Canton de Quillebeuf-sur-Seine

Quillebeuf-sur-Seine

1 030 hab. (Quillebois), 1 011 ha, chef-lieu de canton du département de l’Eure dans l’arrondissement de Bernay, 15 km au nord de Pont-Audemer, en bord de Seine. Le village se trouve au bout du promontoire qui sépare les deux grandes plaines de méandre du Marais Vernier à l’ouest et de Petitville-Étalan à l’est. C’est à Quillebeuf-sur-Seine que débutait le mascaret; cet aspect particulier de la vallée de la Seine contribua au monopole du pilotage des bateaux de Seine qui fut longtemps accordé aux mariniers de Quillebeuf-sur-Seine, comme privilège royal. Le port de navigation et de pêche fut même le chef-lieu du Roumois; il en conserve quelques belles maisons anciennes. Un bac fait la traversée vers les grandes installations industrielles de Port-Jérôme, qui sont juste en face. La commune a eu 1 500 hab. en 1886; tombée à 700 hab. dans les années 1930, sa population est remontée à 1 300 en 1968 puis a légèrement baissé. Elle accueille un petit parc de quatre éolienes (8 MW).

Le canton a 5 900 hab. (5 200 en 1999), 14 communes, 13 064 ha dont 1 362 de bois; il forme la communauté de communes de Quillebeuf-sur-Seine, qui siège au chef-lieu, et, très rural, n'a pas une seule entreprise de plus de 10 emplois. Il est limitrophe de la Seine-Maritime et longe la Seine. Tout en amont, à 11 km SE de Quillebeuf-sur-Seine, Aizier (120 Aiziérois, 236 ha) se tient au pied du coteau de rive gauche sous la forêt de Brotonne, face à la plaine d’Ételan; église romane du 12e s. La très petite commune de Vieux-Port (60 Vieux-Portais, 57 ha) lui fait suite en aval; c’est l’ancien gallo-romain Portus Tutus, devenu Port Thuis, dont le nom pourrait évoquer une position d’abri; le village, très fleuri, appartint jadis à l’abbaye de Jumièges.

À l’autre extrémité du canton, Saint-Samson-de-la-Roque (350 Roquais, 1 569 ha), dont l’habitat est totalement dispersé, occupe l’étroite langue de plateau qui subsiste entre le Marais Vernier et la large plaine de la Risle; elle se termine au nord par la pointe de la Roque, intéressant promontoire au milieu des plaines de la Seine. Marais-Vernier (510 Maraiquais, 2 498 ha), 9 km OSO de Quillebeuf-sur-Seine, étire ses maisons au pied de l’ancien coteau de Seine qui ferme à l’ouest le marais, dont la commune possède une bonne moitié; le pont de Tancarville est au nord de la commune. La première a gagné 70 hab. de 199 à 2008, la seconde 50.

Juché sur le plateau au sud du Marais, Bouquelon (400 Bouquelonnais, 1 171 ha dont 311 de bois), 5 km au NNO de Pont-Audemer, a hérité d’un secteur étroit du marais, qui se termine en pointe en plein centre, et inclut ainsi la plaine des Courtils et une part de l’habitat de pied de coteau. Elle a gagné une centaine d'habitants de 1999 à 2008. Un peu à l’est et plus en retrait, Saint-Ouen-des-Champs (310 hab., 611 ha), 5 km NNE de Pont-Audemer, a aussi une fraction du marais. C’est toutefois à Sainte-Opportune-la-Mare (440 hab., 1 089 ha), également sur le plateau mais à 8 km de Pont-Audemer et autant de Quillebeuf-sur-Seine, que revient la partie la plus variée du marais, où sont la Grande Mare, la réserve naturelle de Manneville (ou des Mannevilles) et la réserve cynégétique qu’elle comprend; Sainte-Opportune a un musée de la Pomme, plus un musée de la forge du village et un centre de découverte et nature du Parc de Brotonne; elle a gagné 50 hab. après 1999.

Un peu au NE, Trouville-la-Haule (760 Trouvillais, 1 225 ha dont 238 de bois) a un centre d’aide par le travail; son nom n’a rien à voir avec un trou mais vient du patronyme scandinave Turold et fut jadis Turufvilla; la commune incorpore une bonne part du coteau de rive concave de Seine face à Petiville, très peu habité. Au SE du canton, 10 km au NE de Pont-Audemer, Bourneville (880 Bournevillais, 1 101 ha), à l’orée de la forêt de Brotonne, bénéficie de l’échangeur des autoroutes A 13 (de Normandie) et A 31 (vers le pont de Tancarville); on y a aménagé une maison-musée des métiers, des industries et des hommes de Basse-Seine, ainsi qu’un musée du patchwork et de la courtepointe, anciennes spécialités locales; ferme fortifiée de Beaumont (16e s.), avec un beau colombier. Trouville s'est accrue de 100 hab. entre 1999 et 2008, Bourneville de 130 hab.