Canton de Meyssac

Meyssac

1 310 hab. (Meyssacois), 1 156 ha, chef-lieu de canton du département de la Corrèze dans l’arrondissement de Brive-la-Gaillarde, 24 km au SE de Brive, dans les collines du bassin permien, dont les grès donnent aux maisons du village leur couleur rouge. Le village, «petite cité de caractère», a des maisons à colombage, une halle du 18e s. et une église du gothique flamboyant; c’est encore un actif marché aux veaux, dans un paysage aux nombreux noyers. La bourgade héberge la fabrique de cosmétiques Simah (100 sal.) du groupe Sothys (famille Mas); une maison des pupilles de l’enseignement public (institut médico-éducatif, 70 sal.), un collège public. Sa population a peu changé depuis 1930; mais elle dépassait largement les 2 000 hab. dans la première moitié du 19e siècle; elle s'est accrue de 110 hab. après 1999.

Le canton a 5 000 hab. (4 700 en 1999), 14 communes, 15 340 ha dont 4 444 de bois. Il est limitrophe du département du Lot et s’étend principalement dans le bassin géologique de Brive, à deux exceptions près. À l’est, la petite commune de Lostanges (130 Lostangeois, 947 ha dont 366 de bois), qui s’interpose curieusement entre les cantons de Beynat et de Beaulieu, se tient sur le massif ancien; beaux jardins au hameau de Saumont. À l’ouest au contraire, le canton mord sur le causse dans la commune de Turenne. Le canton de Meyssac, avec son voisin de Beaulieu, est au centre de la production corrézienne de «noix du Périgord», la seconde spécialité fruitière du département après les pommes; et le premier du Limousin pour les vignes, mais avec 54 ha seulement en 2000, contre 52 pour le canton de Beaulieu.

L’ensemble forme une sorte de Luberon briviste, très apprécié des Parisiens. Collonges-la-Rouge (480 Collongeois, 1 431 ha dont 569 de bois), 2 km ONO de Meyssac, n’est «la Rouge» que depuis 1969. Outre une soif de publicité, elle le doit au grès permien dont sont faites ses maisons, comme celles de Meyssac et des villages alentour. Mais il est vrai que l’architecture du village, qui était quasi ruiné au début du 20e siècle, est particulièrement réussie et a été bien rénovée et entretenue, faisant de Collonges une sorte de village de cinéma, à double titre d’ailleurs puisque plusieurs films y ont été tournés, depuis Le Capitaine Fracasse en 1928, couleur exclue! L’église en revanche est de calcaire blanc, avec un beau portail et des fortifications; musée des arts et traditions, «musée vivant de l’oie» dans une ferme. C’est d’ailleurs le maire de Collonges qui eut l’idée de lancer en 1982 l’association des «plus beaux villages de France», en y inscrivant bien entendu en premier Collonges. La commune avait 1 300 hab. en 1806, 940 en 1900, et a repris une très légère croissance après 1975, gagnant encore 50 hab. après 1999; conserves de fruits Fruinov (20 sal.). Elle a un hôtel, deux campings (165 places) et 40% de résidences secondaires (160 sur 400).

Un peu plus loin, en direction de Brive, Noailhac (350 Noailhacois, 1 351 ha dont 578 de bois) a une église classée, du 12e s. et fortifiée au 15e s., et les châteaux de la Coste (15e et 17e-18e s.) et de Lon; elle s'est accrue de 40 hab. après 1999. Noailhac, Collonges et Meyssac sont dominés par une série de hautes buttes, atteignant 500 m; elles correspondent à la masse des grès rouges du bassin, soulevés et basculés vers le NE et dominant la plaine élaborée dans les marnes du lias, qui s’élargit vers le sud dans le canton lotois de Vayrac. Un peu plus bas, Ligneyrac (310 Ligneyracois, 836 ha), 7 km à l'ouest de Meyssac, a une église inscrite des 12e-13e s. et deux châteaux, le Peuch (15e-16e s.) et la Rue (16e-17e s.); aliments du bétail Simbelie (25 sal.) au Moulin du Peuch; sanatorium de Boulou les Roses à l'ouest, sur une colline dominant la vallée de la Tourmente près de Turenne.

Dans la plaine, la petite Saillac (180 hab., 423 ha), 4 km au sud de Collonges, a une église classée du 12e s., issue d'un prieuré dépendant d'une abbaye de femmes de Limoges. Chauffour-sur-Vell (390 Chauffournais, 719 ha), 5 km au sud de Meyssac, est le siège de la communauté de communes des Villages du Midi corrézien (12 communes, 3 900 hab.); elle était Chauffour tout court jusqu’en 1919, le Vell est un ruisseau local; le château de Marot est près du village; la commune s'est accrue de 70 hab. entre 1999 et 2008. Branceilles (250 Branceillais, 1 159 ha), 6 km au SE de Meyssac, y a rénové un vignoble dit des Mille et une pierres, qui eut jusqu’à 450 ha avant le phylloxéra, et dont une trentaine d’hectares ont été replantés, profitant de la promotion touristique des environs; maison de retraite publique.

Curemonte (220 Curemontois, 883 ha), 11 km au SE de Meyssac, est le village le plus méridional du canton, sur un petit éperon dominant la petite vallée de la Sourdoire, affluent du Lot, d’où l’on a une vue étendue; il figure lui aussi parmi les «plus beaux villages de France» et les «petites cités de caractère» et ses maisons cossues témoignent d’une certaine richessse accumulée aux 16e et 17e siècles; trois châteaux campent dans le village même, autour de l’église et de la halle; deux d’entre eux furent la propriété de la fille de Colette, qui y séjourna en 1940. Ils sont entourés de «maisons nobles» où résidaient les officiers; deux autres églises sont dans les hameaux. Le château de la Johannie est du 14e s., ceux de Saint-Hilaire et des Plas (13e, 15e et 18e s., classés, partagent la même enceinte d'une ancienne co-seigneurie.

Collonges la Rouge et la Blanche

Charles Ceyrac, mort en 1998, a été député et président du Conseil général de la Corrèze; il appartenait à la famille politique du RPR et son père, notaire à Meyssac, avait rédigé le contrat de mariage du père de Jacques Chirac. Maire de Collonges-la-Rouge, il obtint de notables investissements, notamment sur la route de Brive à Collonges, ainsi qu'une implantation industrielle malheureuse à Turenne (les batteries au plomb Autosil). Il décida de créer en 1982 l'association des Plus beaux villages de France, puis en 1993 l'association SOS Villages de France, qui envisagea notamment de faire à nouveau sonner les cloches dans tous les villages du pays… Son frère François fut le président du CNPF (Conseil national du patronat français) de 1972 à 1981, sans lui-même avoir été patron. La municipalité de Collonges-la-Rouge, depuis, est passée à gauche et dirigée par Henry ou Henri) Bassaler, socialiste, également conseiller régional dans la majorité, et directeur du Centre d’aide par le travail de Tulle: un autre monde. À la mort d'Henry Bassaler en 2008, la mairie est revenue à sa première adjointe, Paulette Ferrer. Le lycée agricole de Voutezac près de Brive porte le nom d'Henri Bassaler.


Turenne

820 hab. (Turennois), 2 803 ha dont 1 121 de bois, commune de la Corrèze dans le canton de Meyssac, à 14 km au sud de Brive. Elle fut le site principal et originel de la puissante et très ancienne seigneurie de Turenne, qui domina le sud-ouest du Limousin. La citadelle campe sur une butte-témoin ovale un peu en avant du plateau du Causse de Martel, lequel se termine sur le bassin par un puissant front de côte, dominant la vallée de la Tourmente et la voie ferrée qui la suit vers la vallée du Lot. Il ne reste cependant que deux tours du château, entourées par les trois enceintes concentriques de la citadelle; mais l'ensemble est de premier ordre, et très visité.

Le village, «petite cité de caractère», s’est établi entre la butte et la côte, et conserve de belles maisons anciennes, foirail et place des halles. La gare de Turenne est à 2 km au sud du village; distillerie de spiritueux des Terres Rouges ex-Denoix (25 sal.), sur le site d’une fabrique de batteries Autosil, société portugaise dont le projet, initialement prévu à Brive en zone industrielle, a été orienté en 1996 vers Turenne avec l’appui des finances publiques en dépit des oppositions locales et de plusieurs annulations d’autorisations, pour finalement fermer en 2003; la distillerie, qui relève du groupe Pagès du Puy-en-Velay, a bénéficié du transfert de la distillerie de la gentiane Salers depuis Montaignac-Saint-Hippolyte (canton d'Égletons).

Sur le revers de la côte au nord-ouest du village, le château de la Peyrouse (ou la Pérouse) est des 17e-18e s. et a succédé à une ancienne tour de guet. Depuis quelque décennies, Turenne rivalise avec Collonges-la-Rouge, qui lui fait face de l’autre côté de la plaine à 5 km à l’est, au point d’avoir préféré adhérer à la communauté d’agglomération de Brive plutôt qu’à la communauté du Midi corrézien, qui rassemble la plupart des communes du canton. La commune a gagné 70 hab. de 1999 à 2008.