Canton de Gentioux-Pigerolles

Gentioux-Pigerolles

390 hab., 7 929 ha dont 3 125 de bois, chef-lieu de canton du département de la Creuse dans l'arrondissement d'Aubusson, 32 km au SO de la ville à 835 m; c'est le plus haut chef-lieu de tout le Limousin. Le village principal, Gentioux, est près des sources de la Maulde; il avait du mal à survivre, mais il bénéficie de la proximité du lac de Vassivière et il est devenu un petit centre de ski de fond. Il cultive le souvenir des maçons de la Creuse et, chose rare, a choisi comme monument aux morts la statue d'un enfant levant le poing et la mention «maudite soit la guerre», qui n'a jamais été inauguré officiellement. La commune, agrandie par la fusion de 1972 avec Pigerolles, qui toutefois n'avait plus guère alors qu'une centaine d'habitants, s'étend d'un bout à l'autre du canton; elle a autant de résidences secondaires que de résidences principales.

Son territoire a plusieurs étangs, dont l'un est bordé par un pont roman sur le haut Taurion. Au hameau de Paillier entre Gentioux et Pigerolles, une maison des Chevaliers, du 17e s., expose des pierres venant des commanderies de templiers et d'hospitaliers de la Marche, et des jardins «médiévaux», près d'une chapelle romane à clocher-mur; Pigerolles est à la source du Taurion. Le nombre d'habitants des deux communes avait frôlé les 2 000 au milieu du 19e siècle; le dépeuplement se poursuit, mais au ralenti. La commune est le siège de la communauté de communes du plateau de Gentioux, qui groupe 7 membres (dont Peyrelevade en Corrèze, et Saint-Yrieix-en-Montagne, mais sans Gioux ni Feniers) et 2 300 hab.

Le canton a 1 400 hab., 7 communes, 25 110 ha dont 9 756 de bois; il est limitrophe des départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne. L'angle SO, entre ces limites, est tenu par les communes de La Villedieu (50 hab., 563 ha dont 350 de bois, à 562 m) et surtout de Faux-la-Montagne (370 hab., 4 789 ha dont 1 244 de bois), dont le village est à 8 km au SO de Gentioux, à 712 m, et qui a perdu 40 hab. depuis 1999; la petite entreprise de parquets et lambris Ambiance-Bois, collectif autogéré d'une vingtaine de personnes, est soutenue par la communauté de communes et a même eu droit à un livre (Ambiance Bois, l'aventure d'un collectif autogéré, par Michel Lulek, éditions Repas, 2003). Le lac de barrage de Faux, établi sur un petit affluent de la Vienne, a l'originalité d'être à voûtes multiples; il retient un stock de 1,3 Mm3 et le plan d'eau, entouré de résineux, atteint 45 ha. Le lac est relié par conduite souterraine (canal du Dorat) au lac de la Chandouille (172 ha), au SE de la commune, dont le barrage dit de Chammet est sur la Vienne même, à cheval sur la commune de Faux et celle de Peyrelevade, où se trouve le hameau de Chammet. Faux a 210 résidences secondaires (la moitié du parc) et un camping de 50 places. Le grand bois de la Feuillade est partagé avec La Villedieu, qui est à 5 km SO de Faux.

L'angle sud-est du canton est le domaine de Féniers (85 Féniers, 1 433 ha dont 337 de bois), qui est à 15 km ESE de Gentioux et à 850 m, sur une haute échine de plateau relevant du bassin de la Creuse; c'est là que se trouve le point culminant du département de la Creuse, à 919 m. Feniers est un centre traditionnel de foires aux bestiaux, et maintenant un site de ski nordique; un petit camp militaire sert d'annexe à celui de La Courtine, juste au-dessus de la gorge de la haute Creuse; il a reçu un centre d'émission et réception hertzienne.

Près de Gioux (180 hab., 3 742 ha dont 700 de bois), 17 km ENE de Gentioux à 780 m, ont été trouvés les restes d'une villa gallo-romaine, et de l'uranium a été exploité tout à côté, au hameau d'Hyverneresse. À La Nouaille (250 Nouaillauds, 4 812 ha dont 3 000 de bois), 16 km au NE de Gentioux à 700 m, le domaine de la Banizette, exploitation agricole de 125 ha, a des bâtiments du 15e s. et a ouvert un musée de l'outillage traditionnel agricole, avec des jardins fleuris; église des 12e et 14e à chapiteaux sculptés au village. Saint-Marc-à-Loubaud (140 hab., 1 842 ha dont 1 000 de bois), à l'angle NO du canton à 9 km au nord du chef-lieu, à 720 m, occupe la rive orientale du grand lac de barrage de Lavaud-Gelade (300 ha), dont le nom vient d'un hameau de la commune.