Canton de Beaucaire

Beaucaire

16 100 hab. (Beaucairois), 8 652 ha dont 1 324 de vignes, chef-lieu de canton du département du Gard dans l'arrondissement de Nîmes, 25 km à l'est de Nîmes au bord du Rhône, face à Tarascon. Le nom vient de Bel Caïre, c'est-à-dire Belle Roche. Le gros château royal perché au-dessus de la ville, au nord, fait face à celui de Tarascon qui gardait l'Empire. Le Rhône est divisé en deux parties d'égale ampleur: le fleuve proprement dit est au ras de Beaucaire, le canal de dérivation au ras de Tarascon, équipé vers le nord de la centrale électrique de Beaucaire; une mince cloison les sépare et se termine au sud par l'île de la Barthelasse.

La ville a des jardins classés et un musée municipal; elle propose en outre un musée gallo-romain de la Via Domitia, un musée Daudet, le site du Vieux Mas (arts et traditions) au mas de Végère au sud de la commune, un musée de vins romains au domaine viticole du mas des Tourelles sur la route de Bellegarde; volerie d'aigles au château; centre nautique et de loisirs sur le Rhône en amont de la ville. Beaucaire se veut «ville et métiers d'art» et classée dans les «villes et pays d'art et d'histoire». Elle a un passé de foires dont dérivent celles de la Madeleine, à partir du 21 juillet, mais qui ont pris une fonction surtout touristique.

Équipée d'un hôpital local public (56 lits), d'un lycée et deux collèges publics, un lycée et deux collèges privés, la ville a aussi quelques entreprises en partie liées à sa fonction de passage. Les Chais Beaucairois (240 sal.) sont une ancienne filiale du groupe Casino passée en 2003 à la firme bordelaise Marie Brizard, qui traite des vins et des spiritueux mais y a transféré aussi de Seine-et-Marne une production de 150 millions de bouteilles de sirop par an. Un autre chai appartient à la firme Baccardi-Martini (60 sal.).

Des petites entreprises émergent une fabrique de chalets mobiles IRM (Idéale Résidence Mobile, 130 sal.) et une d'objets d'ameublement (NIM, 25 sal.), une verrerie de vitres (Vitrage du Midi, 30 sal.); plusieurs de constructions métalliques et métalleries Occitanis (35 sal.), Brun Triconnet (30 sal.), EMTI (25 sal.) et Snaam (25 sal.); mécanique Stema (25 sal.), éléments en béton Saint-Gobain Stradal (50 sal.), cimenterie Calcia (110 sal.); ingénierie GIS (Global, 45 sal.), retraitement de plastiques Wedco (25 sal., à l’états-unien ICO Polymers) et recyclage de déchets Chimirec (60 sal.), Inmark (50 sal.) et Sarval (20 sal.), nettoyage d'ordures Ecoval (20 sal.), travaux publics Sacer (30 sal.); plus un hypermarché Carrefour(140 sal.), des magasins comme MrBricolage (30 sal.) et des transporteurs dont Decoux (150 sal.), Aprin (35 sal.), Galuy Ciampi (25 sal.); stockage de céréales Sud Céréales (20 sal.).

Deux «zones urbaines sensibles» ont été reconnues: l’une englobe tout le centre-ville, qui ne manque pas d’habitats vétustes; l’autre s’étale à l’ouest dans le quartier de la Moulinelle. La commune longe le Rhône sur 15 km; tout au nord se dresse la butte de l’Aiguille (152 m) partagée avec Comps, où sont des habitats troglodytes et restes de l’abbaye troglodytique Saint-Romain. Le canal d’irrigation du bas-Rhône-Languedoc, nommé canal Philippe-Lamour, d’abord souterrain sur 9 km, part de la commune. Le finage est traversé par le canal de Sète au Rhône, utilisé surtout pour le tourisme depuis la construction de l’écluse de Saint-Gilles (port de plaisance de 200 anneaux). Un site portuaire de la Companie de navigation du Rhône (CNR) est au sud de la ville; en 2006, la CNR a installé 5 éoliennes Nordex (11,5 MW) dans la commune.

La limite communale, départementale et régionale suit la rive gauche du fleuve au ras de Tarascon. Dirigée par le parti communiste de 1959 à 1983, la majorité municipale est passée ensuite à droite; le maire est Jacques Bourbousson, du Parti radical, qui a longtemps présidé la Cave coopérative de Beaucaire et conduisait une liste opposée à la fois à l'UMP et à la gauche. Beaucaire avait déjà 10 000 hab. au début du 19e s.; la population est descendue à 8 500 en 1911, avant de remonter à partir de 1925, dépassant les 10 000 dès 1954 et progressant continûment; elle s'est accrue de 2 200 hab. entre 1999 et 2009. La communauté de communes Beaucaire-Terre d’Argence, dont le siège est à Beaucaire, correspond au canton.

Le canton, qui a 29 400 hab. (25 100 en 1999), 5 communes et 20 537 ha dont 480 de bois et garrigues, englobe ainsi la commune de Vallabrègues (1 340 Vallabrigants, 1 433 ha), pourtant sur la rive gauche du Rhône; mais jadis celui-ci passait plus à l’est, comme en témoigne le méandre abandonné que suit la limite administrative. Le barrage de Vallabrègues, le dernier sur le Rhône, a été mis en service en 1970 avec une puissance de 210 MW (production annuelle 1 300 GWh) dans la centrale de Beaucaire. Vallabrègues a 120 hab. de plus qu'en 1999. Les trois autres communes, Fourques au sud, Bellegarde au SO et Jonquières-Saint-Vincent au NO, ont toutes plus de 2 000 hab.


Bellegarde

6 300 hab. (Bellegardais), 4 496 ha dont 1 151 de vignes et 281 de bois, commune du Gard dans le canton de Beaucaire, 13 km au SO du chef-lieu au pied de la Costière de Nîmes, sur la N 113. Haut lieu de l'agriculture intensive, elle réunit deux caves coopératives, un centre de recherche sur les fruits et légumes (CTIFL) au domaine de Balandran; supermarché Carrefour (25 sal.), traitement de décehts Sita (50 sal.); ancien prieuré de Broussan (église romane du 11e s.); musée municipal. Le territoire communal, traversé par le canal de Sète au Rhône (port de plaisance), s'étend à moitié sur la Costière et à moitié sur la plaine qui annonce la Camargue (le Grand Palus).

La commune est traversée au sud par l'A 54, et par le canal d'amenée du Bas-Rhône-Languedoc, qui capte les eaux du fleuve à l'angle sud-est de la commune près du château de Belleval. À Pichegu au sud-ouest de la commune, au pied de la Cosière à 12 km du Rhône, a été installée la grande station de pompage qui alimente le canal des Costières vers Nîmes et le canal Philippe-Lamour vers Mauguio près de Montpellier. La commune a eu 2 800 hab. en 1891 et s'était un peu dépeuplée ensuite jusqu'en 1954 (2 200 hab.), puis a repris du volume, passant par 4 000 hab. en 1983; elle a gagné 1 300 hab. (26%) de 1999 à 2009.


Fourques (Gard)

2 970 hab. (Fourquesiens), 3 824 ha, commune du département du Gard dans le canton de Beaucaire, 17 km au sud de Beaucaire. Le bourg, au nom caractéristique (fourche) est à la diffluence du Grand Rhône et du Petit Rhône, en banlieue nord d’Arles, et donc le dernier bourg languedocien du Rhône. Il a reçu quelques petites entreprises de banlieue, dont la chaudronnerie SPCM (25 sal.), les emballages plastiques Furstplast (25 sal.); isolation Amelioratech (40 sal.), couverture Bourgeois (20 sal.) et Sonil (20 sal.). Son territoire s’étend vers l’ouest dans la plaine le long du Petit Rhône jusqu’aux confins de Saint-Gilles. Sa population croît régulièrement depuis le 19e siècle et a encore ajouté 370 hab. entre 1999 et 2009.


Jonquières-Saint-Vincent

3 130 hab. (Jonquiérois), 2 132 ha dont 661 de vignes, commune du département du Gard dans le canton de Beaucaire, 7 km à l’ouest du chef-lieu sur la route de Nîmes, et sur le tracé de la Via Domitia; cave coopérative. La croissance de la population est continue depuis le creux des années 1950 à 1 230 hab., mais se ralentit un peu: la commune a gagné 340 hab. entre 1999 et 2009.