Canton de Limoux

Limoux

10 700 hab. (Limouxins), dont 590 à part, 3 241 ha dont 457 de bois, 462 de vignes, sous-préfecture du département de l'Aude, 22 km au SSO de Carcassonne dans la vallée de l'Aude. La ville a conservé des arcades autour de sa place centrale, des fortifications, une halle restaurée, d'anciens hôtels particuliers. Elle a vu s'évanouir ses industries traditionnelles, surtout la chaussure (Myrys a fermé en 1999-2001, et avait eu jusqu'à 1 500 salariés au cours des années 1960), ainsi que la plupart des ateliers de confection; mais la ville reste un centre tertiaire actif et le chef-lieu du vignoble et de la blanquette de Limoux.

Ce mousseux produit à partir de 90% de mauzac a réussi à maintenir et développer un marché satisfaisant; il s'y ajoute une petite production de crémant à partir surtout de chenin et de chardonnay. En novembre 2002 a été relancée une production d'AOC vin rouge en profitant d'une redéfinition de l'AOC de vin blanc «tranquille», encore assez peu utilisée. Le groupe coopératif du Sieur d'Arques (170 sal.), formé à partir des coopératives de Limoux, Rouffiac, Tuchan et Gardie, a son siège à Limoux (50 sal.).

La ville propose un musée Petiet (beaux-arts), un musée du piano, une exposition historique «Catharama», un carnaval de grande tradition. Elle accueille un gros centre psychiatrique ASM (640 sal., 175 lits) et un hôpital local (210 sal., 30 lits médicaux); institut pour enfants déficients (CMPP), institut médico-éducatif les Hirondelles;; maison de retraite le Soleil Levant (45 sal.); lycée polyvalent et collège publics, un collège privé et un lycée agricole privé. Parmi les entreprises se distinguent la tuilerie Lafarge (Monier, 85 sal.); une production de matériaux d’isolation (Actis, 130 sal.) liée au groupe ariégeois L. Thierry; cartonnages CGFCI (30 sal.), peinture en bâtiment (Abadie, 30 sal.), travaux publics Chauvet (25 sal.); un centre Leclerc (180 sal.), un supermarché U (35 sal.), MrBricolage (25 sal.), restauration collective Compass (75 sal.), travail temporaire Dorhel (30 sal.), garages. La commune offre quatre zones d’activités, une pépinière d’entreprises, un centre d’aide par le travail.

Son territoire envoie assez loin vers le sud-est une queue dans les reliefs, depuis la fusion de 1965 avec le petit village de Vendémies, un hameau en bout de route à 6 km au SE de la ville, qui n’avait qu’une quarantaine d’habitants. La population communale a été de 7 000 hab. en 1900, 8 300 en 1950, et elle est montée à 11 100 (sdc) en 1975, mais elle a baisseensuite; elle aurait repris 500 hab. de 1999 à 2009. Le maire est Jean-Paul Dupré, socialiste, qui est aussi député. Limoux est le siège de la communauté de communes du Limouxin et du Saint-Hilairois, qui rassemble 34 communes (un record départemental) et 18 900 hab. L’unité urbaine est limitée à la commune, l’aire urbaine n'aurait que 15 100 hab. On appelle volontiers Limouxin les environs de la ville. L’arrondissement a 44 400 hab. (41 500 en 1999), 8 cantons, 149 communes, 178 089 ha et couvre la partie la plus accidentée du département de l’Aude.

Le canton a 17 100 hab. (15 600 en 1999), 23 communes, 23 147 ha dont 5 990 de bois. Il est traversé du sud au nord par la vallée de l’Aude, couloir d’accès à la montagne, à la Cerdagne et à l’Espagne. En aval, Cépie (660 Cépinois, 661 ha), à 7 km au nord de Limoux sur la rive gauche de l’Aude, a une imprimerie D3 (mais passée au-dessous de 20 sal.); sa population croît depuis le minimum de 1968 (290 hab.) et a augmenté de 110 hab. de 1999 à 2009. Cournanel (670 Cournanélois, 634 ha), 4 km au sud de Limoux et quasi-banlieue, abrite le traiteur de produits de mer La Marée (60 sal.); elle n’avait que 250 hab. en 1968 et en a gagné 130 de plus depuis 1999.

Alet-les-Bains (440 Alétois, 2 354 ha dont 802 de bois), 8 km en amont de Limoux, au-delà du défilé du Pont du Diable, ancien évêché, a un établissement thermal (25 sal., mais actuellement fermé), un casino du groupe Omnium (20 sal., 138e de France, 4,4 M€) et une usine d'embouteillage d'eaux de table (20 sal.). Celle-ci appartenait à une entreprise locale créée en 1886, rachetée en 2005 par l'entrepreneur toulousain O. Sadran, qui veut doubler la production actuelle de 8 millions de bouteilles par an (8 M€). Alet fait partie des «villages de charme»; on y voit les beaux restes d'une abbaye et d'une cathédrale, ainsi que de vieilles maisons à encorbellements; Alet fut en effet dès 1318 un évêché, un peu en «terre de mission», et l'est resté jusqu'en 1789. La commune, Alet tout court avant 1961, a eu 1 400 hab. au milieu du 19e siècle et a beaucoup perdu ensuite, passant à 950 hab. en 1881 après avoir cédé le territoire de Véraza et à moins de 700 hab. dès les années 1930; le dépeuplement n'est pas arrêté, Alet a 40 hab. de moins qu'en 1999.

Véraza (40 Vérazanais, 1 466 ha dont 847 de bois) est un village assez isolé à 8 km ESE d'Alet, dans la profonde vallée du ruisseau de Véraza, affluent de droite de l'Aude; il avait 150 hab. au moment de sa création. Le canton s'étend peu sur les Corbières côté est, mais plus largement dans le Razès à l'ouest, jusqu'à la ligne de partage des eaux Aquitaine-Méditerranée, au-delà de laquelle se trouve le canton de Chalabre. Pauligne (360 Paulignois, 606 ha dont 442 de vignes), 5 km ONO de Limoux, en est la principale commune viticole et a gagné 40 hab. depuis 1991. La Digne d'Aval (550 Dignais, 314 ha), village à 4 km à l'ouest de Limoux dans la vallée du Cougain, affluent de gauche de l'Aude, est en croissance (+50 hab. de 1999 à 2009). On appelle volontiers Limouxin les environs de la ville. À Bourigeole (50 Bourigeolois, 908 ha dont 370 de bois), 17 km au SO de Limoux, accueille un centre de cure pour toxicomanes au hameau de Tournebouich.

La blanquette de Limoux

La blanquette est le mousseux traditionnel en Languedoc, le pays Toulousain inclus. L'appellation blanquette de Limoux porte sur 42 communes, divisées en quatre «terroirs» dits méditerranéen (NE), autan (centre), océanique (ouest) et de la haute vallée (sud). Elle se fonde sur le cépage mauzac. La production est de 6 millions de bouteilles, plus 2 de crémant et 2,7 de «méthode ancestrale», plus 0,7 d'appellation limoux, une AOC de 1993 pour le «vin tranquille». Le vin mousseux était connu et apprécié dès le début du 16e siècle, et il semble que la proche abbaye Saint-Hilaire ait joué un rôle dans son affinage; on prétend même ici avoir invité un certain dom Pérignon à s'inspirer de ces avancées… La coopérative de Limoux rassemble 500 vignerons; un domaine dépasse 100 ha, une dizaine de maisons privées exploitent entre 16 et 60 ha. La coopérative Sieur d'Arques a aussi passé en 2004 des accords internationaux pour vendre des vins courants aux États-Unis sous la marque Red Bicyclette et avec une publicité misant sur les aspects les plus folkloriques du côté «frenchie», baguette et béret compris…