Cantons de Bergerac

Bergerac

28 600 hab. (Bergeracois) dont 1 100 à part, 5 610 ha, sous-préfecture de la Dordogne à 47 km SSO de Périgueux (90 km à l’est de Bordeaux), sur la rive droite de la Dordogne. Sa population était de 15 000 en 1881, 19 000 en 1936, et avait atteint un maximum en 1975 (27 800 sdc, contre 26 100 en 1999) mais aurait repris 1 400 hab. de 1999 à 2007. Née d’un château au 12e siècle, la ville a été dotée d’une double enceinte qui se voit encore dans le tracé de ses rues et boulevards. Elle a abrité une forte colonie huguenote, qui a contribué par ses entreprises à tirer parti d’une fonction de terminus de la navigation en aval des rapides de Lalinde, et de pont, au centre d’un pays réputé pour son tabac, ses fruits et ses vins; elle était plus peuplée que Périgueux en 1790. Des travaux en faveur de la navigation ont été réalisés dans la première moitié du 19e s., mais l’arrivée du chemin de fer, puis la crise du phylloxéra, ont modifié l’environnement.

Une grosse poudrerie d’État a été installée en 1916 et reste depuis le plus grand employeur, fournissant surtout des produits chimiques (Bergerac NC, nitrocellulose, 450 sal., groupe SNPE) et des abrasifs (Eurenco ex-SME, 140 sal.). Quelques ateliers travaillent le bois comme la scierie Roussarie (55 sal.) et les charpentes Prévot (45 sal.), d'autres sont dans la métallerie-chaudronnerie: Fiefvez-Pascal (130 sal.), Sotech (100 sal.), Lescaut (65 sal.) ou la menuiserie métallique Laval (40 sal.). L’agro-alimentaire est bien représenté: pépinières Desmartis (130 sal.), coopérative agricole La Périgourdine (180 sal.), Palmigord du groupe coopératif Terres du Sud (canards, 60 sal.), Conserverie de Bergerac (légumes, 65 sal.), La Truffe Périgourdine (40 sal.), conserves de fruits Prunidor (40 sal.), tabacs Altadis (Seita, 40 sal.); plus un atelier de matériel téléphonique (Stetc, 50 sal.). Dans d'autres domaines apparaissent les cosmétiques Durlin (45 sal.), les installations électriques Sega (50 sal.), EDF-GDF (110 sal.).

Bergerac a aussi plusieurs entreprises de bâtiment et travaux publics comme Sotraco (85 sal.), les maisons Aura (40 sal.), Eurovia (65 sal.), Saint-Gobain-Stradal (bétons, 55 sal.), et de service: gardiennage CIP (90 sal.), formation d'adultes Fauvel (35 sal.), société d'HLM (65 sal.); traitement des eaux Eaux et Ozone (35 sal.). La ville est équipée de trois collèges et trois lycées publics, un collège et deux lycées privés, un hôpital (170 lits) et des cliniques (73 et 46 lits) dont Pasteur (135 sal.), une caserne; coopérative agricole, grande distribution Leclerc (200 et 100 sal.) et Intermarché (100, 40 et 30 sal.), supermarché Carrefour (50 sal.). négoce d'équipements pour automobiles Lacour (75 sal.), d'outillage Brico Bergerac (35 sal.), alimentaire Andrieux (35 sal.).

Le centre-ville a conservé des maisons anciennes à galeries, de nombreuses petites places. Les grandes bâtisses (cathédrale, palais de justice et hôtel de ville, théâtre, sous-préfecture) sont hors de la partie la plus ancienne mais à l’intérieur des boulevards. La ville offre tout à la fois des musées du tabac, d’histoire urbaine, du vin, de la batellerie, d’art sacré; maison du Vin; festival annuel Cyrano en juillet. L’aéroport de Roumanière (codes EGC et LFBR), de catégorie C, est doté d’une piste de 2 200 m; il a des relations régulières avec quatre villes anglaises par Ryanair, Flybe et Jet2, avec Rotterdam par Transavia, et les a reprises avec Paris par Twin Jet. Le trafic est passé de 16 000 passagers en 2000 à 694 000 en 2008 (274 000 en 2009); il est tributaire des exigences des firmes à bas coût, qui ont obligé Bergerac à faire appel à la souscription publique en 2003.

La commune compte 590 ha de vignes (3e du département) et une cave coopérative associée à celle du Fleix. Son territoire s'étend surtout vers le nord, où sont des collines viticoles et le curieux château Mounet-Sully (18e et 19e s.), et vers l'est d'où lui parvient le Caudeau, mais Bergerac a aussi un partie de la plaine de la Dordogne sur la rive gauche où elle a développé un large faubourg et où a pris place au sud-est l'aérodrome. Les environs de Bergerac sont connus pour leurs vins d’appellation, surtout le pécharmant au nord-est de la ville, dans la commune de Bergerac et dans celle de Creysse, honoré d’une AOC de 1992 pour des vins rouges de haute qualité sur 300 ha (env. 12 000 hl/an) et le monbazillac, au sud. En outre, une appellation viticole bergerac porte sur 93 communes et se divise en bergerac (rouge et rosé, 250 000 hl/an), côtes-de-bergerac (rouge, 25 000), bergerac sec et côtes-de-bergerac blanc.

La communauté de communes Bergerac Pourpre associe onze communes, correspondant aux deux cantons (11 communes et 37 200 hab. contre 35 600 en 1999), qui occupent 17 400 ha dont 3 600 de bois, de part et d’autre de la vallée de la Dordogne. Le premier canton coïncide avec la commune de Bergerac. Saint-Laurent-des-Vignes (760 hab., 808 ha), 4 km au SO de Bergerac, est la seule commune du 2e canton à être à l'ouest de la ville. Elle a un vignoble (377 ha) sur les collines et la basse terrasse aluviale, et un abattoir de volailles (Blason d’Or, 130 sal., groupe coopératif Terres du Sud), ainsi que les pépinières de Castang (180 sal.); sa population augmente depuis les années 1920 (400 hab.); les rives de la Dordogne au nord-ouest sont bordées d'entreprises le long de la routede Bordeaux.

Saint-Nexans (880 hab., 1 238 ha), séparée de Saint-Laurent par le vignoble de Monbazillac, est dans une situation un peu comparable mais au sud-est de Bergerac, tout en entière sur les collines viticoles où se perche son village, et sans contact direct avec la Dordogne; on y cultive 182 ha de vignes. Son terroir est traversé par la Conne, qui rejoint la Dordogne juste en amont de Bergerac. Son nom s'est parfois écrit Saint-Naixant mais a été reprécisé en 1985. Elle avait 440 hab. en 1954 et a gagné 80 hab. de 1999 à 2008.

Les deux autres communes au sud de la Dordogne sont hors du vignoble. Cours-de-Pile (1 500 Cours-de-Pilois, 1 091 ha), juste à l'est de Bergerac, est sur la rive gauche, mais son village reste un peu à l'écart du rivage; son habitat est assez dispersé aussi, avec quelques hameaux comme Migey au bord de la rivière ou les Rivachauds à l'ouest, Bazet au sud; jardinerie Lavergne (25 sal.), ancien château de Pile. Sa population augmente depuis les 510 hab. de 1930. Elle a pour voisine à l'est Saint-Germain-et-Mons (740 hab., 1 413 ha dont 450 de bois), qui n'avait que 350 hab. en 1968, dont le finage s'étend asez loin vers le sud sur des collines boisées et qui résulte d'une fusion de 1829; le Port de Mouleydier est un hameau de pont face au village de ce nom; le reste de l'habitat est très dispersé.

Outre Creysse, quatre communes se partagent la partie du 2e canton qui est au nord de la Dordogne. Queyssac (480 hab., 1 235 ha dont 688 de bois) est la la plus septentrionale. Son village est dans un vallon affluent de droite de la Seyze, affluent du Caudeau, qui fixe la limite orientale de son finage. La partie nord-ouest du finage est très boisée au-delà du gros hameau la Mouthe. La population communale, de 580 hab. en 1841, était descendue à 280 en 1936. À l’angle nord-est du canton à 12 km de Bergerac, Lamonzie-Montastruc (620 Lamonziens, 2 066 ha dont 869 de bois) occupe un beau site d’éperon de confluence au pied duquel la Louyre rejoint le Caudeau; le nom vient d’un monastère disparu; château de Montastruc (15e s.), carrières. La commune a eu plus de 1 000 hab. vers 1860; elle a gagné 70 hab. de 1999 à 2008. Plus près de Bergerac à 5 km dans la vallée du Caudeau, Lembras (1 200 hab. dont 40 à part, 1 059 ha dont 300 de bois) est devenue une banlieue résidentielle; maison pour enfants handicapés.

Mouleydier (1 000 Mouleydériens, 829 ha dont 396 de bois) est riveraine de la Dordogne à l'est du canton, à 2 km de Creysse; charpentes (20 sal.). Le nord-est du finage est sous la forêt domaniale du Maine, à l'orée de laquelle s'est établi le golf du château des Merles. À l'angle sud-est, Tuilières forme le long de la Dordogne un hameau bien distinct et assez étoffé, où débouche l'ancien canal de Lalinde, latéral à la Dordogne. Saint-Sauveur (790 Salvadoriens, 931 ha dont 450 de bois) s'insinue entre Creysse et Mouleydier et son finage, boisé, atteint au nord le cours du Caudeau, mais n'a qu'une petite avancée au sud sur la rive droite de la Dordogne, il est vrai densément occupée; la commune a gagné 170 hab. (+27%) de 1999 à 2008. L’arrondissement de Bergerac a 109 500 hab. (103 100 en 1999), 159 communes, 14 cantons sur 213 200 ha. L’unité urbaine est généreusement établie par l’insee à 61 500 hab. (59 000 en 1999), l’aire urbaine limitée à 76 400 hab. (72 900 en 1999).


Creysse

1900 hab., 1 102 ha dont 218 de bois, commune de la Dordogne 7 km à l'est de Bergerac, sur la rive droite de la r. Dordogne (canton de Bergerac-2); elle se nommait Croxia en 930: le nom viendrait d'une résurgence vauclusienne à 3 km en amont (creiss = ce qui croît). Creysse a des restes d'un vieux fort et de remparts sur un site escarpé, en situation d'éperon de confluence; un château du 18e s. sur l'ancien donjon, une église du 12e s. à deux absides jumelles; halle, moulin; musée-aquarium de la rivière; spécialités d'oies, noix et noisettes, melons.

Le village, serré au bord de la Dordogne, est accompagné d'une longue file de maisons le long de la route et de la voie ferrée qui longent la rivière, complétée à l'ouest par une zone d'activités au débouché de la nouvelle route venant du nord (déviation Est de Bergerac). Sur le plateau au nord-est s'étend le gros hameau de Troche. L'habitat se disperse sur ce plateau, où sont d'autres hameaux comme les Coutets à l'ouest et les Pélissous au nord, et dont seule la partie occidentale est viticole; le château de Tiregand (18e-19e s., inscrit) est à l'ouest du centre, au-dessus du coteau de Dordogne. Le Caudeau fixe au nord la limite de la commune.

Le principal atelier est la fabrique d'appareils médicaux d'aide à domicile Vilgo (90 sal.), qui fut fondée à Bergerac en 1870 sous le nom d'Audibet, puis Villot et Gauthier; cosmétiques Véronique (45 sal.), papeterie B. Dumas (40 sal.), services électriques Ineo (50 sal.), publicité Kicible (25 sal.), transports Barbeau (20 sal.). Le site de Barbas a fourni de nombreux silex taillés; aux environs, vignoble réputé de Pécharmant, qui est un quartier des collines du Landais au NO du bourg, partagé avec Bergerac (350 ha, deux caves et 40 producteurs). La population de la commune était de 640 hab. en 1936; elle est brusquement montée à 1 700 hab. en 1946, 2 200 en 1968, et a un peu oscillé depuis puis aurait perdu 400 hab. de 1999 à 2008. Creysse est le siège de la communauté de communes des Trois Vallées du Bergeracois (6 communes, 6 300 hab.).