Canton d'Argentat

Argentat

3 300 hab. (Argentacois) dont 220 à part, 2 241 ha dont 1 025 de bois, chef-lieu de canton du département de la Corrèze dans l'arrondissement de Tulle, 27 km au SSE de la préfecture, sur la rive droite de la Dordogne face au débouché de la Maronne, dont la confluence est reportée plus au sud par l'alluvionnement. Elle fut un actif port de gabarres et l'on voit encore ses quais, très animés aux 16e et 17e siècles; la navigation de plaisance y a pris un timide relais, Argentat étant un terminus. La ville, «petite cité de caractère», conserve des maisons anciennes; elle est dominée au sud par le puissant promontoire du puy du Tour, ancien oppidum d'où l'on a une vue étonnante et qui porte des restes de fortifications. Le château du Raz est sur le versant d'en face, au bout de l'éperon entre Dordogne et Maronne, le château du Bas en contrebas dans la plaine de rive gauche, au quartier de Prach; maison du Patrimoine. Au nord-est de la commune, la Dordogne est barrée depuis 1957 par la digue du Sablier, de 31 m de haut et qui retient un lac de 7,2 Mm3.

Argentat est un bourg bien équipé, avec collège et lycée publics, maison de retraite, qui dessert un espace assez étendu, mais très dépeuplé; il a des foires et marchés, une grosse fabrique de charpentes et menuiseries Blocfer (200 sal.), et d’assez nombreuses petites entreprises, notamment de meubles comme les Sièges d’Argentat (25 sal.), et de conserves (viandes Sol, 30 sal.); transports Manaux (25 sal.), travaux publics Terracol (30 sal.); négoces de boissons Mespoulet (45 sal.) et de matériaux Gedimat (30 sal.), magasins Casino (40 sal.), Super U (30 sal.). La population communale est montée à 3 400 hab. en 1876 et avait ensuite diminué jusqu'à 2 500 dans les années 1930; elle a connu une nouvelle croissance jusqu'en 1975, puis une légère baisse, et elle est restée stable depuis 1999. La communauté de communes du pays d'Argentat siège au chef-lieu et associe les 11 communes du canton.

Le canton a 6 100 hab., 11 communes, 18 266 ha dont 8 346 de bois. La tectonique du socle y a laissé des traces particulières: la vallée de la Dordogne s'y élargit localement en une petite plaine, et la grande faille d'Argentat, qui se suit jusqu'au plateau de Millevaches, s'y manifeste sous la forme d'un talus rectiligne qui se suit vers le NNO et à la faveur duquel se faufilent la Souvigne, longue de 18 km et qui conflue avec la Dordogne à Argentat, et la route de Tulle à Aurillac.

Saint-Martial-Entraygues (90 hab., 739 ha dont 412 de bois), 7 km au NE d'Argentat, est juché à 425 m sur le promontoire de confluence entre la Doustre et la Dordogne, juste au-dessus du lac de barrage du Sablier; le château du Gibanel, d'origine médiévale mais refait au 17e s., s'est placé tout en bas, à la confluence même; il sert maintenant d'ornement à un camping de luxe (250 places); la commune a plus de résidences secondaires que de résidences principales. Le nom de Monceaux-sur-Dordogne (710 Moncellois, 3 693 ha dont 1 846 de bois), au SO d'Argentat de l'autre côté du puy du Tour, fut jadis Muxellodunum et rappelle ainsi le rôle ancien de l'oppidum, qui est dans la commune.

Saint-Chamant (530 hab., 1 405 ha dont 760 de bois), 6 km NNO d'Argentat, est au pied du talus de faille, à l'entrée du défilé de la Souvigne; on y a exploité du charbon jusqu'en 1941; André Malraux s'est abrité pendant la guerre au château, d'où il dirigea des activités de Résistance; église classée des 12e-13e s., château de Soulages dans la vallée de la Souvigne, fabrique de meubles de cuisine Sibo (30 sal.). À Albussac (710 Albussacois, 3 626 ha dont 1 453 de bois),7 km au NO de Saint-Chamant sur le plateau, un ravin affluent de la Souvigne offre le site sauvage de la cascade de Murel. À Ménoire (90 hab., 643 ha dont 190 de bois), tout à l'ouest du canton non loin de Beynat, l'oppidum de la Roche de Vic est une butte qui monte à 636 m et d'où l'on a un large panorama (table d'orientation).