Canton d'Is-sur-Tille

Is-sur-Tille

4 000 hab. (Issois), 2 253 ha dont 766 de bois, chef-lieu de canton de la Côte-d'Or dans l'arrondissement de Dijon, 22 km au NNE. C'est un curieux lieu d'approximations géographiques: Is est au bord non de la Tille mais de l'Ignon, à sa sortie du plateau bourguignon - la Tille, dont l'Ignon est un affluent, borde la commune au nord, à 3 km du bourg; la ville est connue comme carrefour ferroviaire, mais la gare est dans la commune voisine de Marcilly, laquelle est nommée sur-Tille mais est aussi sur l'Ignon; enfin c'est Ià qu'est domicilié le courrier du centre nucléaire de Valduc, lequel se trouve dans un canton voisin, dont les communes ont un autre code postal.

Néanmoins Is-sur-Tille existe bien. La ville a été un centre protestant, actif au 17e dans l'industrie textile et la tannerie, en partie ruiné par la réforme de l'édit de Nantes en 1685. Le carrefour ferroviaire lui a profité, et les troupes américaines y avaient établi en 1917 un immense camp de ravitaillement; mais la gare n'a plus beaucoup d'activité depuis 1945.

Les principaux employeurs sont la deuxième usine de SEB, qui occupe 240 personnes et produit surtout des friteuses, dont la majorité sont exportées, et les transports Cordier (270 sal.). Is avait reçu un atelier de plasturgie Linpac (75 sal.), à un groupe britannique de Birmingham (Montagu), qui a réduit les effectifs au profit de la République tchèque et a fini par fermer, en dépit de confortables aides locales; l'usine a été détruite en 2010. Les autres principaux établissements sont les tuyaux de plastique System Group (45 sal., à l'italien Corrugati), des fabriques de matériel agricole Gauvain (25 sal.) et d'équipements de contrôle Pia (25 sal.); magasins Intermarché (45 sal.) et Bricomarché (25 sal.), maintenance d'ascenseurs Avril Siedam (40 sal.), isolation Myral (20 sal.), nettoyage Derichebourg (45 sal.)

La ville a un hôpital local (26 lits), un collège public. On apprécie à Is-sur-Tille un mail ombragé, quelques hôtels bourgeois; un train touristique dit des Lavières fonctionne en été. Que son nom n'ait que deux lettres a fait d'Is un lieu commun des mots croisés, ce qui a donné l'idée d'un festival annuel, actif depuis 1990, mais partagé depuis 1996 en rotation trisannuelle avec les deux célèbres «sœurs» que sont Ay et Eu - il y manque au moins Gy, pourtant proche en Haute-Saône, mais il est vrai moins connue. La population de la commune a crû de 1962 (2 600 hab. sdc) à 1982 (4 200) puis s'est à peu près stabilisée. Is-sur-Tille est le siège de la communauté de communes des vallées de la Tille et de l'Ignon, qui rassemble 23 communes et 11 400 hab., soit presque tout le canton.

Le canton a 12 500 hab. (11 600 en 1999), 24 communes et 38 143 ha dont 16 168 de bois; il se partage entre le bas plateau cultivé de la Tille et le haut plateau boisé de Langres au nord-ouest, creusé par les vallées encaissées de la Tille et de l’Ignon. La N 74 file tout droit du SSO au NNE à travers tout le canton; elle a repris le tracé de la voie romaine de Dijon à Langres. Juste à l’est d’Is, à 5 km, Til-Châtel (990 hab., 2 637 ha) campe à 26 km de Dijon, à l’emplacement de l’ancien relais et castrum romain Filena, devenu plus tard Tilocastro, qui a donné Til-Châtel. La commune, dont la population s'est accrue de 160 hab. entre 1999 et 2008, englobe au nord un échangeur N 74 - A 31 et un aérodrome (LFET) doté de deux pistes gazonnées de 1 050 m et 1 030 m; aéroclub du Val d’Is; moules et modèles Perrin (25 sal.).

Entre Is et Til, Marcilly-sur-Tille (1 560 hab., 727 ha) complète la petite agglomération et y ajoute un atelier de plastiques Sipa (Société issoise des plastiques appliqués, 50 sal.). Elle a grandi autour de la gare. Jadis elle fut en Champagne quand Is était en Bourgogne, et un octroi séparait les deux villages, dont les maisons pourtant se touchaient. La population est en croissance nette depuis les 730 hab. de 1968 et s'est accrue de 160 hab. entre 1999 et 2008. Un peu plus à l’est, Lux (520 hab., 2 310 ha dont 604 de bois), 4 km au SE de Til au confluent de la Venelle et de la Tille, abrite un château du 18e s. avec parc. Gémeaux (860 hab., 1 934 ha), 5 km au sud de Marcilly, proche de la N 74, a une superbe et très vieille halle en bois du 15e s., ainsi qu’un château du 18e s., et une gare; sa population a gagné 100 hab. entre 1999 et 2008.

Marsannay-le-Bois (750 hab., 1 194 ha), 10 km au sud du chef-lieu et 15 km au nord de Dijon, commence à sentir les effets de la périurbanisation: sa population croît régulièrement depuis les 310 hab. de 1968 (+70 hab. de 1999 à 2008). Le canton s’étend très largement sur le plateau forestier assez vide, où s’étale, au sud, le vaste champ de tir d’Épagny, commune de 280 hab. et 1 239 ha, dont 489 de bois, dont le village toutefois est au pied de l’escarpement, sur la route d’Is à Dijon; sa population a gagné 60 hab. après 1999.

Courtivron (190 hab., 1 563 ha dont 1 170 de bois), 13 km à l’ouest d’Is-sur-Tille dans la vallée encaissée de l’Ignon, conserve un château du 18e s. Marey-sur-Tille (330 hab., 3 015 ha dont 1 929 de bois), 10 km au nord du chef-lieu, est dans la partie encaissée de la vallée de la Tille, et forestière; charpentes Mortier (25 sal.).