Canton de Montbenoît

Montbenoît

370 hab. (Saugets), 503 ha dont 338 de bois, chef-lieu de canton du département du Doubs dans l'arrondissement de Pontarlier, 15 km au NE de celle-ci sur la rive gauche du Doubs et la route de Pontarlier à Morteau, à près de 790 m; église abbatiale des 12e, 14e et 16e s. avec stalles renaissance et cloître. La population de Montbenoît avait atteint 280 hab. en 1881 avant de redescendre à 170 en 1936; elle a augmenté depuis, et même gagné 140 hab. entre 1999 et 2008, soit 61%! Le village est le siège de la communauté de communes du canton de Montbenoît, qui recouvre en effet exactement le canton, et aussi celui du pays du Haut Doubs.

Le canton a 6 600 hab. (5 600 en 1999), 16 communes et 19 823 ha dont 6 513 de bois. Appuyé sur la frontière suisse sur le prolongement du Larmont qui monte ici à 1 209 m, il correspond au val du Sauget (ou Saugeais), complété au nord par une partie du plateau jurassien. Il s'agit là d'un microcosme qui pousse son sens de la personnalité jusqu'à se considérer comme une république autonome, avec manifestations folkloriques assorties. Cela tient à des origines lointaines: Montbenoît est issu d'une abbaye qui fut riche et qui a eu un rôle historique régional; elle avait importé au 12e s. des travailleurs du Valais, appelés Saugets. Il en est resté un patois particulier, une désignation locale des habitants (Saugets et Saugettes), une tradition de travail agricole obstiné, patient et conservateur. L'isolement relatif du Val, sans accès direct à la Suisse, entre les grands passages de Morteau et de Pontarlier, aurait contribué au maintien de la tradition.

Maisons-du-Bois-Lièvremont (610 Saugets, 1 579 ha dont 507 de bois), à 900 m, est une commune d'habitat très dispersé juste à l'ouest du chef-lieu, issue d'une fusion de 1974 entre deux communes de population sensiblement égale; le relief y monte à 1 045 m; le nombre d'habitants augmente et s'est accru de 110 hab. entre 1999 et 2008; charcuterie Aux Produits Saugets (40 sal.). Arçon (780 Cailleux, 2 134 ha dont 512 de bois), un peu plus loin à 9 km SO de Montbenoît et à 850 m, au bord du Doubs, accueille un atelier de mécanique (UMC, 25 sal.) et sa population croît aussi (+70 hab. après 1999).

De l’autre côté du chef-lieu, La Longeville (630 Saugets, 1 566 ha dont 350 de bois), juste en aval de Montbenoît mais à 900 m, s'orne des sites du défilé d’Entre-Roches où s’infiltrent le Doubs et la route, et de la grotte du Trésor; elle a gagné 130 hab. de 1999 à 2008. Gilley (1 440 Gillois, 1 717 ha dont 514 de bois), la principale commune du canton 8 km au nord du chef-lieu, à 870 m, fait un peu figure à part au pied du mont Chaumont (1 092 m) et sur la voie ferrée de Besançon à Neuchâtel; sa gare, ses commerces et ses services en font un petit village-centre, avec des ateliers de mécanique et de bois, les travaux publics Vermot (120 sal.), les transports Faivre (25 sal.). Gilley gagne aussi des habitants: elle n’en avait que 900 en 1962 et s'est accrue de 140 hab. depuis 1999.

Tout à l’ouest, le canton mord sur la haute vallée de la Loue, dont l’impressionnante grotte-source, suivie par les profondes et étroites gorges de Nouailles, se trouve à Ouhans (380 Loups, 1 585 ha dont 645 de bois), 14 km NNO de Pontarlier à 600 m; on sait, notamment depuis un incendie des usines Pernod de Pontarlier, qui fit déverser de l'absinthe dans le Doubs, que la source est une résurgence d'eaux infiltrées dans le plateau et dont une partie vient directement du Doubs, qui coule une dizaine de kilomètres à l'est; le nombre de visiteurs du site est estimé à 150 000 par an.