Canton d'Hautefort

Hautefort

1 100 hab. (Hautefortais), 2 588 ha dont 881 de bois, chef-lieu de canton de la Dordogne dans l’arrondissement de Périgueux à 42 km NE de la préfecture et 26 km au NO de Terrasson. Situé sur une grosse butte-témoin couronnée de calcaires du Lias, au-dessus de la confluence de la Lourde, petit affluent de gauche de l’Auvézère, et de son affluent de gauche la Beuze, face à l’escarpement du causse, le village est connu pour son superbe château du 17e s., avec tours rondes et carrées, beaux jardins. Festival du pays d’Ans et musée de la médecine ajoutent à son renom; des artisans le soutiennent; menuiserie Férignac (45 sal.), charpentes Duba (20 sal.), jouets Jesco et éditions Lito (30 sal.), négoce de confiserie Lidis (45 sal.).

Hautefort est le pays natal (1836) de l’écrivain Eugène Le Roy, surtout connu pour Jacquou le Croquant. Le finage s'étend à l'ouest sur le causse, où sont les hameaux des Charreaux et de Maumont et l'étang de Maumont; Saint-Agnan, ancienne commune intégrée en 1793, est un au gros hameau en contrebas, juste à l'ouest de la butte d'Hautefort sur la route principale (D 704), avec un château; la Genèbre est à la bordure du causse, dominant l'étang du Coucou dans la vallée du Thévenot. Au sud-est, Hautefort avait absorbé la Nouaillette en 1827, dont suvsiste un petit hameau sur la D 62. Au nord, le finage comporte une bonne part de collines arborées incluant le gros hameau des Vidaloux. La communauté de communes du Pays d’Hautefort correspond exactement au canton et siège au chef-lieu. On appelle causse d’Hautefort le plateau calcaire qui commence au sud-ouest du village.

Le canton, limitrophe du département de la Corrèze, a 4 200 hab. (13 communes, 17 250 ha dont 5 850 de bois). Sa partie orientale est dans la dépression de bordure du massif ancien, l’ouest et le sud sur le causse, dans lequel s’évase la vallée de l’Auvézère. Cherveix-Cubas (630 hab., 1 496 ha dont 226 de bois) associe en fait trois villages de rive gauche de l'Auvézère juste au nord du chef-lieu; lanterne des morts, église du 12e s. La commune résulte d'une fusion de 1829 avec Cubas et Saint-Martial-Laborie; elle comprend des vergers, plusieurs hameaux dans la vallée, et mord au sud-ouest sur le causse.

À 8 km à l’ouest d’Hautefort, à un rétrécissement de la vallée de l’Auvézère sur la rive gauche, Tourtoirac (660 hab., 2 543 ha dont 1 275 de bois) conserve les restes d’une abbaye; la commune avait plus de 1 300 hab. dans les années 1880, 860 en 1954. Le finage s'étend des deux côtés de la vallée, incluant plusirs hameaux, et une ancienne grosse tuilerie sur la rive droite de la rivière. Sainte-Eulalie-d'Ans (320 Eulalais, 1 183 ha dont 495 de bois) est la commune la plus occidentae du canton en aval de Tourtoirac, également sur la rive gauche de l'Auvézère. En aval sur le lobe de rive droite d'un étroit méandre apparaît un «camp de César»; plusieurs hameaux se dispersent de part et d'autre de la rivière; atelier de depanneaux de bois Migre (25 sal.). La commune avait abosrbé en 1824 la commune voisine de Saint-Pardoux-d'Ans, qu'elle a cédée en 1875 à Saint-Pantaly-d'Ans (canton de Savignac-les-Églises).

Trois communes occupent le causse au sud-ouest du canton. La minuscule Chourgnac (70 hab., 696 ha dont 288 de bois), 11 km OSO du chef-lieu sur le causse, abrite le «musée des Rois d’Araucanie» dans la maison natale d’Orélie Tounens, un original un peu dérangé devenu gloire locale. Temple-Laguyon (40 Templiers, 294 ha dont 99 de bois), plus à l'est, se donne des airs de clairière sur le causse; son petit finage quoique issu d'une réunion de paroisses de 1793, n'a qu'un seul site d'habitat au village. Granges-d'Ans (170 Grangeois, 1 181 ha dont 205 de bois) est au sud, dans la vallée de la Soue, et se disperse au contraire en plusieurs hameaux, dont Lachaud au sud, proche des châteaux de Redon et de Bussac. Ele avait 730 hab. en 1856.

Trois autres communes sont en situation de transition entre causse et collines du Lias. Nailhac (290 hab., 1 935 ha dont 492 de bois), à 5 km au sud d'Hautefort, a de nombreux vergers; hameaux de Chassaignas et Marsingeas (château) au sud. La Chapelle-Saint-Jean (80 Chapelois, 370 ha dont 126 de bois), au sud de Nailhac, est un peu isolée sur un petit territoire en partie boisé; château et hameau du Maine à l'est. À 5 km au SE du chef-lieu sur un relief de collines mouvementé, château du 15e s. restauré et village perché de Badefols-d’Ans (480 hab., 1 834 ha dont 630 de bois), sur une butte calcaire dominant les marnes ravinées du bassin de Brive; le hameau de Raffaillac, juste au nord-est, double le village. La commune avait plus de 1 300 hab. en 1866.

Trois autres communes forment la partie orientale du canton. Coubjours (160 hab., 955 ha dont 273 de bois) est au bord d'une large cuve de tête de l'Elle, qui descend vers la Vézère; son église du 12e s. est inscrite. Teillots (130 hab., 1 002 ha dont 312 de bois) occupe le large interfluve entre les vallées de la Lourde au sud et du Dalon au nord. Boisseuilh (130 hab., 1 190 ha dont 551 de bois) est dans la même position au nord-ouest; une route (D 77) suit toute la crête en reliant ces trois communes.

La Dordogne en Araucanie

Orélie Tounens est né en 1825 à Chourgnac, dans une famille paysanne. Il fit des études de droit et devint avoué à Périgueux, s'y ennuya puis, six après en 1857, s'embarqua vers l'aventure en direction du Chili. Il y inventa de toutes pièces un récit selon lequel il avait été fait roi d'Araucanie sous le nom d'Orélie-Antoine Ier par les Indiens patagons en l'attente d'un dieu blanc inca, et s'agita si bien qu'il fut arrêté par les autorités chiliennes, traité comme fou puis renvoyé en France (1862-1869); de Paris, il entretint la fiction et se mit à lancer des souscriptions, ce qui lui permit de financer un voyage qui l'emmena en effet en Patagonie en 1870 pour un bref passage, puis un troisième voyage de 1874 à 1877, avant de s'éteindre à Tourtoirac la même année, léguant le «royaume» à son compagnon Achille Laviarde, devenu Achille Ier. Auparavant il avait rédigé quantité d'actes, une constitution, un journal officiel, choisi un drapeau et un hymne. Une délégation d'«Araucans» se produisit même en France en 1883, jusqu'au jardin d'acclimatation de Paris. L'écrivain Jean Raspail s'est amusé à reprendre la fiction sur son site http://jeanraspail.free.fr à l'occasion de la guerre des Malouines, annexant en représaille au royaume d'Araucanie l'archipel des Minquiers (îles Anglo-normandes).