Canton d'Axat

Axat

670 hab. (Axatois), 1 177 ha dont 796 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Aude dans l'arrondissement de Limoux, 40 km au sud de celle-ci dans la vallée de l'Aude. C'est un petit relais entre les gorges de l'Aude en amont et le défilé de Pierre-Lys en aval, proche de l'échappée vers le couloir des Fenouillèdes. La voie ferrée y faisait une grande boucle, et Axat donne aussi accès au Capcir et à la Cerdagne par la vallée de l'Aude. Cette position lui apporte un intérêt touristique réel, en dépit de temps souvent maussades que lui vaut sa situation de fond de vallée étroite sur le front montagneux; une carrière de dolomie (20 sal.) y est exploité par Imerys. Axat n'avait que 450 hab. environ dans la plus grande partie du 19e siècle; sa population est montée au-delà de 800 en 1901, plus de 1 000 entre 1931 et 1985, puis a décrû récemment et a encore perdu 200 hab. de 1999 à 2009. La communauté de communes du canton d'Axat (17 communes, 1 900 hab.) est peu différente du canton.

Le canton a 1 700 hab. (1 900 en 1999), 14 communes, 27 324 ha dont 17 356 de bois. Limitrophe des départements de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales, il va au sud jusqu'au pic du Madrès (2 469 m); une route héroïque par le col de Jau (1 513 m) permet d'atteindre Prades. Le versant du massif ancien pyrénéen est très boisé, mais s'aère un peu à l'ouest sur le plateau d'Escouloubre (90 Escouloubrais, 3 114 ha dont 1 389 de bois), dont le village est déjà à 26 km d'Axat, et à 900 m d'altitude; la commune s'étire tout le long des gorges de l'Aude et de la grande courbe que dessine le fleuve vers l'ouest, et envoie une longue queue vers le sud jusqu'aux abords du Madrès. Au fond de la vallée se succèdent des venues d'eaux chaudes (bains d'Escouloubre, de Carcanières, d'Esparre et des Eaux Chaudes, qui furent sporadiquement exploitées, et des grottes dont celle de l'Aguzou, qui se visite. La centrale hydroélectrique d'Escouloubre-Nentilla a une puissance de 97 MW. Une autre, à Gesse, a été construite en aval des gorges.

À l'autre bout du canton, déjà sur le versant catalan, Puilaurens (260 Puilaurenois, 3 338 ha dont 2 808 de bois), 8 km à l'est d'Axat, s'abrite sous les ruines imposantes et les longs remparts de la double enceinte crénelée de sa forteresse féodale, au-dessus de la Boulzane à 700 m, dans un cadre grandiose qui marquait la frontière de la France et de l'Aragon.

À Salvezines (80 Salvezinois, 2 009 ha dont 1 240 de bois), 4 km au sud de Puilaurens au bord de la Boulzane, Denain-Anzin exploite une carrière de feldspath (30 sal.). Les deux petites communes déchues de Gincla (4R Ginclais, 765 ha dont 740 de bois) et Montfort-sur-Boulzane (100 Montfortais, 3 332 ha dont 2 300 de bois), sur la route de montagne qui va vers Sournia et Prades, complètent cet ensemble de reliefs vigoureux et boisés du flanc nord du Madrès, qui forme le haut bassin de la Boulzane.

Les centrales d'Estrade

Le système de centrales hydroélectriques de la haute vallée de l'Aude hérite d'un réseau pionnier de barrages, conduites et turbines conçu et aménagé par l'ingénieur Joachim Estrade (1857-1936), qui avait fondé à cette fin la Société méridionale de transport de force (SMTF), intégrée plus tard à EDF. La première centrale, celle de Saint-Georges, a permis d'éclairer la ville de Quillan dès 1891. Ensuite ont été équipées celles de Gesse, Carcanet, Usson, le barrage de Puyvalador régulant l'ensemble. Nentilla (97 MW), alimentée par conduite forcée depuis la prise d'Escouloubre, est plus récente et a simplifié le réseau. L'ensemble forme une grande échelle de barrages depuis Matemale (1 557 m) par Puyvalador (1 421 m), Escouloubre (972 m), Usson (727 m) elle-même alimentée par Rouze (975 m) et le Rialet (1 227 m) en Ariège, Gesse (526 m), Nentilla (448 m) pourvue directement par Escouloubre, et Saint-Georges (414 m) qui l'est par Gesse.