Canton de Bort-les-Orgues

Bort-les-Orgues

3 320 hab. (Bortois), 1 507 ha dont 354 de bois, chef-lieu de canton du département de la Corrèze dans l'arrondissement d'Ussel, 31 km au SE d'Ussel, à 435 m. La ville est au fond de la vallée très encaissée de la Dordogne, des deux côtés de la rivière juste en aval du barrage. La commune s'étend des deux côtés, formant ainsi la seule enclave de rive gauche de la Dordogne dans le département du Cantal. À l'est, elle mord sur le plateau de l'Artense, au-dessus des gorges de la Rhue, qui conflue avec la Dordogne au sud du bourg, après avoir franchi le site spectaculaire du saut de la Saule. À l'ouest, elle englobe le très célèbre site des orgues de Bort, dont les hautes colonnes basaltiques prismatiques, de 80 à 100 m, vieilles de 15 millions d'années, font face au bourg sur l'escarpement de rive droite; une table d'orientation très accessible est placée au-dessus des orgues et donne une large vue sur la ville et, au-delà, sur le massif du Cantal.

Le barrage, achevé en 1951, est un impressionnant mur de 119 m de haut et 390 de long, qui retient un lac de 1 000 ha et 500 Mm3, étiré sur 21 km; la centrale électrique qui utilise la chute fournit 325 GWh par an. Son site, les orgues et le barrage donnent à Bort de solides bases touristiques, qu'elle complète par l'hôtellerie, un centre d'escalade, un musée de la tannerie et du cuir qui rappelle son ancienne spécialité, célébrée aussi par un salon annuel des négociants-voyageurs. Celle-ci n'est pourtant plus guère représentée que par la maroquinerie Le Tanneur (articles de voyage, 60 sal.), rachetée en 2011 par Qatar Luxury Group, qui appartient à l'épouse de l'émir du Qatar; la dernière tannerie a fermé en 1991.

La ville a quelques monuments, dont une halle aux blés du 18e s.; un hôpital local (20 lits), un lycée professionnel et un collège publics, un centre d’aide par le travail; son rayonnement déborde sur le département voisin; entreprise de bâtiment Ferrié (60 sal.), installations thermiques Clarissou (25 sal.); supermarché Crarefour (80 sal.), transports Moulier (25 sal.); carrières de Saint-Thomas (Persiani, 30 sal.). À Bort est né l’écrivain Marmontel (1723-1799), qui collabora à la Grande Encyclopédie. Le nom de la commune était simplement Bort avant 1919. Elle avait 3 900 hab. en 1900 et sa population a augmenté jusqu’à dépasser 5 000 entre 1946 et 1975, mais elle a perdu des habitants depuis, dont 400 entre 1999 et 2008. Bort est le siège de la communauté de communes Bort-les-Orgues, Lanobre et Beaulieu, qui ne s’est pas fatiguée à trouver un nom puisqu’elle n’associe que ces trois communes (4 800 hab.); du moins est-elle interdépartementale et même interrégionale: les deux autres communes sont dans le Cantal, donc en Auvergne, juste au nord de Bort.

Le canton a 5 000 hab., 10 communes, 15 560 ha dont 4 526 de bois; sa limite orientale et méridionale suit le lac et les gorges de la Dordogne le long de celle du département du Cantal. Ce sillon est une partie du grand sillon houiller «Sioule-Dordogne» qui traverse le Massif Central et correspond à une ligne d’intense fracture SSO-NNE. Au nord, la limite passe au fond des gorges du Chavanon, qui conflue avec la Dordogne sous le site-promontoire de Confolent-Port-Dieu (30 hab., 847 ha dont 587 de bois), à 766 m, plus proche d’Ussel (18 km à l’est) que de Bort, et dont le nom évoque bien le confluent; mais il était simplement Port-Dieu avant 1950. Port-Dieu est un ancien prieuré situé sur une pointe au sud de la commune, juste au bord du lac de Bort. Son nom a été également adopté par Monestier-Port-Dieu (130 hab., 1 800 ha dont 837 de bois), la commune voisine au sud, dont le village, du haut du plateau à 650 m, domine tout le lac, sur l’éperon de confluence de la rive gauche du Dognon: le site de la Vie, sur le promontoire, donne une superbe vue sur le lac et sur la basse vallée ennoyée du Dognon.

Encore plus au sud, la rive du lac relève de la commune de Sarroux (450 Sarrousiens, 2 376 ha dont 617 de bois), dont le bourg est à 630 m sur le plateau à 7 km à l’ouest de Bort et qui a gagné 60 hab. de 1999 à 2008. Du site du Mont, on découvre le château de Val, dont le lac a fait un îlot, dans la commune cantalienne de Lanobre. Au sud sur la route de Bort, site des Aubazines et point de vue sur le barrage et l’enfilade du lac; tout près, entre Bort et Sarroux, le château de Pierrefitte (15e s.) est à l’orée d’un bois, et le hameau du Puy de Bort monte à 859 m.

Sarroux est à moitié entourée par le finage de la commune voisine de Saint-Julien-près-Bort (430 hab., 3 063 ha dont 707 de bois), 10 km à l’ouest de Bort à 615 m, lequel finage s’étend au nord jusqu’à la hauteur de Monastier, incluant le château de Vaux et le petit village de Nuzéjoux, dont toutes les maisons sont classées; à l’ouest de Saint-Julien, la confluence de la Diège et de la Dordogne, toutes deux en gorge, forme le très beau site de Saint-Nazaire, à la limite du canton et de ceux de Neuvic (Corrèze) et de Saignes (Cantal); la commune a gagné 50 hab. de 1999 à 2008. Margerides (260 Margeridois, 1 180 ha dont 288 de bois), 5 km au nord de Saint-Julien, a une église classée du 12e s. et les restes d'un temple gallo-romain.

Veyrières (60 Veyriérois, 410 ha), à l’ouest du canton et à 11 km SE d’Ussel, à 720 m, est le siège de la communauté de communes du plateau Bortois, qui réunit 8 des 10 communes du canton (1 300 hab.), hors du chef-lieu, et de Sarroux, qui reste à part; son église du 12e s., ancienne dépendance de Port-Dieu, est inscrite. À 4 km au nord-est, Saint-Bonnet-près-Bort (180 hab., 1 714 ha dont 306 de bois) a une autre église du 12e s., également inscrite et dépendance de Port-Dieu.