait dépassé le millier d’habitants au 19e s., a un château du 16e s. et de beaux platanes au centre du village, un institut médico-éducatif et une petite fabrique d’engrais.