Canton de Domme

Domme

1 000 hab., 2 491 ha, chef-lieu de canton de la Dordogne dans l'arrondissement de Sarlat, 15 km au sud de la ville, sur la rive gauche de la Dordogne. Il est issu d'une bastide royale fortifiée (extrême fin du 13e s.-début du 14e), avec remparts restaurés, portes et tours, halles de pierre et de bois, maisons du 15e s., musée des arts et traditions, hôpital local (10 lits); base nautique; grottes à concrétions aux environs. Domme figure dans la liste des «plus beaux villages de France». Le finage comprend un lobe de méandre à terrasse dans la plaine de la Dordogne en amont, qui accueille une série de campings et où sont le château (19e s.) et le hameau de Caudon, et un pont vers Vitrac. Il s'étend aussi largement à l'est sur le haut plateau, qui porte le hameau de Giverzac (château, centre de vacances); le plateau est accidenté par un vallon où se voient le Trou de l'Arc et la grotte de Combe Grenat. De nombreuses grottes ont révélé des restes préhistoriques; la grotte du Mammouth est ornée.

Un aérodrome de tourisme a été aménagé sur le plateau, doté d'une piste de 750 m revêtue, et géré par l'aéroclub du Sarladais. Juste à côté, Domme abrite depuis 1974 une grande station d'écoute radio de la surveillance du territoire (DGSE) dite «centre radioélectrique», le plus grand site français de la catégorie des «grandes oreilles», capable d'étudier le trafic de nombreux satellites et employant 200 personnes avec un matériel constamment modernisé. La population de la commune déclinait depuis le début du 19e s. (2 000 hab.) jusqu'en 1962 (850, sdc); elle a repris un peu ensuite, mais se maintient tout juste.

Le canton de Domme a 6 600 hab. (6 000 en 1999), 14 communes, 22 126 ha dont 9 598 de bois et forme une communauté de communes. Sa limite nord suit le cours de la Dordogne, sa limite orientale est celle du département du Lot; il est traversé du SE au NO par la vallée encaissée du Céou. On y trouve de nombreuses grottes à concrétions (mais sans découvertes préhistoriques); au NE, il inclut le pédoncule de méandre du cingle de Montfort. Groléjac (660 hab., 1 228 ha dont 623 de bois) au nord-est du canton aligne ses maisons au fond de la vallée de la Germaine, qui y conflue avec la Dordogne au Port de Groléjac à 500 m; gravières Garrigou (40 sal.), menuiserie Périgord-Quercy (25 sal.). Un lac avec base de loirs est juste en amont, au hameau de la Mouline. Le finage s'étend des deux côtés de la Germaine sur un ensemble de fortes collines. Il a révélé des restes préhistoriques (gisement moustérien de la Gane) et contient à la limite sud-est la grotte de Pechpialet. La commune a gagné 70 hab. de 1999 à 2008.

Cénac-et-Saint-Julien (1 300 Cénacois, 1 987 ha dont 771 de bois), qui jouxte Domme à l’ouest, est le siège de la communauté de communes du canton. Son habitat est très dispersé. Cénac est en fait la petite agglomération de vallée au débouché des vallons sous la butte de Domme; au pied du coteau, un alignement de maisons forme le Port. Une plaine alluviale en demi-lune sépare en aval la Dordogne du coteau, au pied duquel se tient le petit hameau de l'Église. Saint-Julien est un hameau sur le haut pédoncule du méandre suivant. Les deux villages ont une église du 12e s.; Cénac a absorbé Saint-Julien-de-Castelnaud (160 hab.) en 1827; leur réunion avait dépassé 1 500 hab. autour de 1860, puis était descendue à 810 en 1968. Le finage occupe le plateau entre les vallons de Cénac, la vallée du Céou encaissée à l'ouest, et le cingle au nord; la falaise du Conte, au-dessus du Céou à l'ouest, a révélé un gisement préhistorique; elle a des grottes et un site d'escalade. Il s'étend aussi vers le sud-est, bien au sud de Domme jusqu'à inclure le hameau de Lagorce au sud-est du plateau de Domme, confinant ainsi au territoire de Nabirat. La commune a gagné 170 habitants de 1999 à 2008.

La basse vallée du Céou appartient à Castelnaud-la-Chapelle (480 Castelnaudéziens, 2 088 ha dont 960 de bois), 10 km au SO de Sarlat. Le village de Castelnaud est juché sur l'escarpement juste au-dessus du débouché du Céou; les ruines du château de Castelnaud (13e-14e s.) abritent un musée de la guerre au Moyen Âge. Au pied du relief au nord, sont les hameaux de Fayrac (château des 15e, 16e et 19e s.) et de la Treille, précédés par par un croissant de plaine de rive gauche de la Dordogne; puis, au nord-ouest, sur la rive de la Dordogne portent le domaine des Milandes, venu du 15e s. mais refait au 19e s., illustré par Joséphine Baker et ses enfants adoptés: musées, parc de loisirs, ferme, château et hameau. Au-delà, le finage communal s'étire le long de la Dordogne jusqu'au hameau d'Envaux. Le château de Lacoste au sud-est (18e-19e s.) domine la vallée du Céou. La commune, considérée comme «village de caractère», a aussi un écomusée de la Noix du Périgord et le siège d’Epidor, organisme public d’aménagement de la vallée de la Dordogne, qui a compétence pour tout le bassin de la rivière. Son finage, agrandi par l'absorption des communes de Fayrac en 1827 et nommé alors Castelnaud-Fayrac, puis de La Chapelle-Péchaud en 1972 avec un nouveau changement de nom, s'étend loin en direction du sud-ouest, englobant le hameau de la Chapelle-Péchaud où est une mairie annexe, et atteignant même la limite occidentale du canton entre les finages de Veyrines et de Saint-Laurent.

Veyrines-de-Domme (250 hab., 1 144 ha dont 388 de bois), 13 km à l'ouest du chef-lieu, est un très petit village de plateau; son finage ne peut atteindre la rive de la Dordogne en raison de l'interposition de la pointe de Castelnaud. Une mine de lignite a été exploitée à l'ouest du village à Neufons; la commune avait plus de 600 hab. avant 1850. Saint-Laurent-la-Vallée (270 hab., 507 ha dont 967 de bois) est sur le plateau; le village est à 16 km au sud-ouest de Domme et a un beau portail d'église (inscrit) du 12e s.; le hameau de Juillac occupe une butte au nord-est. La commune s'est d'abord nommée Saint-Laurent-de-Castelnaud et a changé de nom en 1903; elle a eu plus de 900 hab. en 1846.

Le village de Saint-Cybranet (380 hab., 1 033 ha dont 371 de bois) est à 7 km au sud-ouest de Domme dans la vallée encaissée du Céou, relayé un peu au sud par le hameau du Coudert. Son finage occupe un large secteur du fond de vallée plat du Céou, mais s'étend surtout à l'ouest sur le plateau où se dispersent des hameaux, dont Grézelle à l'angle sud-ouest, et deux circuits de motocross. Saint-Pompont (450 Saint-Pomponnais, 2 740 ha dont 1 547 de bois) est aussi un village de fond de vallée mais dans celle du Lousse, qui descend d'ouest en est vers le Céou, à 18 km SSO de Domme; château de Saint-Pompont (16e s.), donjon de Mespoulet (12e s.) à l'ouest. Son finage tient l'angle sud-ouest du canton, qui s'avance fort loin sur le plateau où il atteint 336 m.

Au sud, à 10 km de Domme dans la vallée du Céou, Daglan (560 hab., 1 996 ha dont 930 de bois) est le principal village de la vallée du Céou et entretient un musée de la maison en pierre sèche; plusieurs moulins. Son finage s'étend des deux côtés de la vallée; le Peyruzet et son château (inscrit) se perchent sur le coteau de rive droite, un peu au nord du village; qulques cabanes de pierres sèches sont répertoriées. Deux villages ont leur territoire au sud du Céou. Bouzic (140 hab., 1 176 ha dont 712 de bois) est en fond de valléee en amont de Daglan, dont il est séparé par trois superbes méandres encaissés du Céou; la Fontaine de Bouzic est une intéressante résurgence; gouffre du Trou du Vent; hameau de Vivinières sur le relief à l'est. Florimont-Gaumier (150 hab., 905 ha dont 487 de bois) est au contraire un petit village de plateau, près de la limite sud-est du canton, parmi d'autres hameaux de son finage comm celui de Moncalou plus au nord (château); la commune, issue d'une fusion de 1827, a deux églises en partie du 12e s.; elle abritait 730 personnes en 1856. Au nord-est, son territoire a une petite part de plaine sur la rive gauche du Céou.

Nabirat (380 hab., 1 625 ha dont 871 de bois) est la commune la plus orientale du canton et un ancien chef-lieu de seigneurie. Son village est sur une partie basse du plateau doublé à l'ouest par le gros hameau de Pechpialat. Vers le nord aux abords de la vallée du Lizabe, qui aboutit à la vallée de la Germaine, sont trois autres hameaux notables, les Cabanes, la Boissière et Liaubourdas. La commune a eu plus de 800 hab. en 1821, 275 seulement en 1990. Saint-Martial-de-Nabirat (650 hab., 1 557 ha dont 716 de bois) est sur le plateau au sud-ouest de Nabirat; hameaux de Lol à l'ouest, de Laubrecourt au nord; Saint-Martial a eu 1 200 hab. autour de 1840; sa population s'est accrue de 120 hab. entre 1999 et 2008. Saint-Aubin-de-Nabirat (130 hab., 649 ha dont 255 de bois) est au sud de Nabirat et son finage, qui eut plus de 500 hab. vers 1840, contient aussi le gros hameau de la Borie; au sud, il va jusqu'à la rive droite du Céou; château ruiné du Repaire (16e et 17e s., inscrit) perché au-dessus de la vallée du Céou. Ces trois communes abritent des centres de vacances et des scieries. Saint-Aubin et Saint-Martial avaient fusionné en 1972, mais elles se sont séparées en 1983.