Canton de Boulogne-sur-Gesse

Boulogne-sur-Gesse

1 690 hab. (Boulonnais), 2 473 ha, chef-lieu de canton de la Haute-Garonne dans l’arrondissement de Saint-Gaudens, 30 km au nord de celle-ci. Boulogne est une bastide de 1282, sur la pouge entre Gesse et Gimone. Le nom fut choisi en hommage publicitaire à la Bologne italienne, le plan est en damier, avec une belle place à arcades; un collège public, marchés; abattoirs du Boulonnais (20 sal.), Intermarché (25 sal.), transports de voyageurs Boubée (20 sal.).

Le grand lac de barrage de la Gimone a fait apparaître un complexe de loisirs; au sud de la commune au bord de la Gesse, sont quelques restes (16e s.) de l’abbaye cistercienne de Nizors établie au 12e s. Boulogne, qui n’est «sur Gesse» que depuis 1958, a eu 2 000 hab. en 1861 et en 1891, 1 500 dans les années 1930, un maximum secondaire à 1 900 en 1968, et perdait des habitants depuis; mais elle vient d’en regagner 180 entre 1999 et 2009.

Le canton, limitrophe des Hautes-Pyrénées et du Gers, a 5 200 hab. (4 700 en 1999), 24 communes, 22 682 ha dont 4 489 de bois. Le relief est divisé en serres (pouges) par les vallées quasi parallèles de la Gimone, de la Gesse, de la Save et de ses affluents locaux de rive gauche la Bernesse et la Seygouade, et de deux affluents de la Louge. Dans le prolongement des Petites Pyrénées, leur ordonnance est perturbée par les plissements sous-jacents, qui courbent et perturbent le tracé de la Gesse et de la Save. C’est ainsi que la Save et la Seygouade tranchent en gorge un pli anticlinal qui fait remonter des calcaires durs et donne de beaux sites de défense et de gorges.

Ces sites ont attiré depuis longtemps le peuplement, faisant de Montmaurin (230 hab., 845 ha) et de Lespugue (70 Lespuguais, 491 ha) des hauts lieux de l’archéologie. Lespugue est un petit village à 9 km SSE de Boulogne, dominant les gorges de la Save; il eut 350 hab. en 1856. Son nom évoque des grottes, qui ont servi d’abris préhistoriques; l’un d’eux recélait la fameuse «Vénus de Lespugue», une petite statue de femme stéatopyge de 15 cm trouvée en 1922 dans la grotte des Rideaux. Le village a aussi des ruines d’un château fort à donjon carré.

Montmaurin est de l’autre côté de la Save, sur la crête entre Save et Seygouade. Son site est plus célèbre encore, en raison de l’ampleur des restes d’une grande villa gallo-romaine découverts dans la plaine de la Save en amont des gorges, objets d’un assidu chantier de fouilles; un musée y a été aménagé. Le site de la Hillère indique une résurgence d’eaux de la Save, où fut établie une station thermale au 4e siècle; il en reste des mosaïques. À l’ouest du village, le défilé de la Seygouade a reçu le nom évocateur de Coupe-Gorge.

Charlas (230 Charlasiens, 1 132 ha) est un village de pouge, étiré le long d’une rue de crête à l’est de Lespugue; il domine la large vallée de la Lère, que le SMEAG (Syndicat mixte pour l'aménagement de la Garonne) et la CACG (Compagnie d'aménagement des Coteaux de Gascogne) projettaient de barrer par une digue de terre de 50 m de haut capable de stocker 110 Mm3 dans un lac de 600 ha; alimenté par une prise d’eau dans la Garonne vers Montréjeau, il aurait pu contribuer à l’irrigation en aval, et à soutenir les étiages de plusieurs rivières, Garonne comprise aux environs de Toulouse. Il a entraîné de si virulentes oppositions que, proposé dès 1983, et finalement approuvé par l'État en 2006, il a fini par être abandonné. La commune a augmenté de 40 hab. depuis 1999.

Au sud de Montmaurin, le village de Cardeilhac (260 Cardeilhacais, 1 841 ha dont 1 000 de bois) aligne une rue de maisons sur une étroite serre entre deux affluents de la Louge; au sud-ouest, les serres se soudent en un petit plateau qui porte la forêt domaniale de Cardeilhac, pourvue d’un arboretum et traversée par une rigole d’irrigation qui vient de Franquevielle. Larroque (310 Larroquais, 1 983 ha dont 400 de bois), au SO du canton à 14 km SSO de Boulogne, au bord de la Save, conserve en hauteur les restes d’un gros donjon du 13e s., et en bas ceux d’une voie romaine et de thermes antiques; la commune a 40 hab. de moins qu'en 1999.

La partie septentrionale du canton est un peu moins rude, mais encore assez escarpée. Blajan (510 Blajanois, 1 268 ha dont 314 de bois), 5 km au sud de Boulogne, est une bastide de 1283, campée sur la crête d’interfluve entre Gesse et Bernesse; le village conserve quelques maisons renaissance. Le canal de la Gimone, qui vient de Lannemezan, s’y arrête en nourrissant la Gesse, après un parcours de 30 km. C’est un site réputé pour ses argiles, où travaille une tuilerie du groupe Imerys (30 sal.) et qui propose un musée de la tuile. Blajan a gagné 60 hab. de 1999 à 2009. Péguilhan (250 Péguilhanais, 1 848 ha dont 247 de bois), perché sur la pouge qui domine la Gesse, abrite un constructeur de chalets (Satob, 100 sal.). À Mondilhan (90 Mondilhanais, 1 002 ha), 5 km à l’est de Boulogne sur la même pouge entre Gesse et Save, vaste panorama sur les Pyrénées, avec table d’orientation.

C’est un peu au sud dans la commune de Saint-Pé-Delbosc (130 hab., 551 ha), dans la vallée de la Save au confluent de la Bernesse, que se trouve le carrefour localement célèbre de Rebirechioulet, dont le nom évoque un sifflet (chioulet) de retour, ou qui fait s’en retourner (rebire). Et non loin, dominant le coteau escarpé de rive droite de la Save, le village d’Escanecrabe (240 hab., 1 607 ha dont 242 de bois), 11 km ESE de Boulogne, dont le nom, diversement interprété, associe la chèvre et l’étouffement, soit que l’on y tuât des chèvres, soit que les pentes y sont si rudes qu’elles étouffent même les chèvres; bien entendu, une chèvrerie s’y est établie. Ciadoux (260 Ciadouzains, 973 ha dont 250 de bois), sur la même pouge juste au SO, a dans son église une belle mise au tombeau en pierre, du 16e s.; la commune a 70 hab. de plus qu'en 1999.