Cantons d'Istres

Istres

40 300 hab. (Istréens) dont 1 500 à part, 11 373 ha, sous-préfecture des Bouches-du-Rhône. La ville est sur le rivage occidental de l'étang de Berre. Son noyau ancien, très serré, dessine un ovale compact, entouré d'un boulevard circulaire en partie ombragé et d'une couronne d'habitat ancien; le reste se disperse en lotissements souvent massifs, alternant avec les emprises militaires, industrielles ou sportives. L'oppidum du Castellan est juste au nord du centre; de l'autre côté, il avance dans le vaste étang de l'Olivier, de forme également ovale et de 220 ha; la gare est à l'ouest du centre. Istres est une ville fleurie (4 fleurs), qui met en valeur sa porte d'Arles (18e s.) et un musée archéologique riche de nombreuses amphores; jardin méditerranéen. Elle offre un port de plaisance de 250 places et un parc aquatique, des arènes de 2001 dotées de 2 700 places, un petit port de pêche; théâtre et maison de la Danse; festival hivernal des arts et du geste.

Vers le sud, le hameau de Varage se tient en annexe au bord de l'étang de Berre; mais le finage d'Istres s'étend surtout dans la Crau à l'ouest et au nord de la ville. Il est traversé par le canal de Craponne et canaux Jumeaux, par le canal d'Istres dérivé du canal des Alpilles, et par le canal de Martigues. Au nord-ouest de la commune, le lac d'Entressen est bordé par la tour d'Entressen (14e s.) et le château de Suffren; il a attiré l'urbanisation d'Entressen; mais l'énorme décharge de Marseille, dite d'Entressen, est de l'autre côté, juste au-dehors des limites, dans la commune de Saint-Martin-de-Crau. Dans les collines de Sulauze au nord de la ville, un domaine de 650 ha associe vignes et élevage de taureaux de combat; non loin, l'abri sous roche préhistorique de Cornille a livré des restes vieux de 10 000 ans.

Ce vaste territoire accueille l'aérodrome militaire et la base aérienne (BA 125) d'Istres-le Tubé, ainsi qu'un autodrome. La base, qui occupe plus de 2 000 ha, emploie et loge 2 500 salariés, et 2 400 enfants y habitent. Elle est issue d'une école d'aviation de 1917, et dotée d'une piste de 3 700 m qui serait la plus longue d'Europe; elle comprend des groupes de chasse et de ravitaillement en vol, d'hélicoptères et de défense sol-air; elle inclut le Centre d'exprimentation pratique de l'Aéronavale, un centre d'essais en vol avec les équipes des firmes Dassault, Safran et Thalès, ainsi que le 25e RGA (régiment du génie de l'Air, 900 personnes). Elle propose aussi un musée de l'air depuis 2004.

La ville dispose de quatre collèges et deux lycées publics dont un professionnel, d'un hôpital privé (220 et 190 sal.) et d'une clinique (170 sal.); institut médico-éducatif, 2 centres d'aide par le travail. Les principales entreprises sont du domaine aéronautique: Dassault Aviation (740 sal.), moteurs Snecma (groupe Safran, 95 sal.). Istres accueille aussi un Géant Casino (235 sal.) et un centre Leclerc (160 sal.), les travaux publics TPP (160 sal.), les constructions MCB (55 sal.) et le traitement des eaux Seerc (65 sal.); transports Somedat (90 sal.) et Autocars de Provence (Cap, 45 sal.). Le Football Club figure au deuxième niveau des clubs de l'élite professionnelle et emploie 40 salariés. La commune a aussi 50 ha de vignes, un centre de vacances.

Istres est restée autour de 3 500 hab. dans la plus grande partie du 19e s. puis sa population a crû après 1918, passant à 7 000 hab. en 1931, 13 400 en 1968, 28 600 en 1982; le mouvement se poursuit, à un rythme plus modéré. L'estimation pour 2005 est de 41 200 hab. (sdc). La municipalité est traditionnellement de gauche; le maire est François Bernardini (socialiste). La commune s'est constituée en syndicat d'agglomération nouvelle Ouest-Provence avec Miramas, Fos et trois voisines: au total 6 communes, 88 500 hab. L'arrondissement a 292 700 hab., 8 cantons, 18 communes, 59 927 ha. Les 2 cantons ont 80 900 hab., 4 communes, 25 280 ha dont 1 152 de bois et incluent les communes de Miramas, Fos-sur-Mer et Saint-Mitre-les-Remparts. L'Insee limite l'unité urbaine et même l'aire urbaine à la commune…


Fos-sur-Mer

14 700 hab. (Fosséens) dont 820 à part, 9 231 ha dont 870 de bois, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Istres, 10 km au SSO du chef-lieu. Le village historique est en bord de mer et de l'étang de l'Estomac, accroché au rocher de l'Hauture qui conserve des restes du château des 10e et 13e s., et près de petits marais salants. Un port y avait été aménagé sous le général Marius vers 100 avant notre ère, et relié à Arles par un canal; mais ce qui peut rester de ces aménagements n'a pas encore été retrouvé, à l'exception de quelques stèles. Puis un château s'est accroché au rocher de l'Hauture. Le bourg s'est ensuite serré dans la plaine côtière. On remarque la promenade de l'allée des Pins (19e s.) à l'entrée du village, le musée de l'ancien village, une église en partie du 11e s., le phare de Saint-Gervais élevé en 1978 et haut de 47 m.

La mention «sur-Mer» est de 1888; le territoire communal a été réduit en 1866 par l'émancipation de Port-de-Bouc, en 1904 par celle de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Aussi, de 2 200 hab. en 1861, sa population s'était-elle réduite à 1 000 en 1906; elle augmente depuis: 2 300 hab. en 1954, 6 700 en 1975, 10 000 en 1985. L'estimation pour 2005 est de 15 700 hab. (sdc). La ville a un collège public, plusieurs plages et un port de plaisance de 820 anneaux, des arènes. La commune englobe à l'est trois étangs qui occupent des cuvettes d'origine karstiques modelées par l'érosion dans les collines calcaires: l'Estomac (215 ha), l'Engranier (110 ha), et Lavalduc (300 ha) un peu au nord.

Le reste se déploie dans la plaine de Crau et a été l'objet de vastes remaniements avec la création de la zone industrialo-portuaire de Fos, forte de 8 000 emplois et qui s'étend sur 20 000 ha dont 7 300 sont aménagés et 3 000 effectivement occupés. Dès 1961 s'ouvrait le chantier de l'oléoduc sud-européen, ravitaillant les raffineries de pétrole du Rhône, du Rhin et du Danube à partir du terminal pétrolier de Fos dès 1962; la raffinerie de pétrole de Fos ouvrait en 1965. La décision de transformer le fond du golfe de Fos en grand site d'industrie portuaire a suivi aussitôt, en un temps d'expansion industrielle et de la mode de la sidérurgie en bord de mer. Le syndicat mixte d'aménagement a été créé en 1963, le Livre blanc de l'organisme d'aménagement de Marseille a été approuvé en 1969 et le syndicat communautaire d'aménagement créé en 1973; la même année, l'aciérie de la Solmer entrait en production.

Quatre darses ont été creusées au fond du golfe: une occidentale dans la commune de Port-Saint-Louis-du-Rhône (bassin de Gloria ou Darse 3), deux très longues (Darses 1 et 2) s'enfonçant de 4 et 5 km dans les terres, laissant entre elles le terre-plein de Caban. Une autre darse plus courte à l'est, dite Darse Sud, fait du site de Cavaou une presqu'île. Prolongée par deux longues jetées, elle sert de terminal pétrolier, pouvant accueillir des navires jusqu'à 400 000 t, et en cours d'agrandissement d'ici 2011; elle reçoit en 2009 un nouveau terminal méthanier de GdF, tout en accueillant sur sa rive orientale une plage naturiste… La raffinerie Esso (240 sal.), installée sur 275 ha près du village, a une capacité de traitement de 6,1 Mt/an. Elle est relayée au nord par les périmètres des 40 réservoirs (2,4 Mm3) de la SPSE (Société du Pipeline Sud-Européen, 110 sal.) qui débite 23 Mt/an et intéresse 16 sociétés dont 28% à Total, 22% Esso, plus BP, Shell, BASF, etc., et dessert 5 raffineries de Feyzin à Karlsruhe, par 3 conduites, et les réservoirs des Dépôts pétroliers de Fos (65 sal.). L'aciérie de l'ex-Solmer devenue Sollac, maintenant à Mittal par Arcelor, est juste à l'ouest où elle emploie 3 400 sal. et occupe 1 600 ha; elle utilise la fonte de deux hauts fourneaux, une cokerie de 1,5 Mt/an, et produit 4,5 Mt d'acier par an. Plus au nord ont pris place les zones d'activités du Ventillon, de la Fossette et de Feuillane.

La presqu'île de Caban, entre les darses 1 et 2 a reçu en 1973 sur 260 ha les installations sidérurgiques d'Ascométal (550 sal.) ex-Ugine, passé à Usinor puis à l'italien Lucchini, et travaille sur des ferrailles importées. La même presqu'île a reçu aussi des installations chimiques de poids: la plate-forme pétrochimique de Total avec Arkema (470 sal., 185 ha, 850 000 t/an de produits finis) qui travaille brome, chlore et soude et leurs dérivés (chlorure de vinyle), l'usine Lyondell (états-unien acquis récemment par le néerlandais Basell, 350 sal) sur 60 ha pour la production de propylène, alcool butylique et glycols, et la Société du polyéthylène (40 ha), plus la Phocéenne de broyage. Caban abrite le port minéralier et va recevoir le gros incinérateur de Marseille (groupe Evene, 85 sal.), prévu pour 410 000 t/an dont 300 000 t en incinération et 110 000 t en méthanisation-compostage, pour janvier 2009; il est très discuté mais les dernières autorisations ont été données en avril 2008. Caban a également reçu des installations d'Eiffel (constructions métalliques) et Merex (traitement des déchets).

Le groupe Suez y a un projet de centrale électrique au gaz (Electrabel, 420 MW à turbine Alstom) tandis que GdF en annonce un autre de même puissance (CyCoFos, 420 MW à turbine Alstom) sur le terrain de Sollac près de la Darse Sud; la fusion Suez-GdF devrait permettre de régler la question… Il existe encore d'autres projets: de cimenterie Cap Vracs (Lafarge-Vicat, fin 2009) et Deulep et Seatank pour les alcools agroalimentaires, qui prévoient 1,6 Mt de vracs liquides/an (50 sal.) également sur le site de Caban (35 ha). Le terre-plein le plus occidental reçoit les conteneurs par la Darse 2 et se double d'une zone Distriport dans la commune de Port-Saint-Louis; il est en cours d'extension (projets Fos 2XL 2009 et 3XL pour 2013) en vue de doubler le trafic actuel d'un million d'evp/an.

Un projet de base logistique Ikea pour l'Europe du Sud se propose encore pour 27 ha, mais à la Feuillane. L'actuelle cimenterie ex-Lafarge, spécialiste du ciment alumineux (Ciment Fondu), devenue Materis puis Kerneos (90 sal.) et relevant ainsi de Wendel-Investissement, est à l'extrémité orientale de la commune à la limite de Port-de-Bouc. Dans la zone industrialo-portuaire et dans la commune de Fos apparaissent encore dans la métalmécanique les Constructions métalliques Azur (110 sal.), Mediaco (80 sal.) et Eiffel (50 sal.); les isolations et échafaudages Sudisolec (95 sal.), le découpage Ortec (Spoc, 100 sal.) et la chaudronnerie du même groupe (40 sal.), les chaudronneries Scorpe (50 sal.), CMI Tech (40 sal.) et Fosséenne de canalisations (35 sal.); constructions ferroviaires Ferifos (80 sal.), au Ventilion; mécanique Ortec (120 sal.), Endel (65 sal.) Foselev (85 sal.); conditionnement à façon Prestafer (85 sal.) et Sotrasi (90 sal., groupe Gagneraud de la Cgea, filiale de la générale des Eaux); ingénierie IFT (70 sal.). Dans l'industrie chimique s'ajoutent les gaz industriels L'Air Liquide (90 sal.) et matières plastiques de base Basell (80 sal., groupe Lyondell).

Dans la logisttique apparaissent les manutentions portuaires Eurofos (160 sal., groupe allemand Drachser par Graveleau), Somarsid (65 sal., filiale de Mittal par Arcelor) et Seayard (60 sal.); agence maritime Barwil Pomme (35 sal.) et transports Lurit (50 sal.). Le groupe Sealogis, filiale de la Sncf, manipule 130 000 conteneurs par an, depuis 1997, mais en partie dans dans la commune de Port-Saint-Louis. Dans d'autres domaines ressortent la gestion comptable MLA (50 sal.) et les gardiennages Derichebourg (45 sal.) et Ranc (42 sal.); les constructions Botta (70 sal.) et Garcia (50 sal.) et les plantations ornementales Calvière (40 sal.); autocars Alizés (120 sal., par la Sdcpt au groupe Connex de Veolia); magasin Intermarché (50 sal.), restauration collective de la Française de Restauration (45 sal.); traitement de déchets Gagneraud (60 sal.), Sra Savac (35 sal.), Merex (35 sal.) Tube City Ims (30 sal.). La Société financière du golfe de Fos emploie 95 sal., Gaz de France100.


Miramas

23 000 hab. (Miramasséens) dont 470 à part, 2 574 ha dont 582 de bois, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Istres-Nord, 10 km au nord du chef-lieu. La ville est à 3 km au nord de l'étang de Berre, à un grand carrefour ferroviaire des voies Paris-Marseille et Bordeaux-Riviéra, d'où partent des embranchements pour Fos et Martigues et Port-Saint-Louis-du-Rhône; la Sncf déclare 920 salariés. La ville actuelle a succédé à Miramas-le-Vieux, qui est perché sur une butte à 2 km tout près de Saint-Chamas et qui conserve quelques restes d'enceinte et une église du 12e s.; le château Cabasse, ancienne ferme de l'abbaye de Montmajour, restauré, abrite un centre aéré; le château Belval, bastide du 18e s., est un peu à l'est; les canaux de Craponne et des Martigues passent dans la commune. Les grands ensembles du quartier Nord sont considérés comme «zone urbaine sensible». Le site d'une ancienne poudrerie nationale (1670-1974), partagé avec Saint-Chamas sur 130 ha, qui fabriquait de la poudre noire et a connu plusieurs explosions, dont la plus grave en 1936 (53 morts), a été dépollué et acquis par le Conservatoire du Littoral comme réserve de faune et de flore.

Miramas a des arènes et un golf, 2 collèges et 3 lycées publics dont un professionnel, un établissement de soins de suite (40 sal.), une clinique (60 lits). Les autres établissements principaux sont ceux d'Areva (65 sal., pour une fabrique de lithium et un stockage d'uranium appauvri, en voie de fermeture), des Ateliers de Provence (matériel ferroviaire, 50 sal.); supermarchés Intermarché (80 sal.) et Champion (40 sal.), négoce alimentaire Doumenge (75 sal.), négoce de matériel électrique Régionale Prestation Sud-Est (Rexel, 90 sal.); travail temporaire Adecco (130 sal.), transports Ewals (70 sal.) et entreposage ID Logistics (95 et 75 sal.). Miramas n'avait encore que 700 hab. à l'arrivée du chemin de fer; sa population est passée à 2 300 hab. vers 1900, 6 600 en 1936, et a poursuivi sa croissance: 10 500 hab. en 1968, 20 000 en 1982; le rythme s'est un peu ralenti depuis. L'estimation est de 23 900 hab. (sdc) pour 2005. Le conseil municipal a une majorité de gauche; le maire est Frédéric Vigouroux, socialiste, également devenu conseiller général.


Saint-Mitre-les-Remparts

5 600 hab. (Saint-Mitréens), 2 102 ha dont 700 de bois, commune des Bouches-du-Rhône dans le canton d'Istres, 6 km au sud du chef-lieu. Le vieux village fortifié est au centre; il est doublé au nord par une urbanisation littorale dans l'anse de Ranquet, près du hameau de Varage qui dépend d'Istres. La commune est bordée à l'est par l'étang de Berre. Elle contient les étangs de Citis (50 ha) et du Pourra (110 ha), enchâssés dans des reliefs calcaires, et frôle l'étang de Lavalduc au nord-ouest; ruines romaines du site de Saint-Blaise, près de l'étang de Citis au nord-ouest, dont d'anciens remparts entrés dans le nom de la commune en 1949. Celle-ci n'avait que 400 hab. en 1931, 1 000 en 1962; puis sa population a fortement augmenté, passant les 5 000 hab. en 1990. Elle est principalement résidentielle; elle accueille un magasin Conforama (30 sal.), une jardinerie (45 sal.), une menuiserie (25 sal.), et offre près de 300 places de camping.