Canton de Lectoure

Lectoure

4 200 hab. (Lectourois) dont 440 à part, 8 493 ha dont 56 de bois, chef-lieu de canton du département du Gers dans l'arrondissement de Condom, 35 km au nord d'Auch sur un promontoire du coteau de rive droite du Gers. Le chef-lieu de la Lomagne occupe un fort ancien oppidum de la tribu des Lectorates et fut l'une des douze villes de la Novempopulanie, très tôt évêché. Des fouilles ont découvert en contrebas les restes d'une cité gallo-romaine avec forum, thermes, théâtre et temples.

La ville forte, serrée le long de quatre rues parallèles, conserve des murs d'enceinte et une tour du 17e s., des maisons anciennes et hôtels particuliers, un bel hôtel de ville des 17e-18e s. avec musée archéologique et lapidaire et jardins, un hôpital de 1759 et un musée de la pharmacie. Le Trésor de l'ancienne cathédrale gothique a permis la création d'un musée d'art sacré. Lectoure organise un Été photographique et des expositions d'art contemporain, et honore le maréchal Lannes, qui y naquit en 1769 dans une famille de petits marchands de biens, débutant comme apprenti teinturier puis simple garde national.

La ville accueille un lycée et un collège publics, un lycée et un collège privés, un hôpital local (20 lits). Comme bien d'autres communes du Gers, Lectoure a tenu à figurer parmi les «stations vertes de vacances». C'est aussi un bourg-marché, qui cultive dans la vallée une spécialité de melons. Elle s'est redécouvert en 2003 une fonction thermale, en restaurant en ville une ancienne demeure du 17e s. afin d'exploiter une source sulfatée à 42 °C (forage de Repassac). La base de loisirs du lac des Trois Vallées (5 ha) a été équipée au SE de la ville.

Parmi les entreprises, se distingue une base Intermarché de 250 salariés; fabrique de cheminées Violan, achetée en 1990 par René Brisach et ainsi devenue BV (55 sal. et 3 000 cheminées par an); une fabrique de bennes (Beaudonnet, 30 sal.), un d'épôt d'horlogerie Lip (35 sal.), un négoce de produits alimentaires Fleurons de Lomagne (40 sal.); un Intermarché (40 sal.), magasin Brico Élec (20 sal.), comptabilité Socogest (25 sal.). Une petite société Bleu de Pastel s’efforce depuis 1994, dans les locaux de l’ancienne tannerie, de faire revivre la culture et les emplois du pastel en proposant divers produits dérivés (encres, teintures, tissus, décors, etc.).

La population communale a culminé à 6 500 hab. en 1831 et s’est dépeuplée jusque dans les années 1920, puis s’est à peu près stabilisée; elle a toutefois diminué de quelque 200 hab. de 1999 à 2009. Lectoure est associée à Fleurance dans la communauté de communes de la Lomagne gersoise, la deuxième du Gers, qui réunit 34 communes et 16 300 hab. sur 53 012 ha.

Le canton a 6 200 hab., 13 communes, 25 049 ha dont 1 386 de bois; il s’étend de part et d’autre de la vallée du Gers et touche au nord le département du Lot-et-Garonne; les collines y sont soutenues fermement par des bancs calcaires consolidés qui dessinent parfois des corniches. Castéra-Lectourois (300 Castéralais, 1 886 ha) a son village perché au bout d'une étroite échine dominant la rive droite du Gers et doté d'une église classée du 15e s.; maçonnerie Candelon (20 sal.); au nord, le château d'Heuguère (en partie du 15e s.) est près de l'ancienne gare.

Au sud-ouest du canton, Mas-d’Auvignon (160 Massoyards, 1 374 ha) couronne une forte colline à 12 km OSO de Lectoure; l’Auvignon, qui y a sa source, coule vers le NNO, passe au pied de Castenau-sur-l’Auvignon dans le canton de Condom, mais sort du département par la commune de Lectoure; il rejoint la Garonne en face de Port-Sainte-Marie. Terraube (420 Terralbanais, 2 514 ha), 7 km OSO de Lectoure, fut un village fortifié dont il reste un château du 13e s. très retouché aux 16e, 17e et 18e; on y montre le puits des Horreurs, qui fut rempli de calvinistes par Blaise de Montluc en 1562; salon annuel des Antiquaires au château, toujours à la famille de Galard-Terraube.

Lagarde (110 Lagardais, 885 ha), 7 km au NO de Lectoure, s’appelle plus souvent Lagarde-Fimarcon, ce qui rappelle l’ancienne seigneurie de ce nom; le village en fut une place forte; il ne reste que les écuries du château, et un village remis à neuf; la commune fut la première du Gers à bénéficier d’une adduction d’eau complète. De l’autre côté du Gers à 6 km NE de Lectoure, à Saint-Avit-Frandat (105 Saint-Avitois, 755 ha), le château de Lacassagne a deux grandes tours du 16e s. et une très vaste salle commune.

Au nord du canton, Saint-Mézard (220 Saint-Mézardais, 1 511 ha), à 14 km de Lectoure, se signale par un beau retable et une chapelle à pèlerinages des années 1860 et 1880. Pergain-Taillac (330 Perganais, 1 938 ha), la commune la plus septentrionale du Gers à 7 km à l’ouest d’Astaffort, abrite le château de Manlèche, renaissance, avec une tour hexagonale du 15e s.; Taillac, le village le plus oriental, uni à Pergain en 1823, est cité dans les «villages de charme»; la commune avait 870 hab. en 1846; elle a gagné 40 hab. depuis 1999.