Canton de Gignac

Gignac

5 360 hab. (Gignacois), 2 985 ha dont 623 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Hérault dans l'arrondissement de Lodève, 25 km à l' ESE de Lodève et 30 km à l'ONO de Montpellier. Sur la route de Montpellier à Millau et directement reliée à l'autoroute A 75, Gignac est l'un des points forts de la plaine de l'Hérault, dite «vallée dorée». La partie orientale de son territoire s'étend dans les collines des garrigues à peu près vides; le bourg et la partie centrale sont sur les terrasses, où se dispersent de nombreux mas. Le bourg fut une place forte protestante, pendant de la catholique Lodève. Il se serre au pied d'une tour carrée du 13e s. et s'enorgueillit de maisons des 16e-18e s., d'un hospice et d'une église à trois nefs du 17; le beau pont sur l'Hérault, avec une arche de 48 m, est lui-même de 1757.

La ville a un collège public, hôpital de jour, maison des jeunes et de la culture, maison familiale rurale, maisons de retraite; une Maison du fleuve Hérault présente un musée de l'hydraulique, dans une ancienne petite centrale électrique; au sud du bourg, église Notre-Dame de Grâce (pèlerinage) et chemin de croix. La commune compte également un ensemble de loisirs plus ou moins partagé avec Aniane: barrage, plan d'eau de 18 ha et base nautique, campings; un lycée (privé) des techniques agricoles, horticoles et paysagères et une pépinière du Conseil général, le domaine des Carabottes, le château de Journac et des gravières. Gignac a une cave coopérative de 52 000 hl (960 ha de vignes, en partie d'AOC coteaux-du-languedoc) et quelques petites entreprises, dont des fabriques d'éthylotests (Contralco, 60 sal.), de bétons (Bonna-Sabla, 25 sal.); Intermarché (50 sal.).

La population communale s'est constamment tenue entre 2 500 et 2 800 hab. de 1800 à 1960, puis a augmenté ensuite régulièrement; elle a encore gagné plus de 1 300 hab. entre 1999 et 2009, soit un tiers. L'ouverture de la voie rapide de Montpellier à l'A 75 soutient ce mouvement et entraîne Gignac dans la périurbanisation montpelliéraine. Gignac est le siège de la communauté de communes de la Vallée de l'Hérault, qui excède le canton (28 communes, 31 600 hab.).

Le canton a 24 300 hab. (18 300 en 1999), 21 communes, 26 581 ha dont 5 025 de bois et garrigues; il s'étire du NO au SE sur 26 km à travers les garrigues de l'ancienne vicomté d'Aumelas, dont le nom est volontiers repris à des fins publicitaires. Aumelas (500 Aumelais, 5 826 ha) est une grande commune presque vide et d'habitat très dispersé au milieu des garrigues, qui va jusqu'au sommet de la «montagne» de la Moure (304 m); il lui reste de belles ruines du château du 11e s. (le Castellas), une église du 12e (Saint-Martin du Cardonnet, isolée côté est); de nombreux mégalithes et toutes sortes de ruines. On y a aussi extrait de la bauxite; son finage comporte 5 300 ha de garrigues, quelques bergeries et 240 ha de vignes (AOC coteaux-du-languedoc); un ensemble de 11 éoliennes Repower de 22 MW (50 GWh/an) a été achevé en 2005 pour EDF (sites de Conques et des Quatre Bornes). Il existe une appellation de vins de pays de la Vicomté d'Aumelas, qui porte sur 14 communes des garrigues entre Gignac et Montpellier. La population communale n'a jamais été très élevée (320 hab. en 1821) et s'était abaissée à 190 hab. en 1975; elle augmente depuis et a gagné 120 hab. de 1999 à 2009 (+32%).

Vendémian (1 050 Vendémianais, 1 689 ha), au nom de vendange, relaie Aumelas vers l'ouest, 9 km au sud de Gignac. Elle a des restes de remparts et une vieille église, une cave coopérative de 38 000 hl, 465 ha de vignes, en partie d'AOC coteaux-du-languedoc; une grotte au mas des Demoiselles, tout au sud. La population croît depuis 1990; elle s'est augmentée de 250 hab. entre 1999 et 2009 (+31%). Saint-Bauzille-de-la-Sylve (840 Saint-Bauzillois, 863 ha), 6 km au sud du chef-lieu, est un village rond; il abrite un ensemble conventuel moderne de franciscaines, une maison de retraite et une chapelle au lieu-dit l'Apparition; cave coopérative de 57 000 hl, 455 ha de vignes; la commune a gagné 120 hab. entre 1999 et 2009.

Le Pouget (1 850 Pougétois, 1 391 ha), 9 km SSE de Gignac, est un intéressant village perché, dont le centre ancien a une très belle forme circulaire à deux ou trois anneaux calqués sur les courbes de niveau de la butte, conservant des maisons anciennes autour de son église des 11e-12e s. et d'une tour du 9e s. La commune a une grande cave coopérative (73 000 hl), 580 de vignes, en partie pour le raisin de table (chasselas). Au bord de l'Hérault, le centre équestre des Trois-Fontaines occupe un château du 18e s., siège des fédérations sportives des foyers ruraux et propriété départementale. Au sud, le domaine-parc de l'Estang est au centre d'un ancien étang asséché; un dolmen, daté de 4 000 ans, le plus grand du département (14 m sur 6) est au pas de Gallardet. La population du Pouget avait marqué un léger creux à 930 hab. en 1975, après un maximum à 1 300 en 1931; elle augmente depuis et s'est encore accrue de 480 hab. entre 1999 et 2009, donc de +35%.

Puilacher (350 hab., 268 ha dont 167 de vignes), 11 km au SSO de Gignac, occupe le sommet d'une butte et possède une grosse cave coopérative, la quatrième du département par la capacité (110 000 hl); elle a plus que double sa population de 1999 160 hab.) à 2009. À l’ouest, un assez grand étang asséché de forme elliptique est partagé avec Tressan (530 Tressanais, 392 ha), au bord de l'Hérault (château des 14e-15e s.), qui cultive 350 ha de vignes et a gagné 120 hab. de 1999 à 2009 (+29%). Plaissan (910 Plaissanais, 579 ha), 2 km au SE de Puilacher, cultive 506 ha de vignes; le village a gagné 260 hab. entre 1999 et 2004, soit 40%; maison de retraite (30 sal.) Au sud du canton, Saint-Pargoire a dépassé 2 000 hab.

Dans la plaine de l'Hérault, Saint-André-de-Sangonis appuie les activités urbaines de Gignac et Clermont-l'Hérault. Plus au nord, un vignoble de qualité se tient au pied de l'escarpement du Larzac. Montpeyroux en est le haut lieu, Saint-Jean-de-Fos l'accompagne à l'est. Saint-Saturnin-de-Lucian (310 Lucianais, 983 ha), à l'ouest, est nettement plus petite mais a aussi son AOC communale; son finage s'étire jusqu'à la forêt de Parlatges, à 731 m au Roc Traoucat («rocher troué»). Dominant la plaine, le puissant rocher des Vierges se dresse un peu plus au sud, à 536 m; superbe point de vue, vol libre. Le village est au pied de ces reliefs, au contact de la plaine viticole; de forme carrée, ancien domaine du seigneur de Lodève, il a quelques vieilles maisons, une cave coopérative de 37 000 hl (20 sal.) et cultive plus de 320 ha de vignes, en partie d'AOC coteaux-du-languedoc et coteaux-du-languedoc-saint-saturnin; la commune a 500 ha de garrigues et 150 de bois; elle s'est accrue de 80 hab. depuis 1999.

Arboras (100 Arborassiens, 673 ha), 2,5 km NO de Montpeyroux, minuscule et escarpé, est perché au bord de la plaine et conserve un beau château du 17e s.; le village a jadis servi de relais pour les attelages et de centre de services sur la route du Larzac, mais cette fonction l'a abandonné; la commune a 440 ha de garrigues et 80 de bois, un vignoble en déclin (60 ha tout au sud, AOC coteaux-du-languedoc, saint-saturnin et montpeyroux).


Montpeyroux

1 250 hab. (Montpeyrousiens), 2 242 ha dont 980 de bois, commune de l'Hérault, dans le canton de Gignac, 7 km au NNO du bourg. Le village est situé sur une très ancienne draille, suivant l'ancienne route de Montpellier à Paris par laquelle le Languedoc expédiait les laines et le sel. Montpeyroux (le mont pierreux) était connu sous le nom de La Dysse, ancienne villa d'Adicianum et avait une bonne position de relais pour la traversée des causses: il fut longtemps un village de voituriers et de muletiers, sous la protection du château (Castelas). Il a souffert ensuite du déport de la route par Lodève et le pas de l'Escalette; une activité de teinturerie au 17e s. a limité l'émigration, puis Montpeyroux s'est spécialisé dans la vigne.

Aujourd'hui, la commune possède une appellation viticole propre, et très appréciée, dans les coteaux-du-languedoc; on y cultive 660 ha de vignes (AOC coteaux-du-languedoc et coteaux-du-languedoc-montpeyroux). La cave coopérative de 28 000 hl et cinq caves particulières traitent en tout 50 000 hl/an, dont 90% en AOC. Dans la plaine, anciens bains de Fontchaude (la mairie écrit à tort Fonds Chaude), source d'eau minérale exploitée à Saint-Étienne («Vitale», du groupe Cristaline). Sur le relief, la commune va jusqu'au mont Baudile (ou Saint-Baudille) à 848 m; couronné par un relais de télévision. Il existe une appellation de vins de pays du Mont Baudile, qui porte sur 12 communes du Lodévois, dont Montpeyroux et Saint-André-de-Sangonis. La population communale avait atteint 1 700 hab. en 1801; réduite à 1 150 en 1896, elle était un peu remontée grâce au vignoble avant de chuter à 720 hab. en 1954; elle augmente depuis 1975 et s'est accrue de 150 hab. de 1999 à 2009.


Saint-André-de-Sangonis

5 300 hab. (Saint-Andréens), 1 960 ha, commune du département de l’Hérault dans le canton de Gignac, 4 km à l’ouest du chef-lieu. Située dans la plaine entre Clermont-l’Hérault et Gignac, cette petite ville, qui avait 2 800 hab. en 1896 et 2 100 en 1954, a connu une croissance soutenue au cours des dernières décennies. Elle a encore augmenté de 1 500 hab. entre 1999 et 2009, soit près de 40%. La commune s’est nommée Beaulieu sous la Première République. Son vieux centre de forme circulaire avait été complété par une double file de maisons et de commerces le long de la N 109 de Montpellier à Lodève; il conserve un beffroi et d’anciennes maisons, surtout du 17e s. L’ensemble est entouré de nombreux lotissements, villas et zones d’activité; Maison des Entreprises, station de l’INRA, maison de retraite (les Amandiers; 45 sal.), institut médico-éducatif et deux autres maisons pour enfants, dont une spécialisée (psychiatrie), et même un laboratoire d’astrochimie. Un festival de musique se tient en août au château de Jonquières.

La vigne compte cependant dans le finage et l’aspect des maisons à porches, et a même une appellation communale: cave coopérative de 52 000 hl et distillerie, 830 ha de vignes, dont AOC clairette, clairette-saint-andré-de-sangonis et coteaux-du-languedoc. Elle laisse un peu de place à l’horticulture (nombreuses serres), à l’huilerie l’Ensoleillade. Une grosse distillerie du Val-d’Hérault, employant 40 salariés, née en 1919 et devenue intercoopérative, traite les marcs, lies et rafles de raisin de 36 caves coopératives et 230 particuliers, au rythme de 700 t/j, produisant alcool industriel (carburants et pharmacie), huiles de pépins, colorants, acide tartrique et dérivés pour la cosmétologie; négoce de matériaux Chausson (25 sal.).


Saint-Jean-de-Fos

1 540 hab., 1 419 ha, commune de l'Hérault, dans le canton de Gignac, 8 km au nord du chef-lieu. Sa renommée tient au moins à trois titres: la grotte de Clamouse, les poteries, le vignoble. Le village est situé au pied des reliefs, à l'endroit où l'Hérault sort de ses gorges et entre en plaine, mais à 250 m de la rive droite du fleuve et à l'abri de ses crues; il partage avec Aniane le fameux pont du Diable, jeté au-dessus de l'Hérault vers 1025. Le vieux centre a une forme arrondie et compte de très anciennes maisons et une belle église du 11e-12e s.; quelques potiers d'art sont les héritiers d'une longue tradition de poteries vernissées qui avait disparu en 1925.

Tous profitent de la fréquentation de la grotte de Clamouse (102 000 visiteurs/an, presque au niveau de la grotte des Demoiselles), dont les abondantes et spectaculaires concrétions attirent les visiteurs depuis sa mise en exploitation en 1945. Au-dessus du village existent d'autres grottes, mais moins accessibles, comme celle du Contrebandier; une résurgence, à la limite de la commune de Montpeyroux, est nommée abîme du Drac (c'est-à-dire du diable). La secte de la Rose-Croix d'or a son siège à Rieusselat. Les vignerons de la commune cultivent plus de 620 ha de vignes (cave coopérative), en partie d'AOC coteaux-du-languedoc, avec une appellation communale particulière; cave coopérative de 36 000 hl; maison de retraite du Roc Pointu (20 sal.). La commune s’est d’abord appelée Saint-Jean du Gourg puis de Fos en 1119, ce qui est synonyme: il s’agit toujours de trous ou de gorges. La population communale augmente depuis le creux de 1975 (860 hab.); elle s'est accrue de 370 hab. (+32%) entre 1999 et 2009.


Saint-Pargoire

2 010 hab. (Saint-Pargoriens), 2 377 ha, commune du département de l'Hérault au sud du canton de Gignac, à 15 km NE de Pézenas. Le village s’arrondit sur une butte, autour d’une belle église des 13e-14e s.; la cave coopérative de 62 000 hl et quelques ateliers et entrepôts le prolongent dans quatre directions. La commune cultive 1 030 ha de vignes (dont AOC coteaux-du-languedoc), surtout dans sa partie occidentale; du côté de l’est, elle s’étend sur le plateau des garrigues. La population communale, qui était de 1 750 hab. en 1926 et seulement 1 200 en 1982, augmente à nouveau et a fait un bond de 630 hab. (+46%) entre 1999 et 2009.