Canton de Venarey-les-Laumes

Venarey-les-Laumes

3 100 hab. (Laumois), 1 023 ha, chef-lieu de canton de la Côte-d'Or dans l'arrondissement de Montbard, 14 km au SE de Montbard. La bourgade est dans un petit bassin de plaine où confluent l'Armançon, la Brenne, l'Oze et l'Ozerain, et où passent le canal de Bourgogne et la voie ferrée de Paris à Dijon. Le nom de la commune était Venarey tout court avant 1961. Mais l'habitat est bien double. Le village ancien est à l'ouest du canal, qui offre un petit port de plaisance; l'urbanisation principale, aux Laumes, est née autour de la route (le Bourg) puis de la gare (1851) et de son dépôt, installé en 1900. Cimenterie et tuilerie étaient apparues dans la seconde moitié du 19e s. et la firme Bel a eu une grosse fromagerie jusque vers 1990.

La principale entreprise est une usine de tubes au titane Valtimet (Vallourec, 220 sal.); la confection, qui employa 300 femmes, a disparu. Le dépôt de chemin de fer maintient 300 emplois, après avoir atteint 700; quelques ateliers: viandes du groupe Bigard (65 sal.), laiterie Senoble (20 sal.), mécanique (Provea, 20 sal.); bases de navigation fluviale des Croisières Touristiques Françaises (25 sal.) et de Navigation Touristique (20 sal.).

La commune, qui a le label «station verte de vacances», a aussi un collège public et un golf; supermarché U (70 sal.). Sa population était de 1 500 hab. en 1900, 3 000 en 1950, et a augmenté jusqu’en 1970 surtout, pour se stabiliser ensuite vers 3 500 hab. (sdc) et décliner un peu en 1999; elle a perdu 300 hab. entre 1999 et 2008. Un «forum Alésia» est en cours d’équipement sur la friche Bel pour réunir les services sociaux et publics et des activités touristiques.

Juste à l’est, en effet, se dresse l’oppidum du mont Auxois (407 m), généralement considéré comme le site d’Alésia (assiégé par César en 52 av. J.-C.). Il est dans la commune d’Alise-Sainte-Reine (650 hab., 383 ha), où ont été établis un musée et un théâtre à l’antique, sous la société d'économie mixte Alésia (25 sal.); on y enregistre plus de 30 000 visiteurs/an; Alise a également un hôpital local. Venarey-les-Laumes est le siège de la communauté de communes du pays d’Alésia et de la Seine, qui réunit 24 communes et 7 800 hab.

Le canton a 7 700 hab. (8 000 en 1999), 24 communes, 30 704 ha dont 6 245 de bois; il s’étend d’ouest en est sur plus de 25 km et son relief est fortement découpé par les vallées encaissées. Il est traversé de part en part par la voie ferrée Paris-Lyon, qui suit la vallée de l’Oze, et ne manque pas de sites séduisants. Au NE de Venarey (6 km), Bussy-le-Grand (300 hab., 2 969 ha) abrite le beau château de Bussy-Rabutin, des 15e, 16e et 17e s., à deux tours rondes et jardins (plus de 30 000 visiteurs/an); en 1994 s’est ouvert le musée du dessinateur états-unien Douglas Gorsline (1913-1985), qui s’était installé au village en 1965; Bussy propose aussi le jardin de la maison Lang et une église du 12e s. La commune avait près de 1 000 hab. en 1806, 400 en 1931; pourtant la décroissance semble arrêtée depuis 1990.

Dans la vallée du Vau, affluent de l’Oze, Darcey (350 hab., 1 891 ha dont 450 de bois), 11 km à l’est du chef-lieu, abrite un négoce de produits agricoles (Bourgogne Espace Rural, 50 sal.). Un peu en amont dans la même vallée, Frôlois (180 hab., 3 477 ha dont 856 de bois) se distingue par ses hameaux perchés et son gros château à puissantes enceintes, d’origine féodale mais remanié au 17e et au 18e siècle. Plus loin au sud-est, le minuscule village de plateau nommé Saint-Germain-Source-Seine (29 hab. en 1999, 891 ha dont 301 de bois) disputait à Poncey-sur-l’Ignon l’insigne honneur d’abriter sur son territoire la source de la Seine, qui est à la limite des deux communes, et pour mieux s’affirmer avait changé son ancien nom de Saint-Germain-la-Feuille en 1876, un peu après que la ville de Paris ait affecté la source d’un surprenant monument en rocaille; la commune avait alors une centaine d’habitants (210 en 1806). Finalement la commune a disparu en 2009, le village s'intégrant à celle de Blessey dans la nouvelle commune de Source-Seine (50 hab., 1 641 ha dont 616 de bois).

Dans la vallée encaissée de l’Oze, qui rejoint la Brenne au chef-lieu, s’insinue la voie ferrée vers Dijon; Thenissey (120 hab., 1 025 ha dont 359 de bois), 15 km ESE de Vénarey, y a une gare, plus une église du 12e s. et un château du 18e s. Un peu plus loin à 5 km SE, Salmaise (150 hab., 1 312 ha dont 536 de bois) est un village perché, qui fait partie des «villages de caractère» et des «villages de charme» et qui est doté d’une vieille église classée (11e s. en partie), de restes d’un château et d’une halle du 12e s. Tout près et toujours dans la vallée de l’Oze, Verrey-sous-Salmaise (330 hab., 821 ha dont 246 de bois) a une autre gare et un château du 18e s.

Au SE du chef-lieu (7 km), Flavigny-sur-Ozerain (340 hab., 2 779 ha dont 644 de bois) est un intéressant village perché, classé parmi les «plus beaux villages de France» et les «villages de charme»; il est issu d’une abbaye bénédictine de 719, et riche d’un musée (cryptes de l’abbaye), de maisons anciennes et de remparts; les célèbres pastilles rondes à l’anis, inventées en 1923, y sont toujours fabriquées par la maison Troubat (30 sal.); mais le village s’est bien dépeuplé: 1 300 hab. vers 1780, encore un millier en 1900, 600 en 1960.

Un peu en amont dans la vallée de l’Ozerain, mais sur l’autre versant, Hauteroche (80 hab., 1 328 ha dont 310 de bois) est un pittoresque village perché à flanc de coteau, qui eut 600 hab. au 19e s. et qui était tombé à 72 en 1975, mais se relève un peu; ancien château féodal en partie restauré, site de vol libre au SE du village. Au sud-ouest du canton, Marigny-le-Cahouët (270 hab., 1 928 ha dont 232 de bois), 10 km au sud du chef-lieu, est au bord du canal de Bourgogne, qui profite d’un entonnoir ouvrant la côte de l’Auxois pour passer du bassin du haut Armançon dans celui de son affluent la Brenne; halte nautique, butte-témoin du mont Cernon (398 m) et reliefs de la Corne aux Cerfs (451 m). La commune avait 700 hab. avant 1900.