Canton d'Isigny-sur-Mer

Isigny-sur-Mer

2 800 hab. (Isignais), 1 744 ha, chef-lieu de canton du Calvados dans l’arrondissement de Bayeux, 32 km à l’ouest de celle-ci. La ville est bâtie dans les marais de l’Aure, près de son confluent avec la Vire à 4 km de la mer, et sur le trajet de la N 13 Caen-Cherbourg. Le territoire communal atteint le fond de la baie des Veys. Cette situation lui a valu d’être depuis longtemps un port de pêche et de commerce, maintenant à peu près vide, et surtout un grand centre de collecte et d’industrie du lait.

La coopérative laitière d’Isigny-Sainte-Mère reste puissante (500 sal., 200 M€ d'affaires, 180 millions de litres collectés annuellement) et se flatte de s'être dotée en 2009 de la plus grande chaudière à bois de France; un atelier de caramels et de biscuits ajoute à la réputation d’Isigny, mais il est à Carentan. Il reste une petite activité de pêche et de récolte de moules et huîtres, mais surtout dans les communes plus littorales comme Grandcamp.

Un château du 17e s. abrite l’hôtel de ville; la commune a une base de loisirs au confluent; collège, lycée privé, commerces élémentaires; Intermarché (40 sal.), supermarché Carrefour (25 sal.), transport de voyageurs Etasse (40 sal.), peinture en bâtiment (Isigny Peintures, 35 sal.). Le nom de la commune a été complété en 1924; elle avait alors 2 500 hab.; sa population a augmenté jusqu’en 1968 puis s’est un peu tassée, perdant encore 230 hab. de 1999 à 2008. La ville est le siège de la communauté de communes d’Isigny-Grandcamp Intercom, qui groupe 21 communes (9 100 hab.).

La Laitière d'Isigny

La coopérative laitière d'Isigny date de 1932; de 42 au départ, les coopérateurs sont 800 en 1970. Puis la coopérative fusionne en 1979 avec celle de Sainte-Mère-Église sous le nom de coopérative d'Isigny-Sainte-Mère. Elle collectionne les médailles dans les concours et a obtenu en 1996 une AOC pour le beurre et la crème d'isigny, étendue à 193 communes, et bénéficie aussi d'un label rouge. Elle collecte annuellement 200 millions de litres de lait chez ses 1 000 coopérateurs et produit du beurre, des crèmes, de la poudre de lait et divers fromages (camembert, pont-l'évêque, mimolette, fromages frais).

Le canton a 10 100 hab. (9 900 en 1999), 24 communes, 22 154 ha dont à peine 218 de bois. Limitrophe du département de la Manche, il s’étend assez loin vers le sud, jusqu’à la petite vallée de l’Elle à Sainte-Marguerite-d’Elle (770 hab., 2 049 ha), 16 km SSE d’Isigny, qui a un manoir classé (16e-17e s.) et des entreprises d’agro-alimentaire, dont la chocolaterie Agrolis (40 sal.), une fabrique de jeux et jouets Pixi (30 sal.). Lison (480 hab., 1 094 ha), à 10 km SSE d’Isigny, a une gare de bifurcation sur la ligne Caen-Cherbourg, ou s’embranche la voie vers Coutances.

Au nord d’Isigny, le canton s’ouvre sur la Manche en alternant plages et basses falaises calcaires autour de Grandcamp-Maisy (1 800 Grandcampserais, 1 485 ha), à 11 km NNE du chef-lieu, actif port de pêche (une vingtaine de bateaux, environ 700 t de poisson et 950 t de coquilles saint-jacques par an), huîtres et moules, avec plage et port de plaisance devant le grand platier des roches de Grandcamp. La commune a plus de 800 résidences secondaires (45% des logements), deux campings (360 places), un hôtel et un musée des Rangers de 1944; maison de retraite Les Matines (30 sal.). Les deux communes ont fusionné en 1972; Maisy avait alors 340 hab., Grandcamp un peu plus de 1 500 (1 900 en 1891); la population a peu varié après 1975, mais a perdu 60 hab. de 1999 à 2008.

Entre Grandcamp et Isigny, Géfosse-Fontenay (140 Géfossiens, 1 111 ha) est sur la rive orientale de la baie des Veys; château de Géfosse et manoir de l’Hermerel (16e-17e s.). À l’est de Grandcamp, la pointe du Hoc, haut lieu du Débarquement, était un point fort des défenses allemandes de 1944 qui dut être pris par escalade; elle est dans la commune de Cricqueville-en-Bessin (190 Cricquevillais, 855 ha), qui a une église gothique classée. Ces deux communes, comme la suivante, on environ un tiers de résidences secondaire, mais pas d'autre hébergement touristique.

Un peu plus loin, Englesqueville-la-Percée (90 Englesquevillais, 788 ha) occupe le littoral entre la pointe du Hoc et Omaha Beach; restes du château fort de Beaumont (12e s.). Le nom de la commune, qui évoque certainement un habitat anglais, a pris sa forme complète actuelle en 1891 et n’a donc rien à voir avec une percée militaire du Débarquement de 1944. La commune, très dépeuplée, a eu près de 500 hab. au début du 19e s. et en avait encore 360 en 1891.