Cantons d'Aubagne

Aubagne

43 100 hab. (Aubagnais) dont 980 à part, 5 490 ha dont 564 de bois, chef-lieu de canton des Bouches-du-Rhône dans l'arrondissement de Marseille, 18 km à l'est de la préfecture. La vieille ville, sur une butte au bord de l'Huveaune, conserve des restes de remparts et d'une porte du 14e s., une tour de l'horloge, plusieurs chapelles; un musée est établi dans la maison natale de Marcel Pagnol (1895-1974) et un autre musée est consacré au Petit Monde de Pagnol. Aubagne propose aussi un musée de la Légion étrangère, tandis qu'une tradition de céramiques et de santons est rappelée par les Ateliers Thérèse Neveu. La ville a grandi comme banlieue industrielle de Marseille dans la petite plaine drainée par l'Huveaune et son petit affluent de gauche le Fauge. Elle est en position de grand carrefour donnant accès à Gardanne et Aix ainsi qu'au couloir de Trets-Saint-Maximin, à la Sainte-Baume, et surtout à La Ciotat et Toulon.

Au nord-ouest, la ville est dominée par les rochers du massif de Garlaban, partie orientale de la chaîne de l'Étoile culminant à 711 m au Rocher du Garlaban, où Pagnol a souvent situé ses récits; on y fréquente rochers d'escalade et grottes. Au sud, se dressent la Tête du Douard (496 m) et les reliefs de Carnoux; vers l'est, la commune est séparée de la Sainte-Baume par Gémenos. Aubagne accueille trois collèges publics et un privé, un lycée public et un privé; un centre hospitalier de 250 lits médicaux (440 lits en tout), la clinique la Casamance (410 sal., 210 lits) et une autre de 70 lits, un centre de réadaptation (CMPRP, 160 sal.); institut médico-éducatif, 3 centres d'aide par le travail, maisons de retraite d'Aubagne (110 sal.), Medica (60 sal.), Castel Roseraie (55 sal.). La ville abrite aussi le commandement de la Légion étrangère (Comle, 50 personnes) et le 1er régiment de la Légion étrangère, qui l'assiste.

Ses principales fabrications actuelles sont les emballages plastiques Sartorius Stadim Biotech (250 sal.), les peintures Cami Gmc (90 sal.), les colles et gélatines Rousselot (85 sal.), les plastiques Polypipe (65 sal.), les équipements d'aide à la navigation Pons (60 sal.); laiterie La Fermière (60 sal.), menuiserie de portes et fenêtres Alquier (55 sal.); équipements aérauliques Mota (150 sal.), inspections techniques Norisko (60 sal.).

Aubagne a aussi sa part d'activités tertiaires avec les bureaux de la Société Marseillaise de Crédit (310 sal.), un énorme hypermarché Auchan (1 000 sal., plus 190 sal. pour le service après-vente) et des magasins Casino (55 sal.), Decathlon (180 sal.), Leroy-Merlin (140 sal.), Alinea (meubles, 130 et 80 sal.), Texto (chaussures, 130 sal.), Boulanger (électroménager, 70 sal.), Conforama (70 sal.), Monoprix (50 sal.); négoces de composants téléphoniques Avenir Telecom (210 sal.), de fruits et légumes Canavese (160 sal.), de quincaillerie Richardson (90 sal.), alimentaire Nestlé (80 sal.), d'articles ménagers Argos (70 sal.), de fournitures contre les incendies Parfeu (70 sal.).

Dans les services apparaissent les agences de travail temporaire Adia (320 sal.), Manpower (100 sal.), Adecco (70 sal.) et Crit Interim (70 sal.); publicités Adrexo (60 sal.) et PagesJaunes (60 sal.); EdF (95 sal.); aménagements paysagers IPS (150 sal.), nettoyage urbain Sita (110 sal.), transports SLTP (55 sal.), base d'autoroutes Escota (180 sal.). En revanche, la commune ne conserve plus que 29 ha de vignes.

La population d'Aubagne n'a pas cessé de croître au cours des deux derniers siècles. La commune avait un peu plus de 6 000 hab. au début du 19e s., 8 700 à la fin, 13 900 en 1936; elle est passée à 33 600 hab. en 1975 puis la croissance s'est ralentie. Les estimations pour 2005 sont de 43 500 hab. (sdc). Le conseil municipal a depuis longtemps une majorité de gauche; le maire est Daniel Fontaine, communiste, ancien instituteur, également conseiller général et vice-président du Conseil général. La communauté d'agglomération du pays d'Aubagne et de l'Étoile associe 11 communes et 90 200 hab. Le canton, en 1999, avait 57 900 hab., 4 communes, 13 002 ha dont 5 384 de bois. Les trois autres communes étaient La Penne-sur-Huveaune à l'ouest, Gémenos et Cuges-les-Pins à l'est. Mais il a été divisé en 2004 en un canton d'Aubagne-Ouest en un canton d'Aubagne-Est. Gémenos et Cuges-les-Pins a été affectées au canton Est, qui a également reçu une fraction de la commune d'Aubagne et, du canton de La Ciotat, les communes de Carnoux-en-Provence, Cassis et Roquefort-la-Bédoule. Le canton Ouest est donc formé par Aubagne (non entière) et La Penne-sur-Huveaune.


Carnoux-en-Provence

7 100 hab. (Carnussiens), 345 ha, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Aubagne-Est (depuis 2004), 15 km NNO du chef-lieu et 6 km au sud d'Aubagne. Elle a été créée en 1966 à partir du territoire de Roquefort-la-Bédoule et se limite à un domaine urbanisé sur les collines, fondé à partir de 1956 sur 300 ha par des entrepreneurs rapatriés du Maroc et organisés en coopérative. Il est doté d'une église de 1964, d'un collège privé et d'un Intermarché (35 sal.); fabrique de parfums et cosmétiques Annyjean (30 sal.), maison de retraite (35 sal.), centre d'aide par le travail. La population atteignait 2 200 hab. quand la commune a obtenu son indépendance. Sa population a crû jusqu'en 1999, mais a perdu 140 hab. en 2006.


Cassis

8 100 hab. (Cassidains), 2 687 ha dont 1 674 de bois, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Aubagne-Est (depuis 2004), 11 km NO du chef-lieu et 23 km ESE de Marseille. On prononce cassi. La ville est au fond de la petite baie de Cassis et en terrain accidenté; elle offre un bel hôtel de ville du 17e s. et une fontaine du 18e s., un ancien château devenu fort puis hôtellerie, un musée municipal d'arts et traditions; jardins du mas Calendal. La gare est au nord dans les collines, à la sortie du tunnel de Mussuguet (2 600 m); de forts reliefs s'élèvent à l'est entre le cap Canaille et le défilé du Pas de Bellefille, par où s'insinue l'autoroute A 50 entre Marseille et Toulon, tandis que la voie ferrée passe en tunnel sous la Couronne de Charlemagne et le Baou de la Soupe (panorama).

Cassis est réputée pour ses calanques (v. Calanques), mais seule celle de Port-Miou est dans la commune, les autres sont dans celle de Marseille; elle est aussi la seule d'axe SO-NE et offre des sites d'escalade. Le cap Canaille, dont la falaise calcaire aux tons rouges est haute de près de 300 m, offre également à l'est de beaux points de vue par la route des crêtes, et des possibilités d'escalade; son nom viendrait de Canalis, évoquant les canaux d'irrigation construits jadis par les Romains. Le Conservatoire du Littoral protège tout spécialement les sites de la presqu'île de Port-Miou et, en arrière de la ville, de la Plaine du Ris (188 ha). La baie de Cassis reçoit par conduite souterraine les boues rouges de l'usine d'alumine de Gardanne, mais cet apport devrait progressivement cesser. Cassis a un casino (200 sal.) du groupe Barrière, un port de plaisance (370 places) et quelques pêcheurs, la plage de la Grande Mer près du port et plusieurs autres plages moins amples; un collège public, un supermarché (25 sal.).

La commune enregistre 1 400 résidences secondaires et 350 chambres d'hôtel; elle cultive 197 ha de vignes et bénéficie d'une aoc déjà ancienne, reconnue en 1936 sur 182 ha, produisant 7 000 hl/an dont trois quarts en blanc (marsanne et clairette), principalement tenue par une douzaine de domaines et promue par une Maison des Vins dans la ville. Cassis s'est tenue aux environs de 2 000 hab. au 19e s. et jusque dans les années 1920, puis a entamé sa croissance; sa population est passée à 3 600 hab. en 1962, 5 600 en 1975, 8 000 en 1990. Elle plafonne depuis (-230 hab. de 1999 à 2005).


Cuges-les-Pins

3 800 hab. (Cugeois), 3 881 ha dont 3 000 de bois, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Aubagne-Est, 13 km à l'est du chef-lieu. Le village, apparu au début du 16e s. au près du château de Glandevès, est dans une petite plaine, correspondant à un poljé karstique, dominée par la Sainte-Baume au nord, dont la crête dépasse ici 1 000 m, et les Barres de Castillon au sud (503 m). La commune accueille parc d'attractions OK Corral (90 sal.) au sud-est; elle a 56 ha de vignes et une ancienne cave coopérative. On y a cultivé des câpres du 18e au début du 20e s.; il en reste quelques parcelles. La nécropole nationale de Signes signale le massacre de plusieurs dizaines de résistants et témoins par les Allemands en juillet et août 1944. La mention «les Pins» est de 1923. La commune, qui avait plus de 1 800 hab. dans les années 1830, était descendue à 720 en 1936; sa population augmente depuis; elle a dépassé les 2 000 hab. en 1984 et a gagné encore un millier d'habitants entre 1999 et 2007, soit un quart, passant ainsi à 4 700 hab. (sdc).


Gémenos

5 500 hab. (Gémenosiens), 3 275 ha dont 1 700 de bois, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Aubagne-Est (depuis 2004), juste à l'est du chef-lieu. Son finage se partage entre une petite partie de plaine à l'ouest, formant la vallée de Saint-Pons, et un relief accidenté à l'est, sur les pentes occidentales de la Sainte-Baume où l'altitude atteint 1 041 m au pic de Bertagne, 936 m à la Roque Forcade. Une route de montagne passe par le col de l'Espigoulier (728 m), permettant d'approcher les rochers d'escalade de Bertagne et de la Cour des Miracles. Au creux d'un ravin le site de Saint-Pons offre une ancienne abbaye cistercienne (1205) et un parc forestier dans un domaine départemental de 800 ha, avec des grottes et la source permanente de la Fauge.

Gémenos a été marquée par un développement industriel précoce sous l'impulsion du marquis d'Albertas au 18e s.; le château d'Albertas, du 18e s., flanqué de vastes granges, trône en ville et accueille la mairie; le bourg est riche en fontaines et maisons anciennes. Un théâtre de verdure, créé en 1920, a été rouvert après rénovation en 2003 et porté à 2 500 places; il accueille un festival des Arts verts. Le prieuré (17e s.) et le château (18e s.) de Saint-Jean-de-Garguier, à la tête d'un domaine de 300 ha, sont au nord de la commune; le château de Jonques est tout au sud.

Gémenos a connu une nouvelle notoriété avec la réussite de la société Gem Plus, pionnier de la carte à puce électronique, dont l'activité s'est réduite mais qui occupe encore 240 salariés à la fabrication de composants électroniques et 120 aux services associés, et s'accompagne de l'atelier d'injection plastique Plastifrance (90 sal.). La ville a aussi une fabrique de peintures Pébéo (200 sal.), des ateliers de prépresse Horizon (45 sal.) et les imprimeries La Litho (45 sal.) et Sud-Étiquettes (40 sal.). S'y ajoutent une carrosserie Lambert Igloo (45 sal.), une menuiserie métallique Chiri (40 sal.), un fabricant de piscines U1 (40 sal.).

L'industrie alimentaire est bien représentée avec la torréfaction Fralib (250 sal.), les condiments Cepasco (65 sal.) et les pâtes alimentaires Rezoli (45 sal.). Dans le tertiaire et le bâtiment se signalent les négoces de machines pour bâtiment Cheraki (60 sal.), d'alimentation LJM (40 sal.) et de matériaux Sdms (45 sal.); nettoyage Cejip (130 sal.), gardiennages Cejip MSI (330 et 270 sal.), Gis (120 sal.) et Euroval (100 sal.); réseaux électriques NSM (110 sal.), constructions Freyssinet (80 sal.), revêtements Mattout (60 sal.). La ville a un collège et un lycée professionnel publics et une institution pour adultes handicapés (Ateliers de Provence, 40 sal.); espace aquatique Aqua Gem, 370 chambres d'hôtel. Gémenos avait 1 400 hab. en 1931, et croît depuis: 2 200 hab. en 1954, 3 000 en 1975, 5 000 en 1990.


Penne-sur-Huveaune (La)

6 000 hab. (Pennois), 356 ha, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Aubagne-Ouest, entre Aubagne et Marseille. Elle conserve un mausolée antique en forme de pyramide antique, nommé Pennelus ou la Pennette; gare et aqueduc du canal de Marseille (1866), échangeur de l'A 50. Peu étendue, la commune accueille une clinique (65 sal., 50 lits) et une maison de retraite (45 sal.), les bureaux des assurances Gan Prévoyance (130 sal.), l'atelier de composants électroniques Tagsys (85 sal.), le réparateur de matériel médical GE Medical System (45 sal.), le nettoyage GSI Vitronet (160 sal.), l'installateur de lignes électriques Béranger (70 sal.). Le nom de La Penne a été augmenté en 1918. La commune avait alors moins de 1 000 hab., puis est passée à 1 600 dès 1930, plus de 3 000 en 1954, et a dépassé les 5 000 en 1975; mais elle n'a gagné que 170 hab. de 1999 à 2006; l'occupation des sols est à peu près saturée, à part les hautes pentes inconstructibles au sud.


Roquefort-la-Bédoule

4 800 hab. (Bédouliens), 3 115 ha dont 1 080 de bois, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Aubagne-Est (depuis 2004), 9 km au nord du chef-lieu. Le territoire communal est très étiré d'ouest en est, où il atteint la limite départementale dans la forêt de la Font Blanche, domaine départemental de 850 ha. Très accidenté, ce finage monte à 564 m à la Font Blanche; il contient les châteaux de Julhans (19e s.) et de Roquefort, une chapelle du 12e s. récemment restaurée. La commune accueille une fabrique d'éléments de piscines APP (65 sal.), un négoce de jouets (Ferru, 45 sal.), une maison de retraite (30 sal.); on y cultive 156 ha de vignes.

Le nom de la commune était Roquefort avant 1919; la Bédoule s'était développée comme cité ouvrière de carrefour, près de carrières et d'usines de chaux et ciments, et sa population avait dépassé celle du village de Roquefort lorsque son nom a été ajouté. Carnoux-en-Provence s'est séparée de la commune en 1966. La population avait atteint 2 000 hab. en 1911 puis était descendue à 1 200 hab. en 1954; elle a augmenté régulièrement depuis, en dépit de cette sécession, atteignant 2 400 hab. en 1975, 4 200 en 1990. Grâce à un nouveau gain de 300 hab., elle a dépassé les 5 000 hab. en 2006.