Canton de Frontignan

Frontignan

22 900 hab. (Frontignanais), 3 172 ha, chef-lieu de canton du département de l'Hérault dans l'arrondissement de Montpellier, 22 km au SO de la préfecture. La commune s'étend sur 18 km SO-NE, de l'étang de Thau à la limite de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone. Elle inclut en effet la totalité des rivages de l'étang d'Ingril et toute la plage du lido de l'étang de Vic. Elle dispose ainsi de plusieurs atouts d'un espace littoral complexe. Un terre-plein industriel flanque le port sur l'étang de Thau (silos, ancienne cimenterie, usine de trituration d'oléagineux). Une grande zone d'activités a été aménagée sur la rive nord du canal de Sète au Rhône face à Sète (la Peyrade), tandis que les anciennes salines sont devenues réserve biologique.

De vastes espaces en partie lacustres (Grande Maïre) entourent les réservoirs de l'ancienne raffinerie de pétrole; celle-ci, ouverte en 1904, d'abord pour traiter le brut de Roumanie, et ravitaillée par un oléoduc sous-marin («sea-line») de 6 km, a été fermée en 1986; mais ses réservoirs sont aujourd'hui le plus grand centre de stockage de produits pétroliers en France (320 000 m3), utilisant toujours la conduite sous-marine et l'appontement en mer. Un nouveau port de pêche a été construit côté mer, avec terminal frigorifique. Une grande écluse maritime donne accès au canal. Le petit étang des Mouettes est à l'extrémité de 7 km de plages protégées par des épis, comptant de nombreuses cabanes et maisons, des campings, une école de voile et un port de plaisance au grau d’Ingril (600 places); au total, Frontignan a deux hôtels (70 chambres), huit campings (580 places) dont un de luxe (250 places), 2 800 résidences secondaires (22% des logements). Au-delà, vers le NE, le lido est préservé, vide et inacessible.

La ville est sur la rive interne de l'étang de l'Ingril, près de vastes salines. Elle avait été gravement touchée par les bombardements de juin 1944 qui visaient la raffinerie. Elle est longée par la voie ferrée Narbonne-Marseille et la N 112. Vers l'ouest, s'étend une large plaine triangulaire couverte par le vignoble, mais de plus en plus urbanisée le long de la route de Sète. Au NE, il reste peu de place au pied de la Gardiole. Celle-ci, dont les basses pentes sont également en vigne, occupe toute la partie septentrionale de la commune où elle monte à 215 m.

La commune offre donc un large éventail de paysages et d'activités, et des réserves d'espace. Deux quartiers sont classés en «zone urbaine sensible», l'un au nord de la ville, l'autre isolé au sud-ouest au milieu des espaces industriels au bord du canal (la Peyrade). Le vieux centre lui-même, au bord du canal, est tassé dans un cercle, inscrit à son tour dans le pentagone des boulevards et conserve quelques belles maisons, d'anciens remparts et une église des 13e-14e s. avec clocher fortifié; musée des arts et traditions et d'archéologie; une serre tropicale au mas Reboul; festival international du rire et des rieurs (mai), festival annuel du roman noir (juin), festival du muscat (juillet).

Frontignan a reçu le laboratoire du Cepralmar, un lycée et deux collèges publics, lycée agricole privé et collège catholique, maison familiale rurale, maisons de retraite. La commune avait 4 400 hab. en 1900, un peu plus de 6 000 entre 1935 et 1950, 12 000 en 1975 et sa population n’a pas cessé de croître; elle a encore augmenté de 3 600 hab. entre 1999 et 2009. La municipalité est traditionnellement de gauche. Le maire est depuis 1995 Pierre Bouldoire, socialiste, éducateur spécialisé et également conseiller général.

Parmi les principaux employeurs: plastiques Hexis (adhésifs, 110 sal.), boulangerie industrielle Le Croustillant (65 sal.), transformation du poisson MHPP (35 sal.), conserverie d’olives Barnier (25 sal.); métalleries Smil (Montage industriel du Languedoc, 45 sal.) et Tmis (Travaux métalliques industriels sétois, 35 sal.); ciments Lafarge (25 sal.); installations électriques EEIA (35 sal.) et Taillefer (25 sal.); plâtrerie SFP (20 sal.); négoces alimentaire de gros Distrisud (110 sal.), interentreprises Puig (55 sal.), de poissons et coquillages Claude Marée (20 sal.), de matériaux Indubois (20 sal.) et Midi Miroiterie (20 sal.); transports Tradimar (45 sal.); nettoyage NSO (45 sal.), Intermarché (45 sal.); traitement des eaux Vivendi (25 sal.).

Le muscat de Frontignan est une AOC originale et de grande réputation, consacrée dès 1936, qui englobe la commune et celle de Vic-la-Gardiole; le vin titre au minimum 15°; la production annuelle est d'environ 25 000 hl; la commune compte 800 ha de vignes; maison des Vins et dégustation, cave coopérative (18 000 hl), distillerie depuis 1927. La coopérative, fondée en 1907 et qui groupe 290 des 320 producteurs, assure les quatre cinquièmes de la commercialisation, dans ses célèbres bouteilles torsadées qui existaient déjà au 18e s. Le muscat, que l'on dit originaire de Grèce, était déjà réputé aux 12e et 13e s.

Le canton a 46 400 hab. (39 500 en 1999), 6 communes, 9 854 ha dont 746 de bois et garrigues; il s'étire sur 22 km le long du littoral entre Sète et Montpellier, réunissant Balaruc-les-Bains et Balaruc-le-Vieux à l'ouest, Vic-la-Gardiole et Mireval au centre, Villeneuve-lès-Maguelone à l'est.


Balaruc-les-Bains

6 700 hab. (Balarucois), 866 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Frontignan, 5 km au nord de Sète. Balaruc est surtout réputée comme station thermobalnéaire; ses eaux chlorées et sodées (49°C) et des boues marines sont utilisées pour le traitement des rhumatismes et des articulations; elles sont connues depuis les Romains et étaient actives au 18e s.: le Pavillon Sévigné date de 1753. Un grand complexe balnéaire situé sur la bordure orientale de l'étang de Thau occupe une presqu'île qui prolonge le massif de la Gardiole et groupe deux établissements thermaux, avec thalassothérapie et casino (25 sal., indépendant, 85e en France), village de vacances VVF (70 sal.); hôtellerie dont un hôtel Mercure (30 sal.) et un Ibis (20 sal.), maison de retraite Plein Soleil (35 sal.). Balaruc a 9 hôtels (350 chambres), 4 campings (570 places), 3 600 résidences secondaires (55% des logements).

La ville, bien équipée et qui a une station d'aquaculture et des conchyliculteurs, tend aussi à devenir une banlieue résidentielle de Sète; le port de plaisance et une zone industrielle (usines chimiques) avec embranchement ferroviaire prolongent les périmètres d'activités de Sète-Frontignan. Le site avait été choisi en 1880 pour des hauts fourneaux, finalement abandonnés avant même d'être entrés en service; il abrite quelques petites entreprises, dont les fabriques de palettes de bois Crispa (30 sal.), de bateaux de plaisance Sud Composites (20 sal.); négoce de droguerie Blanc (20 sal.) De 690 hab. en 1891, la population communale est passée à 2 000 en 1931 puis, après un fléchissement, à 3 000 en 1975, et augmente depuis; elle a encore gagné un millier d'habitants entre 1999 et 2009.


Balaruc-le-Vieux

2 090 hab. (Balarucois), 592 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Frontignan; créée en 1886, elle n’était qu’un écart de Balaruc-les-Bains au 19e s., côté nord, mais en détient les parties les plus anciennes. Le vieux village est de forme ronde et perché sur une butte; il a conservé église et presbytère du 14e s., des restes de fortifications (château, portes, remparts) et des maisons des 16e et 17e s. À ses pieds, au NE, le grand échangeur sétois de l’autoroute A 9 et de la N 113 a fixé une vaste zone commerciale avec hypermarché Carrefour (250 et 55 sal.) et commerces annexes dont M. Bricolage (50 sal.), Leader Price (30 sal.). La commune avait 500 hab. à sa création, et guère davantage en 1975; la population augmente depuis et s'est accrue de 280 hab. entre 1999 et 2009.


Mireval

3 330 hab. (Mirevalais), 1 105 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Frontignan, 15 km au SO de Montpellier. Mireval, au pied de la Gardiole et proche de l'étang de Vic, est célèbre surtout pour son muscat, que vantait déjà Rabelais, ce que rappelle volontiers sa publicité. On disait alors aussi bien Miraval, Mirevaux ou Miravaux, ce qui évoque toujours un regard vers la vallée. Le finage s'étend de la crête de la Gardiole, où il atteint 196 m, à la lisière de l'étang, dont la rive même appartient cependant à Vic-la-Gardiole. Dans les collines a été aménagé un circuit automobile complexe, propriété de Goodyear, pour des essais de pneus (60 emplois); le champ de tir de la Madeleine déborde sur l'ensemble. Les vignes sont sur les plus basses pentes et dans la plaine.

Le centre-ville, de plan orthogonal, est accompagné d'une série de lotissements, avec petite cave coopérative (3 500 hl) et terrains de sport; une zone artisanale, zone industrielle dite (à l'anglaise, Goodyear oblige…) de Carland (8 ha, parfois écrit Karland) a été aménagée au pied du circuit; éléments en béton Chausson Trialis (20 sal.). Le muscat de Mireval est en AOC depuis 1959; il titre 16° au minimum. On en produit environ 6 000 hl par an; la commune cultive 160 ha de vignes et en a plus de 500 en garrigues; elle a quelques petites entreprises, et une maison de retraite. Sa population, qui n'atteignait pas 800 hab. entre 1900 et 1970, a entamé une vigoureuse croissance à partir de 1980 surtout; elle s'est accrue de 260 hab. de 1999 à 2009.


Vic-la-Gardiole

2 880 hab. (Vicois), 1 849 ha, commune du département de l’Hérault dans le canton de Frontignan, 17 km SO de Montpellier. Elle englobe, rives comprises, la totalité de l’étang de Vic, dont le plan d’eau mesure 1 255 ha; elle contient une partie du massif calcaire de la Gardiole, qui monte à 216 m au Pioch Noir et porte environ 500 ha de bois et de garrigues. La voie ferrée de Sète à Montpellier passe dans un couloir d’anciens marais, notamment celui de la Grande Palude; au nord, le domaine de Maureilhan a des bâtiments anciens et une source minérale. La commune a deux hôtels, 4 campings (660 places) dont un de luxe (320 places), et 840 résidences secondaires sur 2 300 logements.

Le vieux centre villageois occupe une légère éminence entre marais et étang; il a conservé une église fortifiée du 12e s. Des lotissements étendus et des campings le prolongent vers le sud, où s'est développé un nouveau secteur de vignes, jusqu'au bois des Aresquiers qui s'étale entre l'étang d'Ingril et l'étang de Vic. Le site protégé des Aresquiers sépare les deux étangs par un simple cordon, que recoupe le canal de Sète au Rhône; le rivage maritime appartient à Frontignan, la rive de l'étang à Vic, ainsi qu'une unique exploitation viticole (mas d'Angoulême).

On cultive en tout 300 ha de vignes dans la commune, en partie d'AOC muscat-de-frontignan et muscat-de-mireval. Vic a aussi un domaine hélicicole, un négoce de produits de la mer (Scamer, 30 sal.). Le premier syndicat agricole à avoir vu le jour, au moins dans l'Hérault, est apparu à Vic en 1893. La commune se nommait Vic jusqu'en 1885; elle a alors pris le nom de Vic-les-Étangs, qu'elle a abandonné en 1914 pour le nom actuel. Elle n'avait guère que 400 hab. avant 1950; elle est passée à 600 en 1975, puis s'est mise à se peupler rapidement; elle a encore gagné 400 hab. de 1999 à 2009.


Villeneuve-lès-Maguelone

9 000 hab. (Villeneuvois), 2 270 ha, commune du département de l'Hérault dans le canton de Frontignan, 11 km au SO de Montpellier. Physiquement séparée de l'agglomération et même de la commune de Montpellier, elle est pleinement intégrée à la vie urbaine, au point que son passé et même son rivage comptent peu. Elle fut pourtant le siège d'un évêché dès le 5e s. (v. Maguelone) qui n'a été transféré à Montpellier qu'au 16e s., et elle a 5 km de plages sur la Méditerranée, plus les étangs de l'Arnel et des Moures, et la moitié de ceux de Pierre Blanche et du Prévost. Mais le cordon littoral, protégé, est vide; l'ancien site de Maguelone y occupe une petite butte calcaire. Du nord on n'y parvient que par un ponceau, et de l'est par la route issue de Palavas, qui s'arrête avant Maguelone; ainsi n'accède-ton qu'à pied aux ruines de l'ancienne cathédrale, sur ce qui fut jadis une île. Le canal du Sète au Rhône traverse les étangs, en frôlant le site.

L'agglomération est un peu à l'écart de la rive septentrionale des étangs; on voit encore son ancien noyau tassé, entouré d'une petite ceinture de boulevards, mais les lotissements l'ont submergé de toutes parts. Une deuxième ceinture porte des vignes (env. 150 ha), avec quelques mas. Une troisième couronne englobe le marais de l'Estagnol (réserve naturelle) au NO, les anciennes salines au SO, les étangs au sud, les marais du Thot à l'est (aéromodélisme) et des campings. À l'ouest, la grotte de la Madeleine, avec source minérale, est creusée dans les premiers reliefs de la Gardiole, entamés par une grande carrière (35 emplois) près d'un champ de tir.

La commune englobe le domaine viticole de la Madeleine et une station de l'INRA (40 emplois); elle a quelques entreprises de banlieue comme les négoces de produits chimiques Addix (40 sal.), de produits d'entretien Igual (30 sal.) et de matériaux Agrimat (35 sal.), et un transporteur (Trans, 40 sal.); plus un magasin Intermarché (50 sal.) et un collège public; un hôtel (65 chambres), un camping (170 places); carrières de la Madeleine (35 sal.). Au nord se déploient un échangeur routier et la prison moderne substituée en 1990 à la maison d’arrêt de Montpellier (600 places), plus la zone d’activités du Larzat, 16 ha et petite urbanisation du Pont de Villeneuve.

Villeneuve fut baronnie, avec un statut de ville; elle a perdu ses remparts en 1623. Elle se nomma Villeneuve-Angoulême de 1815 à 1830. De son territoire s’est détachée une partie de celui de Palavas-les-Flots en 1850. Elle n’a de nos jours aucune activité portuaire et c’est sans doute la moins touristique des communes du littoral de l’Hérault. La population de Villeneuve était de 1 500 hab. entre 1890 et 1960; elle n’a augmenté qu’ensuite, mais fort rapidement après 1975; elle s’est encore accrue de 1 600 hab. (+22%) entre 1999 et 2009.